LA COTE D'OR ENTRE LE PRAH ET LE VOLTA
Située au centre de la Guinée supérieure, la Côte d'Or embrasse, non seulement le littoral de 480 kilom. entre le 3 '20' long. 0. et le 0"40' long. E., placé sous le protectorat de l'Angleterre, mais encore un territoire assez étendu, à l'intérieur, où la civilisation tend à pénétrer, sous
la double isitueDce des rapports de TadminisixatioD augtaiee avec le royaume des Âcbaotis et des missions de la Société de Bflle ; de la cdte, celles-ci eut déjà atteint le plateau, où leur poste le plus avancé, Abétiti, est occupé par notre compatriote M. le miesionuaire Ramseyer. Nos lecteurs se rappellent, qu'il y a trois ans, le Comité de Bâle adjoignit à son délégué, M. Prétorius, chargé de visiter les stations de la Côte d'Or, M. le D* M&hly, avec la mission spéciale d'étudier tout ce qui se rattache à la climatologie de cette partie de l'Afrique. On comptait recueillir des renseignements sûrs, qui permissent de donner aux missionnaires les conseils les plus sages au point de vue de l'hygiène, de l'alimentation, du vêtement, du logement, du travail, des voyages, afin de prévenir si possible les ravages que la maladie fait dans leurs rangs. Après s'être acquitté de son mandat, et avoir fait & Salaga un voyage, pour chercher un emphicement convenable à l'établissement d'un sanatorium, le D'' Mfthly a remis au Comité des missions un rapport spécial sur la question qu'il avait été chargé d'étudier. Sans doute ce Comité en fera connaître ce qui peut intéresser plus particulièrement les amis des missions et ceux qui ont des intérêts directs à la Côte d'Or, mais jusqu'à présent il n'eu a rien été publié. En revanche, M.Albert Riggenbach a fourni aux Verhandliingen de la Société des sciences naturelles de Bâle (VII Theil, 3 Heft, p. 753-794), un mémoire sur la climatologie de la Côte d'Or ', basé essentiellement sur les matériaux mis à sa dispositioD par M. Màhly, qui vient de douner lui-même, dans la même publication (p. 809-852), un travail spécial sur la géographie et l'ethnographie delà Côte d'Or '. Cette dernière étude est accompagnée d'une carte, dressée par notre collaborateur M. le professeur Rosier, et dont M. Màhly a bien voulu nous autoriser à faire faire un tirage à part pour notre journal ^ Voulant taire un travail scientifique, M. Mfthly a renoncé à tous les détails pittoresques qu'aurait pu lui fournir le récit du voyage, qu'il savait d'ailleurs devoir êti-e rédigé par un de ses compagnons, le missionnaire indigène D. Asanté. Celui-ci a, en effet, envoyé à la Société de BÂle un récit, dont le missionnaire Ghristaller a fourni des extraits aux Mittheiluitffen de la Société de géographie de Thuringe, à léna '. S'étaut séparé du D' Mâhly à Salaga, pour faire une
' Zum Klimii der Goldkùste, von Â. Riggenbach, Base! (J. U. Baur), 1885, in-S* ' Zur Géographie und Ethnographie der Goldkflate, mit Karte, vou D' E. Mthly, Base! (J. G. Baur), 1865, in-S".
' Voir à la lin de cette livraison.
' Band IV, Heft 1 iind 2, p. 15-40.
exploration au N.-Ë. et revenir à Âniun par la région montagneuse située à Test du Volta, D. Asanté en a rapporté des renseignements importants sur cette partie du pays encore inexplorée jusqu'ici. D'autre part^ M. Ramseyer, parti d'Abétifi, au mois de mars de l'année dernière, a fait, à l'ouest du Volta, jusqu'à Ateobou et à Krakyé, une excursion, dont les mêmes Mittheilungen ont donné un récit *, qui renferme des données confimiant pleinement les observations du D' Mâhly. Celuici a pu, pour sa carte, profiter de tous les renseignements rapportés par les derniers voyageurs, aussi peut-on dire qu'elle est la plus exacte et la plus complète de toutes celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour.
C'est dans la partie de la Côte d'Or à l'est du Pi-ah, qu'ont été fondées les stations de la Société des missions de Bâle, dont deux sont situées en pays indépendants, au delà des limites du protectorat anglais. Tandis que les trafiquants et les employés européens résident presque exclusivement à la côte et ne voyagent qu'exceptionnellement à l'intérieur, les missionnaires, de leurs diverses stations, parcourent le pays dans toutes les directions, et sont en définitive les seuls qui apprennent véritablement à en connaître les conditions topographiques. Quoique les déterminations astronomiques fassent encore à peu près complètement défaut, la Société de Bâle a pu, d'après les nombreux voyages de ses missionnaires, dresser au I/3,, „.. i une carte (voy. p. 191) qui suipasseà tous égards les cartes anglaises publiées jusqu'ici. En efiet, comme le fait remarquer M. Màhly, celles-ci présentent des lacunes considérables et des erreurs, même tout près de la côte. La carte publiée par la Société de Bâle renferme cependant quelques incorrections qu'explique sa publication autérieui*e aux obseiTations rapportées par le D' Mâhly; celui-ci a pu donner les corrections dans la sienne, qui s'étend jusqu'au delà de 8"40' lat. N., tandis que la précédente ne dépassait pas 6°50'. De plus, il a pu y tracer les deux itinéraires de D. Asanté et de F. Ramseyer à l'est et à l'ouest du Volta.
Le Volta et ses affluents servent pour ainsi dire de base à la carte nouvelle. Jusqu'ici l'esquisse approximative de Bonnat, publiée dans VEorylorateiir, en 1876, était le seul travail original que l'on possédât sur cette partie de l'Afrique. Bonnat avait remonté ce fleuve en canot sur un parcours de 400 kilom., puis, marchant vers le nord, il avait atteint Salaga, à 37 kilom. du Volta. C'était le premier Européen qui eût vu cette ville. Toutefois, il n'avait appris à connaître les rives du fleuve que partiellement. M. Mâhly et ses compagnons de voyage ont fait la
' Hett 3, p. 69-87.
-vv,rv^
de semblables près de Kpong et de Senkyé, où d'ailleurs le lit du fleuve s'élargit et présente de nombreuses îles. A Krakyé, où M. Raraseyer atteignait le Volta le 28 mars, le fleuve était alors si bas, que les nombreux rochers qu'il avait vus en . septembre, dans un précédent voyage, couverts par les eaux, s'élevaient au-dessus de l'eau à une hauteur de 5" ou 6", et les batelière qui lui tirent traverser le fleuve durent faire quantité de toure et détours entre les blocs de rochere avant de le déposer sur l'autre rive.
C'est à Âkwam, à 105 kilom. de l'embouchure, que le Volta se fraie un passage dans le bas pays, à travers une porte de rocher qui a à peine 25" de large. L'eau y est' profonde et le passage ne présente pas de danger. Â 20 kilom. en amont de ce point, il reçoit son affluent inférieur le plus considérable, l'Afram, puis viennent, sur la rive gauche, l'Abo, le Konsou, l'Asouoko, l'Oti et la Daka, travereés près de leur confluent par les deux caravanes de MM. Màhly et Ramseyer, et dans leur cours supérieur, par D. Asanté.
Jusqu'à 270 kilom. de l'embouchure, à Akoroso, la pente mesurée avec grand soin par le D' Mâhly, ne dépasse pas 0"*13 par kilomètre ; mais à 50 kilom. en amont, la différence de niveau indiquée par le baromètre est déjà de 9 mètres ; et à 40 kilom. plus avant, le plus haut point du fleuve touché par l'explorateur, il put constater que dans cette section la pente est encore plus forte.
La largeur du fleuve dans son cours inférieur, est rarement moindre d'un kilomètre et souvent elle est supérieure ; dans son cours moyen elle est en général de 700", mais elle atteint souvent un kilomètre. Encore c>es données se rapportent-elles à l'époque des eaux basses, et sont-elles considérablement modifiées chaque année. En effet, l'eau commence à monter lentement en juillet ; en 4 ou 6 semaines elle atteint son maximum qui, à Akousé, est de 12" ; mais en amont il est de 15" et plus. Alors, non seulement b lit du fleuve est tout à fait l'empli, mais encore les terrains bas des bords sont inondés sur plusieurs lieues d'étendue. Les habitations construites sur le rivage sont souvent empoilées, aussi ont-elles un caractère tout à fait primitif et temporaire. Les villages proprement dits sont tous situés à distance du Volta, et n'ont que leurs ports sur le fleuve. A l'époque de la crue, les rochere des rapides sont assez recouverts par l'eau pour que d'assez gros vapeurs de rivière puissent les franchir. Une expédition d'exploration commerciale pourrait alore atteindre facilement Salaga ; mais déjà en octobre l'eau baisse rapidement, et le seul moyen de communication qui i*este ce sont les petits canots des indigènes.
M. Mâhly explique très bien comment il se fait qa son des pluies commence à la cdte en avril, la crue d duise qu'en juillet et soit si lente. La cause en est, d régime des pluies, d'autre part, dans l'étendue et I bassin du fleuve dès la région de ses sources.
Les plaies suivant la marche du soleil, s'avancent gnent d'abord la côte et la partie inférieure du tieuv pas d'affluents couaidérables, déverse promptement ! Au bont de deux ou trois semaines, le cours moyen alimentés par les pluies ; mais ce bassin étant, au m( occidentale, extrêmement sec et plat, retient une d'eau. Ce n'est que plus tard encore, lorsque les p territoire supérieur où se trouvent les sources, qu d'eau atteint le fleuve, mais la pente étant peu fort que lentement. II n'est point nécessaire de suppos M. Queen, un lac du nom de Bouro, au S.-O. de Sai fleuve, avec lequel il serait en commuQÎcation dans I Il ne s'a^^it probablement que de marais, comme Bc celte région, et le lac Kyirikora, mentionné par les 1 rive du fleuve, n'est pas autre chose. Le Niger préseï de ses eaux, les mêmes phénomènes que le Volta, et parler aucun lac.
Quant au relief du pay.s, il est eu général assez sin côte à l'est du Prah, on voit, derrière les falaise! viennent se brisa- les longues lames de l'Océan, des arrondies, très boisées, ou des montagnes qui ne découvrir l'intérieur du pays. Tout à coup les monta s'étendent, en forme de chaîne plus élevée, dans la La côte devient basse ; du peut du navire elle parait plate ; ce n'est que quand on la traverse qu'elle para lée. A mesure qu'on s'approche du Volta elle de\ plate. Au loiu s'élèvent quelques monts isolés, d'une le Noyo de 450°, le Krobo et le Schal de 300- envir même a une hauteur moyeniie de 450° ; derrière elle très qui sont d'abord parallèles, puis s'étendent d tions ; moins hautes vers l'Océan, elles s'élèvent dav et atteignent 670- dans l'Okwawou, oii se trouve A pourrait s'attendre à trouver un plateau central é\e\ les montagnes s'abaissent et l'on rencontre une im rieure qui s'étend jusqu'au Volta et bien au delà ;
taies et septentrionales en sont encore complètement inconnues; la limite orientale est formée par la prolongation de la chaîne principale mentionnée en premier lieu, d'abord basse, bientôt plus haute et en même temps plus large. Plus avant dans Tintérieur, au dire du missionnaire indigène, D. Asanté, elle est d'une hauteur telle que la sommité de 670°* mesurée dans l'Okwawou, ne peut lui être comparée. Les montagnes doivent s'étendre encore plus au nord, mais au delà, d'après les renseignements fournis par les indigènes, il n'y a plus de chaîne jusqu'au pays des Haoussas.
Des deux côtés du fleuve, la plaine s'élève peu. Salaga, le point le plus haut qui ait été atteint par le D' Mâhly, n'est qu'à 165* d'altitude ', et de là, aussi loin que le regard peut atteindre vers le nord, on n'aperçoit aucune trace de montagnes. En revanche, les deux soui-ces du Volta doivent jaillir d'une montagne à quatre ou cinq jours de marche au N.-O. de Salaga ; ce pourrait être une ramification des monts de Kong, qui s'étendrait, de Sierra Leone à travers la Guinée supérieure, sur une longueur de 350 kilom. Ce qui appuierait cette hypothèse, c'est l'existence, dans cette région, d'une grande ville du nom de Kong, à 20 ou 24 jours de marche au N.-O. de Coumassie, et d'après Barth, à 26 jours de Salaga. Dans la langue des nègres de la Côte d'Or, jusqu'à Salaga, le mot Kong n'existe pas, tandis que, dans celle des Mandingues du Haut-Sénégal et du Niger, il signifie tête, ou montagne. Mungo Park l'avait déjà constaté. Les Mandingues s'étendent du Haut-Niger jusqu'aux sources du Volta au S.-E. ; il y a là des montagnes ; Robeitson a même entendu dire qu'il y a des sommités couvertes de neige ; mais cette partie du continent est encore tout à fait inconnue. Entre Yendi et le coude du Niger, Barth est le seul Européen qui ait passé de Say à Sarayjamo. C'est sur ses renseignements que reposent presque toutes les données figurées sur nos cartes, au sud de sa route ; sans ses croquis nous n'aurions là qu'un vaste blanc, un des plus grands que l'Afrique présente aujourd'hui. Les renseignements fournis par le marquis de Buonfanti, sur son itinéraire de Timbouctou au golfe de Guinée, ne l'ont pas fait disparaître. Il y a là à explorer un immense territoire dont les voyageui's ont pu être éloignés par la peur des Achantis ; mais depuis que l'Angleterre a abattu la puissance de ceux-ci dans la guen*e de 1874, les habitants des provinces autrefois sujettes de Coumassie et devenues indépendantes, considèrent l'Européen comme leur libérateur
^ C'est par une erreur de dessin que la carte indique une montagne à remplacement de Salaga.
et leur ami. Pendact toute la durée du voys gnons oDt trouvé le meilEeur accueil, noi païennes, mais encore chez les populati Salaga ; s'ils l'eussent voulu, ils auraient p expédition d'exploration pourrait employer Volta sur un parcours de 400 kilom. enviroi
Sur la route d'Abétiâ à Ateobou, & ti l'Afram et du Volta, M. Ramseyer a rencon Elle est parcourue, à certuns moments de 1' de voyageurs. Au mois de mars, Sadang, rOkwawou, fourmillait de gens venant de S qui eu revenaient étaient faciles à reconna] esclaves se trouvaient dans leurs rangs, moi beureox d'arriver dans l'Okwawou, où leur dur qu'ailleurs, et où la nourriture est aboa proches de la colonie anglaise pour que bou plus tôt ou un peu plus tard, puissent se réi
Les nombreux cours d'eau qui sillonnen mars, un parc de verdure. Partout croissait tiges atteignaient cinquante centimètres de tout leur feuillage ; on les rencontre par 1 demi-heure ; et toutes les trois ou quatre hi préparés, pour permettre au voyageur soit t de l'eau. Sur la route se rencontrent des re: ne sont pas rares dans le pays, le gibier éta; en général leur venaison et l'expédient dam ou bien ils la vendent aux caravanes qui viei suivie par M. Ramseyer avait été fréquentée de noix de cola, qui transportaient cette dei est très réniunérateur. L'Achanti, l'Akem e fruit en graude quantité. On ne le mange p; laisse dans la bouche une saveur amère aussi les tribus de l'intérieur en font-elles d' noix de cola est pour elles à peu près ce fumeurs. Une charge de ces noix coûte, dan vend jusqu'à 37 et 38 fr. sur le marché de S partie de cette denrée passait par Ateoboii venait de lui être interdite. Le grand féticbi plus redoutés du pays, voulant avoir le m obtenu du roi d'Ateobou que ta seule route
[1 prélevait un tribat de 100 noix par
alité du territoire d' Ateobou. Les habitriaat le tchi, oon seulement par leur <alaga, mais eueore par leur apparence iDStniire leurs demeures. La plupart bâtis ; ils onL les joues tatouées. Escla- 8 d'une liberté qui leur Dût presque Lppartient au roi d'Ateobou ; les iiiairts de gazon, comme dans l'Akuapem ; es qui laissent au milieu une longue verts d'une sorte de vernis gris foncé plantages de yams que l'on rencontre lent d'une réelle application au travail, ger et friable, aussi la culture est-elle ims, le riz et te blé sont aussi cultivés. s considérable qu'elle ne l'est aujour !nt <te tous cOtés, du sein des hautes laisons ne ressemblent pas k celles de
couvertes de toits parfaitement plats, est bordée d'une double rangée d'ar-
énonnes prouvent que la ville n'est <n plutôt de cette allée, se groupent les énéral de 20 ou 30 maisons et séparés
ions de voyage virent bientôt venir à eux aea personues qm leur apportaient de petites chaises pour se reposer, puis une troupe de gens, accompagnant un porte-épée chargé de leur apprendre que le roi était eu séance. Aussitôt ils se mirent en marche pour se présenter devant la cour. Le roi occupait le centre d'un demi-cercle. Ds durent lui donner la main, ainsi qu'à quelques-uns de ses chefs et à sa mère qui se tenait à sa droite ; pour les autres assistants une salutation suffit. Les voyageurs prirent place sur des sièges qui leur avaient été préparés, et toute l'assemblée vint les saluer vu défilant devant eux. Le roi portait sur la tête une sorte de turban de soie, d'oii pendaient, & droite et à gauche, deux rubans assez longs; aux doigts et au cou, quantité de bagues et de colliers d'or : son vêtement, garni de broderies de soie, était de fabrication ' achantîe. Des maisons furent mises à la disposition des arrivants, et à peine ceux-ci y étaientils installés, que le roi, voulant s'assurer qu'ils étaient bien logés, %int
~ «15 — les voir avec sa suite ; derrière lui on portait si fétiches protecteurs. Il avait cepeudant une a: viens de i'Okwawou, t dit-il à M. Ramseyer, n "Twint de communication politique à me faire ! ] daut qu'un autre blanc s'est rendu à Couraassi ransa (à ti-ois journées de chemin d'Ateobou). tôt arriver ici. Pourquoi deux blancs vieunei; même moment, de deux côtés différents ?» M quilliser en lui expliquant que la mission du ca gouvernement anglais, n'avait aucun rapport de tout caractère politique.
La maison du roi Gyang Kwakou, auquel visite, ne se distingue des autres habitation hauteur ; elle les dépasse toutes d'un mètre et bieuveillant ; l'entretien roula sur l'Achanti raconta A M. Ramseyer qu'antretois les habit livrer chaque année à Coumassie un certain toyens et même de leurs propres enfants, ce q tion actuelle de la ville. Après avoir prêché d< mère, et tous les habitante groupé.^ devant quitta Ateobou, non sans avoir reçu de beaus qui aurait voulu le voir prolonger sa râite.
De là il se dirigea sur Krakyé, bii il arriva allant presque constamment vers l'est. La pei les chefs et une bonne partie des habitauts à s le pays paralt-il dépeuplé. On n'y voit guère <\ rabougris dont le rare feuillage ne procure a le sol doit être fertile, car partout les yams pr
Le 28 mars, M. Ramseyer atteignait le Vo ville du fétiche ; elle doit avoir de 5 à 6000 bal rues proprement dites, chacun posant sou bab domine d'environ 20 mètres te niveau du âeu l'époque des hautes eaux, celles-ci touchent maisons. Krakyé seit de centre commei'cial p l'Intérieur. Ses habitants parlent le guâng ; u( tous le tchi. Les tratîquants y séjournent pt souvent jusqu'à Salaga, quoique les voyages soient plus aussi fréquents qu'autrefois. On de Salaga à Krakyé, et les caravanes pousseï On ne vient pas non plus seulement pour le
consulter le fétiche, qui, pour une dispute ou un procès, qui, pour une maladie, qui, pour des embarras de famille; Toracle rendu est tenu pour iirévocable. Cependant malgré toute la terreur qu'inspire le prêtre du fétiche, son prestige diminue. Peu avant Tarrivée du missionnaire, un homme avait été mis h mort pour avoir osé proclamer le néant du fétiche. L'épouvante règne encore, mais la foi s'en va; la crainte d'ailleurs n'empêche pas certains progrès. Naguère, par exemple, il était défendu à tout le monde d'allumer des lumières, parce que le fétiche les déteste; aujourd'hui cettte interdiction est abolie. A 7 kilom. de Krakyé se trouve Kété, lieu de marché, une sorte de Salaga en pettt, où l'on vend toute espèce de produits de l'intérieur et d'Europe ; des étoffes pour vêtements, des costmnes mahométans, des étuis de cuir, des ouvrages de vannerie, des couteaux, des ciseaux, du fil, des aiguilles, des perles. Comme à Salaga, les cauries servent de monnaie.
Après avoir passé l'Asouoko, on entre dans le district d% Bœm. La rivière est assez torrentueuse; à la suite de fortes pluies, elle entraîne des masses de sable rouge. Ici l'on est déjà près de la montagne, ce dont on s'aperçoit aux forêts de palmiers, qui ne sont pas loin, et au vin de palmier que les jeunes filles offrent aux amateurs.
En continuant à s'avancer vers le sud, on arrive à Tapa, à une douzaine de mètres du sommet d'une montagne d'oii l'on jouit d'une vue magnifique sur toute la chaîne, jusqu'à Anum. Le pays est beau et ressemble à l'Okwawou; il a d'excellente eau et produit des yams, du pisang, du riz et du blé. Le prince d'un des deux villages qui forment le bourg de Tapa, après avoir entendu le missionnaire, insista beaucoup pour qu'il restât au milieu de ses gens et les instruisît. Il en fut de même dans plusieurs des localités que traversa M. Ramseyer jusqu'à Anum, oii il rencontra D. Asanté, heureusement revenu de son voyage à Salaga.
Nous empruntons encore, au rapport de ce dernier, quelques renseignements sur Salaga et sur son itinéraire de retour. Avant d'arriver à Salaga, on aperçoit, d'une assez grande distance, une longue rangée, de deux kilom., de maisons ombragées de quelques arbres. Les environs de la ville sont complètement nUs ; on n'y voit que quelques maigres buissons. A mesure qu'on approche, et quand on entre dans la ville, on est désagréablement affecté par une odeur d'ordures, de fumier et de cadavres en décomposition- Des quartiei-s entiers, en particulier celui des Achantis, ne sont qu'un tas de décombres. Les rues sont aussi irrégulières que possible ; beaucoup de huttes sont sans toit, d'autres sont
inhabitées ; les habitations sont construites très in-égulièrement, l'entrée en est si basse qu'il faut courber la tête jusqu'aux genoux pour pouvoir y entrer. Les salles d'école servent en même temps d'écuries pour les chevaux, et de passages publics pour se rendre dans certains groupes de maisons. Salaga est en décadence; le commerce s'est déplacé, le trafic des esclaves a diminué, et les habitations, jadis belles, sont si délabrées qu'on ne peut plus les remettre en état.
De Salaga, D. Asanté prit la direction du N.-E., et quoique l'influence musulmane se fasse sentir dans les villages qu'il rencontra, il y trouva une hospitalité cordiale. A Kokrone, le point extrême de son excursion vers l'est, se tient un marché d'ivoire et d'esclaves. De là, le missionnaire reprit la route du sud à travers un pays montagneux, oîi croît en abondance le palmier qui fournit du vin aux habitants. Dans l'Adélé, chaque chef est en même temps prêtre de la localité qu'il habite. On n'atteint le plateau de Kpaleavé, qu'à travers des monts et des vallées, tantôt boisés, tantôt coupés de ruisseaux et de gorges qui rendent la marche diflBcile et même périlleuse. Plus au sud, après avoir passé le Wawa, aflluent de l'Asouoko, Asanté fut sui-pris par la nuit dans une ascension de montagne, sur une pente où il y avait à peine un pied de large de terrain plat, et au-dessous de lui se trouvait un profond abîme. Il dut y passer la nuit avec ses gens, sans oser avancer, la pluie ayant rendu le sol très glissant.
A Avatimé, en plein pays païen, il trouva un village chrétien, fondé par cinq hommes qui, dans la guerre de 1869, s'étant enfuis dans le pays de Ga, étaient devenus chrétiens à la station bâloise de Mayera, revenus dans leur pays ils avaient persévéré dans le christianisme, y avaient gagné quelques païens, et avaient construit une maison pour l'instituteur que leur avait donné la mission de Brème, à laquelle ils s'étaient rattachés.
D'une manière générale, le pays parcouru par Asanté, de Dadeasé jusqu'à l'Abo, est un pays de montagnes, avec des plateaux, tantôt herbeux, tantôt boisés. Les forêts se rencontrent surtout dans les vallées profondes et étroites, et sur les pentes des montagnes. Les territoires herbeux sont très fertiles, et les habitants y cultivent des yams, du riz, du mais et trois sortes de blé de Guinée. L'air est frais et moins humide que dans l'Akuapem, parce que les forêts n'y prédominent pas. Toutefois il y pleut souvent ; le pays est abondamment aiTOsé de cours d'eau qui ne tarissent jamais ; le Daka, l'Oti, l'Asouoko et l'Abo portent tous leui-s eaux au Volta.
La principale occupation des habitants est l'agriculture ; les femmes filent le coton, le teignent avec Tindigo indigène, et en tissent des vêtements pour leurs maris ; elles font aussi de la poterie et des corbeilles d'osier. Les beaux pâturages qui pourraient nourrir beaucoup de bétail, n'ont que peu de moutons et de chèvres.
Quoique le minerai de fer soit répandu partout, ce n'est guère qu'à Santrokofi et Akpawou qu'on trouve des fonderies et des forges. Les gens de l'Atshati recueillent le miel et vont le vendre à Salaga.
Quant au climat de cette partie de l'Afrique, le D' Màhly n'estime pas qu'il soit tel que l'existence ou la santé de l'homme, noir ou blanc, y soit menacée. Sans doute il faut que l'Européen s'acclimate, mais il n'est point nécessaire qu'il tombe malade. M. Mâhly a fait sur luimême l'expérience que, dans les premiers temps du séjour en Afrique, on peut se trouver aussi bien portant de corps que chez soi ; à plus forte raison devrait-il en être de même après l'acclimatement. Ce n'est qu'au bout d'un certain nombre d'années que l'appauvrissement du sang réclame un séjour réparateur en Europe. Il en est de même pour tous les pays tropicaux ; s'il y a une différence pour l'Afrique, elle ne provient pas du climat, mais d'une cause spéciale, favorisée, il est vrai, par le climat, ce qui a donné lieu à l'expression jîèrré» du climat^ expression impropre aussi bien que fièvre paludéenne, car, d'une part, la fiè\Te ne règne pas dans tous les pays tropicaux, d'autre part la présence de marais n'est nullement nécessaire pour la faire naître. L'expérience apprend que, sur la plus grande partie de la côte occidentale d'Afrique, la fièvre peut se rencontrer partout, à des degrés d'intensité différents, suivant les lieux et les moments. On peut en conclure que les germes de la maladie existent partout dans le sol, qu'ils se répandent dans l'air et sont, avec l'air, absorbés par le coips. C'est une maladie infectieuse qui, à l'inverse des autres, provient directement et exclusivement du sol et n'est pas propagée par des personnes malades. L'agent de la maladie n'est pas encore parfaitement connu; on suppose qu'il appartient aux organismes infiniment petits. On ne peut guère songer à le détruire en Afrique, vu sa grande extension, mais si l'homme ne peut pas ne pas absorber les germes du mal, il pouiTa les empêcher de se loger chez lui et d'y multiplier. Toutefois, jusqu'à ce qu'on en ait trouvé le moyeu, les conditions climatériques ne s'amélioreront pas. Aussi le D' Màhly appuie-t-il les conseils du D' Fischer dans Mekr Lkht un dunkeln Welttheil (p. 218), et pense-t-il qu'un optimisme
dangereux peut seul recomniaiuler rétablissement, dans cette région, d'Européens pour des travaux agricoles.
CORRESPONDANCE
Loanda, 15 août 1885.
Monsieur,
Abonné à V Afrique, j'y lis toujours avec le plus grand intérêt les correspondances de nos compatriotes Berthoud, D' Passavant, etc., et j'ai l'espoir que quelques lignes sur la région du Continent noir, dans laquelle je me trouve, ne vous déplairont pas. Je fais partie de la mission de l'évêque Taylor que vous mentionnez deux fois dans votre journal. Vous avez fait remarquer le caractère selfsupparting qui distingue cette mission de toutes les autres ; cette entreprise est en effet un essai basé sur des raisons suffisantes aux yeux de son chef, mais elle est sévèrement jugée par le monde en général et par les Sociétés de missions, qui la condamnent comme téméraire. Jusqu'ici toutefois tout s'est passé plus heureusement que nous n'osions l'espérer, malgré les fatigues et les privations que nous avons dû et devons encore endurer. De nombreuses délivrances n'ont fait qu'affermir la foi et le courage des membres de l'expédition. On nous avait prédit maintes fois, qu'avant deux mois les enfants auraient succombé, victimes du fanatisme des parents. Nous sommes heureux de constater, après six mois d'expérience, que les enfants sont beaucoup moins sujets aux maladies que les adultes. Sur un nombre de 42 personnes, un jeune homme a seul succombé, et cela, parce qu'il ne se laissa persuader de se soigner que lorsqu'il fut trop tard. Il faut faire observer ici que nos gens arrivèrent pour la plus mauvaise saison des pluies qui eût visité la côte depuis beaucoup d'années. Le nombre des patients à l'hôpital doubla en peu de temps ; les indigènes souffraient autant que les blancs et pas une seule de mes connaissances n'échappa à la fièvre. Or, nos hommes devant coucher sous des tentes, alors que mouraient quantité de blancs jouissant d'autant de conforts que nous souffrions de privations, nous fûmes bien reconnaissants envers la Providence de nous avoir si merveilleusement préservés. Nous n'avions point de domestiques et tout le travail du ménage reposait sur les épaules des missionnaires. Ceux-ci se passèrent de vin sans que leur santé s'en ressentit, contrairement à l'opinion de tous les résidents africains. Nous ne pouvons que nous louer de la réception cordiale des autorités et des particuliers portugais, tant sur la côte qu'à l'intérieur. La maison de Loanda a successivement évacué ses occupants, deux hommes seulement sont restés en arrière, dont l'un est votre correspondant. A l'intérieur trois stations sont déjà établies et en bonne voie ; plusieurs sont projetées ; le travail est en partie agricole et en partie scolaire. Le gouverneur nous a accordé 150 livres d'école avec une centaine de tableaux de lecture. La première
statiou est à Nhangué la Pépé, à 100 kilomètres au nord de Dondo sur la Quanza, la seconde à Pnngo Andongo ; la troisième à Malangé. Le D' Sumners Tient d'arriver de l'intérieur, après avoir parcouru à pied un millier de milles en six semaines, en traversant Duque de Bragança, le Golungo Alto, et en suivant le cours du Bengo.
Depuis le 12 août, nous avons Phonneur de posséder au milieu de nous les explorateurs Capello et Ivens, qu'un vapeur du Cap a amenés jusqu'à Mossamédès, d'où le steamer portugais les a transportés ici. Loanda s'est surpassée en offrant aux deux illustres voyageurs une réception vraiment grandiose et enthousiaste. Le 13, cortège imposant, conduisant les héros à l'église épiscopale, où un Te Deum solennel fut chanté. Capello et Ivens marchaient sous un dais de soie blanche, à franges d'or, et supporté par six colonnes dorées, aux mains de notables de Loanda en magnifiques uniformes. Les corporations et les écoles de Loanda ouvraient la marche; après elles venaient les consuls, ensuite le dais, derrière celui-ci le gouverneur et sa suite, puis un groupe de messieurs, et enfin les troupes terminaient le cortège qui s'avançait lentement aux accents patriotiques de la musique militaire, aux acclamations de la foule bigarrée et au bruit de fusées sans nombre. Le 14, conférence des voyageurs et quelques autres discours; Ivens était le Mercure, et Capello brillait, comme de coutume, par son silence modeste. Le soir du même jour représentation au théâtre jusqu'après minuit; hier régates, aujourd'hui adieux officiels.
Agréez mes meilleurs vœux pour le succès de votre publication.
Héli Châtelain.
Un correspondant bien informé nous adresse, du Bas-Congo, à la date du 14 août, les renseignements suivants :
1" Le lieutenant Wissmann a atteint, par eau, le Congo supérieur, avec ses20O natifs, après avoir perdu six blancs en route; ayant suivi le Cassai, il a trouvé qu'il se verse dans le Kwa. *
2'' Le D' Wolff, de l'expédition du lieutenant Schultz, parti pour Kiamvou, avec
^ Une carte provisoire accompagne la lettre de notre correspondant; elle donne le cours des affluents du Congo récemment explorés, la Mboura, le Loîka, le Mobandji, la Nkéné sur la rive septentrionale, le Lomami,la Ngala, l'Ikelemba, le Cassai, la Nkissi, la Loukounga et le Kwilou sur la rive sud. Quant au Cassa!, le croquis en place le confluent avec le Quango, en amont de celui de l'émissaire du lac Léopold II, dont il serait tout à fait indépendant. Nous attendons des déterminations plus précises, pour donner une carte' de cette partie du centre africain, <iue les récentes découvertes de Grenfell et de Wissmann présentent sous un jour si différent de celui sous lequel on la voyait jusqu'ici.
cinq hommes du Loango et deux guides indigènes, a beaucoup souffert de la faim en route; il a reçu un bon accueil, et après s'être reposé quinze jours, il est revenu à San Salvador, son point de départ.
S^ Le D' Bûttner est aussi parti pour San Salvador. — Les lieutenants Kund et Jappenback continuent à séjourner à Stanley-Pool. Grâce à la bienveillance de la mission baptiste américaine, M. Kund a pu faire, avec le Henry ReecL, une excursion jusqu'à Bangala.
4® L'agent diplomatique américain, M. le lieutenant Jaunt, a quitté Stanley- Pool, pour se rendre aux chutes de Stanley, par le Henry Beed^ sur lequel on lui a donné le passage.
5<> L'État libre du Congo renonce à plusieurs de ses stations : Ruby Town, Yunda, Manyanga (rive droite), Lutété, Kalena Point, Kimpoko, Kwamouth, Mushié et Lukoléla. — Le steamer la VtRe éP Anvers a donné sur un rocher près de Boma; il a sombré en deux heures et est complètement perdu.
6® La mission baptiste américaine (Livingstone Inland Mission), a achevé sa station de l'Equateur ; ses agents sont occupés à étudier la langue de ce district et à créer une école.
7<> Le P. Augouard a remonté le fleuve, pour fonder une nouvelle station au delà de Stanley-Pool, et trois membres des missions d'Alger sont arrivés à Yivi. — On a remonté le Stanley et sir Francis de Winton part, avec ce steamer, afin de voir ce qu'il pourra faire pour chasser du haut fleuve les Arabes, ou pour les arrêter.
Comme témoin oculaire, je puis vous assurer qu'ils n'ont attaqué aucune des stations de l'expédition.
BIBLIOGRAPHIE '
Vingt jours en Tunisie, par Paul Arène. Paris (Alph. Lemerre), 1884, in-8**, 300 pages, fr. 3,50. — Le mois d'août n'est guère le meilleur pour un voyage en Tunisie ; malgré cela, ayant vingt jours à perdre, c'est ce moment que M. Paul Arène choisit pour s'y rendre. II est vrai qu'il ne pénétra que peu dans l'intérieur, où la chaleur est alors presque insupportable pour un Européen; il se contenta de visiter quelques villes situées sur la côte, ou dans son voisinage, et rafraîchies par la brise de mer. Le but de son voyage était Sousse, où M. Jules Arène, frère de l'auteur, remplit les fonctions de vice-consul de France.
* On peut se procurer à la librairie H. Georg, à Genève et à Bàle, tous les ouvrages dont il est rendu compte dans V Afrique explorée et civilisée.
nale du Congo. M. Bauniug fait ressortir qu'aucun établissement loiutaiu n'a possédé en naissant autant de garanties de développement pacifique que le nouvel État du Congo, et montre, par des faits, à ceux qui doutent du succès de l'œuvre nouvelle, que la plupart des hommes qui ont agrandi le domaine géographique, maritime, colonial, ne savaient pas où aboutirait le sillon qu'ils ouvraient ; mais ils l'ont résolument poussé devant eux, et c'est parce qu'ils ont fait cela, que l'humanité leur doit quelques-unas des belles pages de son histoire.
M. Jooris relève l'extension prise par le droit international, fait une étude spéciale de« progrès de la législation des fleuves internationaux, et cite l'application au Zambèze, par le Portugal, des principes de libre navigation. Il donne en outre un résumé historique das prises de possession depuis un quart de siècle, et montre que la Conférence de Beriin est bien venue à l'heure où il était nécessaire de consacrer, par un acte international, les principes nouvellement introduit^ dans le droit des gens.
Partant des explorations qui ont fait connaître le bassin du Congo, M. Du Fief présente le développement historique de l'Association internationale africaine, du Comité d'études et de l'Association internationale du Congo, accentue, en citant M. Banning, les difficultés qu'avait rencontrées la création de l'État indépendant du Congo, et cherche quels peuvent être théoriquement les éléments constitutifs du nouvel État, appropriés à sa nature spéciale et aux circonstances éventuelles. Les fonctions que M. Du Fief remplit dans la Société belge de géographie l'ont engagé à donner, dans son mémoire, une grande place à la jîéographie du bassin du Congo ; son exposé détaillé était généralement exact au moment où il le ])ubliait ; mais l'exploration des affluents du grand fleuve, soit sur la rive droite, soit sur la rive gauche, celle de Grenfell dans le Mobandji jusqu'au 4°30' lat. N., et celle de Wissmami arrivant à Kwamouth par la Louloua, le Cassaï et le Quango, modifleront complètement la géographie de cette partie de l'Afrique centrale, telle qu'elle figurait dans les cartes il y a quelques semaines seulement. Collaborateur de la Revue de droit international, membre de l'Institut de droit international, et conseil du ministre d'Angleterre à la Conférence de Berlin, sir Travei-s Twiss était désigné par ses travaux antérieui-s pour traiter la question du développement du principe de la navigation des fleuves internationaux, et marquer les progrès accomplis à cet égard depuis le Congrès de Vienne. Il l'a fait avec une grande sagacité dans le mémoire : le Congrr's de Vienne et la Conférence de
Berlin, daos lequel toutefois il ne s'est pas borué aux questions qui touchent à la navigation du Congo et du Niger. Son examen a poné plus loin. Après avoir montré que, du Congrès de Westpfaalie à celui de Vienne, les intérêts particuliers avaient eu le dessus, le principe du droit public d'alors étant le respect absolu de la souveraineté des Ëtatâ individuels, et qu'au Congrès de Vienne avait été proclamé le principe que les États de l'Europe ont, envers la communauté des t.tats, des devoirs auxquels leurs intérêts particuliers doivent être subordonnés, sir Travers Twiss a marqué les pas considérables que ce principe a faits par les différentes stipulations de l'Acte général de la Conférence de Berlin, sans toutefois que rien ait été fait contre le gré des États intéressés. C'a été en particulier, parce qu'où voulait laisser à. l'Association internationale le temps de conduire à bonne fin ses arrangements avec la France, et éventuellement avec le Portugal, sous la médiation de la France, que la marche des travaux de la Conférence a été volontairement ralentie.
On pourrait dire que les auteurs des mémoires susmentionnés sont tou-s plus ou moins juges et parties daus la question, mais M. Patzig ne l'est 'pas, ce qui ne l'empêche pas de vouer à l'œuvre de la Conférence une réelle sympathie. Après avoir rappelé les prétentions du Portugais la souveraineté du Congo inférieur, et ies conflits auxquels ces prétentions menaçaient de donner lieu, il rend à l'Institut de droit international l'honneur qui lui i-evient, d'avoir émis, le premier, l'idée et le vœu de voir la question du Congo réglée par une Conférence des puissances civilisées. A la Conférence même, il montre les puissances se groupant d'une manière très significative, les unes, et à leur tête l'Amérique, pour appuyer toutes les propositions les plus conformes aux tendances modernes de liberté et d'humanité, les autres, la Russie et la Porte, opposées à tout ce qui s'écartait du programme de la Conférence daus le sens d'une application des principes du droit international au monde entier. II étudie ensuite avec soin les travaux de la Conférence sur la base du programme exposé d'avance, et consacre un chapitre spécial à la question des spiritueux, regrettant que les Sociétés de tempérance et les Associations coloniales n'aient pas cherché les moyens d'amener une entente entre les puissances, pour concilier les intérêts du commerce avec ceux de l'humanité.
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BULLETIN MENSUEL {2 novembre 1885. »)
M. le lieutenant Palat est parti de Géryville (sud Oranais), pour entreprendre, avec un Arabe et un nègre, la tpaversée du Sahara $
il se propose d'atteindre Timbouctou par le Gourrah et le Touat. Il y a trois ans déjà qu'il a conçu ce plan, mais l'insurrection d'Abou-Amema dans le sud Oranais interrompit ses préparatifs. Le récent voyage de l'envoyé de Timbouctou à Paris lui a fourni l'occasion de reprendre son projett A côté de la mission géographique et scientifique que lui a confiée le ministère de l'instruction publique, il étudiera le pays au point de vue de l'établissement d'une grande voie de communication entre l'Algérie et le Sénégal, et des moyens de diriger sur ces deux colonies françaises le courant commercial des tribus sahariennes, qui aujourd'hui suit les routes du Maroc et de la Tripolitaine.
Nous devons à l'obligeance de M. G. Rolland, ingénieur des mines, un résumé des observations poursuivies par lui, depuis six ans, sur le régime des eaux artésiennes du bassin du chott Melrir ou du bas Sahara algérien et tunisien, et en particulier de l'Oued-Rir, la grande vallée qui, descendant du sud au nord, sur une longueur de 130 kilom*, aboutit au sud-ouest du chott susmentionné. Dans cette vallée, les eaux artésiennes se présentent comme une grande nappe, ime sorte d'artère souterraine, qui serpente sous le sol, depuis Touggourt au sud, jusqu'à Ourir au nord, sur 100 kilom. de long ; la largeur connue varie de 4 kilom. à 14 kilom. Au centre de l'Oued-Rir, vis-à-vis d'Ourlana, elle se dédouble vers le nord. Une zone artésienne analogue, mais moins importante, règne à 100 kilom. plus au sud, sous le bas-fond de Negoussa à Ouargla. En outre, line diffusion générale d'eaux souterraines existe au centre des terrains sableux du bas Sahara, au nord duquel on a constaté des nappes ascendantes ou faiblement jaillissantes. Toutes les eaux artésiennes de ce bassin s'alimentent par les eaux de pluie et l'apport des rivières, surtout de celles qui prennent leur source dans l'Atlas, au nord, et présentent des crues annuelles. Ces eaux s'infiltrent en partie dans les sols perméables, puis descendent et se distribuent dans les formations d'atterrissement, lesquelles plongent vers
^ Les matières comprises dans nos BuUetins mensiiels et dans les NauvéUes complémentaires y sont classées suivant un ordre géographique constant, partant de l'Algérie, puis allant à l'Est, longeant ensuite la côte orientale du continent et revenant par la côte occidentale.
l'aTBIQïïS. — BDEIÂME AKNIÎE. — H® 11. 11
rintérieur du bassin, et dont les dispositions les amènent à être ascendantes ou jaillissantes dans les, régions basses. Les puits échelonnés dans rOued-Rir débitent ensemble plus de 3 mètres cubes d'eau par seconde, à une température moyenne de 25% 1, et ceux de la région du bas-fond de Negoussa à Ouargla, environ un mètre cube d'eau, à 24°, 2.
Un correspondant de VEsphratore écrit de Benn^asi que l'attention publique ayant été attirée sur l'embarquement d'esclaves dans ce port, les autorités turques ont paru disposées à empêcher la tp»îte. Mais si la voie par mer a été fermée, la route par terre n'en est que plui^ librement ouverte. La semaine précédente en effet, en plein jour, au vu et au su de tout le monde, deux caravanes d'esclaves nègres avaient quitté Bengasi, l'ime pour Tripoli, l'autre dans la direction d'Alexandrie.
On écrit du Caire à la Nigrizia qu'un Grec, nommé Anastaaio Slicalicianoy parti d'Omdurman le 25 juillet, est arrivé au Caire le 16 septembre. Après avoir traversé le désert jusqu'à Abou-Dom, il passa sur la rive droite du Nil, mais en arrivant à Abou-Hamed il fut arrêté par des partisans du niahdi, qui voulaient lui faire rebrousser chemin; grâce aux bons oflSces de deux Arabes, il fut mis en liberté. Do toute la population de Khartoum, a-t-il dit, à peine 1500 personnes vivent encore, tout le reste a été massacré. Il estime que depuis la mort du Mahdi, il serait facile de reprendre le Soudan, que les forces de ses partisans, à Khartoum et à Omdurman, ne dépassent pas 8000 ou 10,000 hommes, fatigués d'ailleurs de la guerre; il n'y a plus ni ordre ni unité. Les rebelles ont pillé le palais du gouverneur, pour élever un tombeau au Mahdi à Omdurman ; ils n'ont pas touché aux établissements de la mission. Les sœurs prisonnières sont assez bien et s'occupent à travailler de leurs mains ; elles sont gardées par les Grecs qui ont survécu au massacre, et qui veillent sur elles dans l'espoir de recevoir un jour du secours de la mission.
Aux territoires déjà précédemment placés sous le protectorat de Fempire allemand, à l'ouest de Zanzibar, s'est ajouté dernièrement celui de rOu-Zaramo avec le port de Dar-es-SaJam. L'Ou-Zaramo est arrosé par le Kingani, qui débouché à la côte, presque vis-à-vîs dt* Zanzibar. C'est une terre de hautes futaies et de plaines, que coupent çà et là des fourrés impénétrables. Les champs cultivés sont nombreux et la population est assez dense. Le sol est très fertile ; c'est un riche humus brun ou noir, présentant en quelques endroits des filons d'argile rougoâtre. Les Wa-Zaramo sont agriculteurs ; ce sont des nègi'es grands.
T)ien faits et vigoureux ; leur physionomie est sauvage ; presque tous portent des vêtements. Jadis turbulents et querelleurs, ils sont devenus plus traitables, gtâce au fréquent paissage des caravanes et au voisinage des commerçants de la côte. Quant à Dar-es-Salam, c'est le seul port réellement abrité qui existe entre le cap Guardafiii et la baie de Delagoa. D est profond; quelques rochers en gênent un peu l'entrée, mais, d'après la reconnaissance qui en a été faite par des oflBciers de la marine allemande, il serait facile de les faire sauter, pour permettre l'entrée du port aux plus grands navires.
Le capitaine Lisaan a fourni au Natal Mercury des renseignements détaillés sur une expédition qu'il a faite de la côte occidentale de lllada|pa»car à. Tananarive. Arrivé à Nosi-Vey le 27 février, il se rendit de là à la baie de Morondava\ ou il demeura 17 jours avant de partir pour l'intérieur. Porté dans un palanquin, il dut d'abord traverser, pendant deux jours, un marais de 25 kilom. de longueur, oii, en plusieurs endroits, ses porteurs avaient de l'eau et de la boue jusqu'à la ceinture. Une fois sur terre ferme, son itinéraire le conduisit à travers des forêts percées de quelques ouvertures sur de petits champs cultivés, et où se fait remarquer surtout le renyall, arbre qui atteirft une trentaine de mètres de hauteur, n'a de branches qu'à son sommet, et dont le feuillage ressemble à de l'argent. Il a vu de ces arbres dont le tronc avait au moins cinq mètres de diamètre ; dans l'intérieur de l'un d'eux vivait une famille entière.
Le premier endroit important atteint pai* l'explorateur fut Mahabo, d'oii il eut à faire plus de 120 kilom. sans rencontrer un seul habitant. U apprit cependant que ce pays a été peuplé autrefois ; mais, depuis que les Hovas en ont pris possession, les Sakalaves l'ont abandonné, préférant leur vie sauvage à la gêne de la règle imposée par les vainqueurs plus civilisés. Après avoir traversé cette contrée déserte, il arriva à Malaimbandy, ville à l'est de laquelle commencent les premières chaînes de montagnes ; puis, le terrain va en s'élevant jusqu'à 700 mètres. La première ville de ce district montagneux est Zanzeen ; mais, avant de l'atteindre, il faut traverser une jungle de figuiers d'Inde, au delà de laquelle les porteurs ont à gravir une rampe de degrés taillés dans le flanc d'une montagne presque à pic. Arrivé au sommet on aperçoit la ville susmentionnée ; elle compte 2000 habitants et a un gouverneur. A deux journées de marche se trouve Midongy, célèbre par les batailles
* Voy. la carte, V"»« année, p. 164.
livrées entre les Hovas et les Sakalaves. A une époque antérieure^ a-1rOn dit au capitaine Lissau, les Hovas étaient esclaves des Sakalaves, et quoiqu'ils eussent obtenu de conserver leurs propres lois, ils devaient payer un tribut aux Sakalaves. Ce fut leur roi Radama I*^ qui, après avoir reçu des Anglais des fusils pour en armer ses gens, s'avança vers Midongy et s'empara de la montagne. Pendant dix-huit mois les Sakalaves l'y tinrent assiégé, luttant vaillamment avec leurs lances contre les mousquets de leurs adversaires ; néanmoins ils furent battus, et plus de 7000 d'entre eux furent tués au pied de la montagne. Sur le sommet de celle-ci s'élève un monument de pierre, à l'endroit oîi furent enterrés les oflSciers de haut rang de Radama, morts dans la bataille. Le capitaine Lissau, qui a fait la guerre de la sécession américaine, estime que ce poste est imprenable ; un millier d'hommes pourraient le défendre contre 20,000 assiégeants. •
L'expédition eut ensuite à traveraer plusieurs chaînes de montagnes dont la plus haute dépasse 2300 mètres. Après avoir passé un sommet entièrement rocheux, elle descendit dans la vallée d'Ambositra, où elle trouva le premier essai de culture. Les villages sakalaves rencontrés par le capitaine Lissau étaient tous entourés de figuiers d'Inde en guise de murailles ; quelques-unes des villes étaient établies sur le sommet des collines, ce qui en rend l'attaque difficile. Ambositra a une station de la Société des ijaissions de Londres. Au delà s'étend un plateau désert que l'on traverse en six heures, sans y rencontrer d'habitants, quoique la végétation y soit belle et qu'il y ait abondance d'eau. Il y règne cependant un froid continuel, même au milieu de l'été, ce qui explique qu'il soit inhabité. Tout ce pays est dépourvu de routes ; il n'y a que des sentiers, et le passage des montagnes est très difficile. En maints endroits il faut passer le long de précipices de plusieurs centaines de mètres de profondeur, sur des corniches qui n'ont que trente centimètres de large. Le voyage du capitaine Lissan, de Morondava à Antananarive, dura 21 Va jours ; il n'en mit que 14 Va pour regagner la côte.
Le Diaro de Noticias de Lisbonne publie des nouvelles allant jusqu'au 22 juin de l'expédition dirigée par MM. Serpa Pinto et Capdotao. Elle était campée à Midiriani, sur la route qui mène à Abéto et au lac Nyassa. L'eau ne manquait pas et la santé des explorateurs était bonne. Plusieurs chefs arabes ont reconnu la suzeraineté portugaise, et des mesures ont été prises en vue d'un service régulier pour la correspondance avec la côte. Le gouverneur Perry a réussi à pacifier le pays et à assurer la sécurité du commerce ; maintenant les caravanes qui appor-
tent l'ivoire affluent à la côte portugaise. Il en était récemment arrivé deux aux postes douaniers de Masimba et Quissanga. A la dernière date, l'expédition avait rencontré un nouveau lac qui, à l'époque des grandes pluies, donne naissance à une rivière qui va se verser dans le Matepuizé.
Les journaux de Lisbonne nous apportent des renseignements nouveaux sur, le pays de Sofala, exploré par le capitaine Pal va de Andrada. La rivière Zungué, affluent du Zambèze, sort du lac Âbsinta, ^t communique, par une série de lacs, avec le canal Mucua, au moyen d'une forte dépression de terrain, où débouchent plusieurs rivières qui viennent de la chaîne des monts Grorongozo et forment un grand lac. C'ast de là que part l'Ouréma, navigable toute l'année ; après s'être réuni au Pungué, il va se jeter dans la mer sur la côte de Sofala. Le Busi, qui coule dans la vallée de Manica et près de la forteresse que les Portugais y avaient construite, est navigable sur une assez grande longueur, jusque près du confluent du Lusité. Il prend sa source dans un groupe de hautes montagnes, qui séparent son bassin de celui du Save. Celui-ci coule du nord au sud, puis tourne rapidement vers l'est, pour aller se jeter dans l'Océan Indien par de nombreux bras qui forment le delta oïl se trouve Chiloane.
Le Scottisk geograpkical Magazine annonce, d'après le Cape Times, <|ue M. Montayu Kerp a fait, dans le bassin du Zambèze, une expédition périlleuse dont il est cependant heureusement revenu. Il se rendit d'abord du Cap à Gouboulouwayo, résidence de Lobeni^ula, roi des Ma-Tébélé, ayant avec lui M. Selous, qui avait déjà exploré ce même bassin. Lobengula lui parut intellectuellement de beaucoup supérieur aux indigènes qu'il gouverne avec un sceptre de fer, et chez lesquels il ne trouva aucune trace de civilisation. Ayant équipé son wagon, il se dirigea vers la rive méridionale de l'Hanyane ; ne pouvant la passer avec son wagon, il laissa celui-ci en arrière, et, avec 25 Mashona et d'autres noirs engagés à son service, il se mit en route à pied dans la direction de Tété, à une distance de 400 kilom. Mais ses gens craignant les tribus à l'est de l'Hanyane, il dut changer de direction, et atteignit Mchésa, ville des Mashona, au milieu d'un pays riche en fer, et dont la principale industrie est la fabrication d'assagaies. Devenu incrédule à l'endroit du danger devant lequel tremblaient ses gens, il reprit sa route vers l'est, mais sa témérité faillit lui coûter la vie. Chouza, chef des Ma-Korikori, le reçut froidement, et bientôt sa position devint si périlleuse qu'il fut obligé d'opérer une retraite en armes, sur une distance
de 65 kilom. Il atteignit ensuite une ville à 225 kilom. du Zambëze, mais tous ses gens désertèrent. Conduit par un natif, il put cependant atteindre Tété, d'où, se dirigeant vers le nord, il parvint, après 20 jours de marche, sur le plateau qui s'étend àl'ouest du lac Nyassa, à 1500 mètres au-dessus de la mer ; de là il gagna la station de Livingstonia, d'oîi il descendit à Quilimane par le Chii'é. Le Scottish geographical Magazine publiera la carte et le rapport de M. Kerr sur son exploration.
Un correspondant du Natal Mercury lui adresse un extrait d'une lettre de Gouboulouivrayo, qui complète nos précédents renseignements sur la mission du major Edivrards, et sur l'expédition des Ma-Tébélé au lae IVf^ami. L'étiquette étant très stricte à la cour de Lobengula, les officiers anglais durent veiller soigneusement à ne pas l'enfreindre. Le roi est plus ou moins entre les mains de ses gens, et la foi à la sorcellerie est si forte, que tout . ce que font les étrangers est regardé avec défiance. La présentation au roi fut retardée par l'absence du missionnaire, M. Hulm, qui devait servir d'interprète, afin de bien expliquer à Lobengula ce que demandaient les Anglais.* Quelques années auparavant Baines, accusé d'avoir ensorcelé le pays, eut beaucoup de peine à se tirer d'aflFaire, parce qu'il ne put se faire suffisamment comprehdre des indigènes. La. sécheresse régnant sur la route de Tati à Shoshong, les Anglais prévoyaient qu'ils devraient revenir par la vallée du Limpopo. Gouboulouwayo est à 1300° au-dessus du niveau de la mer ; le pays est ondulé. Après l'expédition contre les indigènes du lac Ngami, l'officier-général Lotché n'avait plus que 600 hommes avec lui, quand il se présenta devant le kraal royal pour rendre compte de sa campagne. Sa seule excuse aux, reproches des Ma-Tébélé fat qu'il avait ramené le cori)s d/ élite, et ne l'avait pas sacrifié inutilement.
M. A.- J. liVoolcey» missionnaire à Kuruman, ^ visité les stations de la Société des missions de Londres situées sur les limites du désert de Kalahari. Nous extrayons de son rapport publié dans le Chronicle, les renseignements qu'il donne sur la vie des BarKalahari. Ils ont peu de villes permanentes, vivent en petites communautés, et se transportent d'un endroit à un autre dans certains districts bien déterminés entre eux. L'eau est très rare ; leur boisson est extraite des racines succulentes de diverses plantes, et leur nourriture consiste en baies, en racines, en gibier, et en tout ce qu'ils peuvent trouver de mangeable. Ils ont quelques chèvres,, qu'ils conduisent avec eux de lieu en lieu» Leufô huttes sont de simples treillis de perches minces, plantées dans le sol en demi-cercle, et courbées de manière à se rencontrer en un
point au sommet; elles sont couvertes d'herbe. En certains endroits, il y a des creux où Ton trouve de l'eau en permanence. Dans d'autres qui ne sont connus que des Ba-Kalahari eux-mêmes, il y a de l'eau au-dessous de la surface du sol recouverte de sable. Quand ils en sont requis, ils aspirent, au moyen d'un roseau, cette eau qu'ils rejettent ensuite dans un bol. Un voyageur ou un chasseur peut obtenir de cette manière de l'eau pour son cheval ou son bœuf. Ou bien ils conservent un grand nombre de coques d'œufs d'autruches ; quand il pleut, ils les remplissent d'eau fraîche, puis ils bouchent le trou de la coque avec un bouchon d'herbe, et les enfouissent dans le sol. Ces coques, dit-on, conservent l'eau dans d'excellentes conditions pendant des mois. Lorsqu'ils veulent témoigner à quelqu'un un grand respect ou une aflfection particulière, ils lui offrent de cette eau ainsi conservée. Toutefois leur fruit de prédilection est le melon d'eau sauvage, qui leur sert à la fois d'aliment et de boisson. A une distance d'un mois de voyage dans le désert se trouve la ville de Lehututung, oU il y a abondance d'eau, et qui est habitée par un grand nombre de Ba-Kalahari, dont l'un a construit un temple, tient l'école et célèbre le culte. Les Be-Chuana y vont surtout pour chasser la girafe, l'élan et l'autiniche, et pour faire le commerce de peaux et de plumes.
Le Le-Souto continue à se ressentir de l'état de désorganisation où l'a plongé la dernière guerre. La boisson en particulier y produit des elfets désastreux. Pour arrêter les progrès de l'îvpofjnerîe, une société de tempérance a été fondée à Morija, dans laquelle païens et chrétiens sont admis sans distinction. En outre la Conférence missionnaire a adressé aux chefs Ba-Souto, presque tous adonnés à la boisson, incapables le plus souvent de s'occuper des aifaires de la tribu, et dont leurs sujets suivent l'exemple, une lettre d'avertissement pour leur ouvrir les yeux sur les dangers que le fléau de l'eau-de-vie fait courir à la tribu, et les supplier d'agir en conséquence- Chacun des missionnaires a dû se rendre auprès du chef de son district, accompagné d'une délégation de son consistoire, pour lui en donner lecture. Cette lettre n'était pas encore remise, que l'esprit des chefs changeait, à la suite d'un rêve fait par LerothoK, dans lequel il avait vu le Le-Souto habité rien que par des blancs, et avait entendu une voix lui disant : « Voilà l'œuvre de l'eau-de-vie. » Bouleversé à son réveil, il envoya immédiatement un message à Letsié et à ses frères, pour leur demander de chasser l'eaude-vie du pays. Enfin Mopéli, frère de Moshesh, qui habite l'État Libre, a fait au Le-Souto une visite de quelques semaines, dans laquelle il a vu
les différents chefs, et tenu des piisos, pour encourager les chefe à retourner vers Dieu et à renoncer à Teau-de-vie. — Une lettre du Lessouto nous fait craindre que les efforts des chefs pour empêcher Timpoilation de Teau-de-vie ne soient rendus vains par de nouveaux troubles dans cette colonie de la couronne d'Angleterre. Le résident britannique ayant été gravement insulté paivun fils de Masoupha, a écrit au haut commissaire de la reine à Capetown, qu'il ne pouvait pas rester plus longtemps dans un pays où le gouvernement anglais est si peu respecté.
Nous avons eu le plaisir de voir, à son passage à Genève, M. Hettasch qui, après avoir travaillé pendant 27 ans au service de la mission morave chez les Hottentots et les Cafres de l'Afrique australe, retourne au milieu des Hottentots de la Colonie du Cap, pour essayer d'introduire parmi eux de nouvelles industries rémunératrices, qui leur permettent d6 conserver la vie sédentaire à laquelle les missionnaires avaient réussi à les attacher. Les conditions économiques de la Colonie depuis la guerre contre les Zoulous, les Ba-Souto et les Boers, sont telles que les charges fiscales prélèvent le plus net des ressources procurées par le travail ordinaire; ce qui reste au travailleur ne sufBt plus à son entretien et à celui de sa famille. Pour ne parler que des Hottentots dont s'occupent particulièrement lès missionnaires raoraves, beaucoup d'entre eux ont dû quitter les stations sur lesquelles le travail agricole n'était plus suflftsamment rémunérateur, pour se rendre à Capetown avec l'espoir d'y trouver une occupation plus lucrative, malgré les dangers auxquels les expose les vices de la capitale, en particulier l'exemple des blancs adonnés à la boisson. Pour obvier à ces inconvénients et prévenir la perte des Hottentots émigrés à Capetown, la mission leur a donné un agent spécial, M. Hickel, chargé de les visiter et d'empêcher que les liens qui les unissent à la conmiunauté, à leurs familles et à leurs enfants demeurés à Gnadeuthal, la principale station de la Colonie, ne se relâchent tout à fait. Le missionnaire susmentionné a eu souvent à constater les misères inouïes auxquelles sont en proie les indigènes attirés dans la capitale par l'espoir d'un gain illusoire. M. Hettasch est venu passer quelques mois en Europe, pour étudier la question et les moyens les meilleurs de remédier à cet état de choses. Le terrain autour de Gnadenthal et l'exposition de la vaUée seraient convenables à la culture du mûrier et du ricin ; l'élève du ver à soie et l'industrie qui s'y rattache pourraient y être introduits ; mais M. Hettasch commencera par un essai de culture du ricin. L'huile qu'on en extrait peut fournir un produit dont la demande est très forte pour
les diflFérentes usines et manufactures, pour les machines, locojnotives et wagons de chemins de fer. Aujourd'hui cette huile est importée d'Europe dans la Colonie, qui la paie fort cher. Si la tentative de M. Hettasch réussit, ce sera autant d'argent qui restera dans la Colonie, et, en rendant un important service au pays au point de vue économique, la mission morave aura fourni aux Hottentots une industrie qui ramènera à Gnadenthal ceux qui végètent misérablement à Capetown, resserrera les liens de famille et rendra à ces indigènes la prospérité relative dont ils jouissaient naguère. M. Hettasch nous ayant prorais de nous tenir au courant des résultats de sa tentative, nous aurons lieu de revenir plus tard sur ce sujet.
La Tijdschrift, publication de la Société néerlandaise de géographie, en annonçant la mort de M. D.-D. Veth, chef de l'expédition hollandaise dans l'Afrique tropicale occidentale, donne des renseignements qui ne peuvent que faire regretter vivement ce décès. M. Veth s'était préparé soigneusement aux observations astronomiques et aux travaux nécessaires pour dresser la carte des pays qu'il se proposait d'étudier. Il comptait se rendre d'abord de Humpata à Benguéla par Quillenguès, et faire le lever du terrain de ce district, après quoi il se serait dirigé à l'est, au delà du Cunéné, vers le territoire d'Okavango ; la mort a empêché l'exécution de ce projet. Des deux compagnons de voyage de M. Veth, l'un, M. Goddefroy, a rapporté en Hollande des collections ethnographiques; l'autre, M. van der Kellen, est resté en Afrique oîi il étudie spécialement la faune. Les missionnaires de Huilla lui prêtent leur concours. S'il peut recevoir d'Europe de^ ressources pécuniaires suffisantes, il continuera l'exploration dont M. Veth était chargé.
Le journal As Colonias Portuguezas a publié une carte d'Afrique ^^ Vasooooooï avec l'itinéraire des explorateurs portugais Capello et Ivens» ainsi qu'un article sur leur voyage, d'oii nous extrayons ce qui suit. Les questions qu'ils avaient à résoudre se résumaient en cq^i : Étudier les relations entre les bassins hydrographiques des deux grands fleuves de l'Afrique australe, le Congo et le Zambèze, et découvrir une route commerciale directe et sûre entre les colonies commerciales d'Angola et de Mozambique. Pour résoudre ces questions, les explorateurs partirent de Mossamédè^ se dirigèrent sur Huilla, et firent d'abord des études importantes dans la vallée du Cacolovar, entre ce point et le Cunéné. Ils traversèrent ce fleuve à Quitévé pour s'avancer vers l'est, par une région inexplorée jusqu'ici, dans la direction du Coubani^o,
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puis ils firent une diversion vers le sud pour étudier le cours de cette rivière jusqu'à Moucousso. Ds essayèrent d'en faire le lever, mais ils furent bientôt obligés de renoncer à ce projet, par suite des difficultés que leur causèrent soit les rives de ce cours d'eau, soit la fuite d'une partie de leurs porteurs. Se dirigeant alors vers le haut Zambèze, ik traversèrent le territoire de Lovalé et atteignii*eut liibonta, sur la route que suivent les trafiquants qui, du Bihé, se rendent au Zambèze supérieur. De Libonta ils cheminèrent le long de la rive gauche du Zambèze jusqu'au confluent du Cabompo, un de ses principaux tribu> taires, dont ils suivirent la rive droite jusqu'à la ligne de partage de^^ eaux entre les deux bassins, du Zambèze et du Congo, au delàr de laquelle ils rencontrèrent les sources du Loualaba, un des afiluents les plus considérables du Congo. Après avoir déterminé la position de ces sources, ils continuèrent leur exploration en suivant la ligne de faîte des deux bassins jusqu'à la résidence de Muchiri, roi de Garanipa^ja. Cette partie du voyage fut des plus pénibles pour les explorateurs: éprouvés par les rigueurs de l'hiver, par la mort de porteurs succombant à la faim et à la fatigué, parla peite de marchandises d^échanges, ils furent encore contrecarrés dans leurs recherches par Muchiri qui ne voulut pas leur permettre de se rendre à Cazembé, d'où ils auraient pu gagner le Tanganyika et la station de Karéma.
Ne pouvant se diriger vers le N.-E., ils se tournèrent au S.-S.-E. vers le Louapoula, dont ils déterminèrent le cours. D'après leurs observations il y aurait lieu de le reporter à 67 kilom. plus à l'est que ne l'indiquent les cartes actuelles. Sans doute leur détermination ne repose que sur des calculs de marche d'après leurs chronomètres, la lunette astronomique dont ils avaient fait usage entre Libonta et Garanganja n'ayant pu être employée au Louapoula ; mais leurs chronomètres, auxquels ils attribuaient d'abord la différence qu'ils avaient constatée entre les cartes et leurs observations, examinés à l'observatoire de Capetowa, furent re^nnus être en parfait état.
Ils suivirent le Louapoula sur une grande longueur, et ils se proposaient de faire la circumnavigation du Bangouéolo ; mais il eût fallu pouvoir construire des canots, ce dont leurs porteurs exténués étaient incapables, et leurs marchandises d'échange étaient presque épuisées. Se tournant vers le sud, ils s'avancèrent dsÊbs la région inconnue qui s'étend des bords du Bangouéolo au Zambèze, afin de trouver une rout^ qui mît en communication Garanganja avec Mozambique. Ils eurent à souffrir de grandes privations, par suite des ravages que la guerre avait
semés dans tout le territoire du Zambèze entre le Cafoué et Zoumbo ; «t après avoir réussi à atteindre cette ville, ils suivirent le coui'S infé- , rieur du Zambèze jusqu'à Quilimane. Es avaient déterminé en bien des points la ligne de partage des eaux entre les bassins du Zambèze et du Congo. Quant h la voie commerciale entre les provinces d'Angola et de Mozambique, elle devrait, d'après leurs indications, se diriger de Bihé par Lialui à Zumbo par le Cafoué, puis par Tété et le Zambèze à Quilimane ; elle aurait une longueur de 3000 kilom., mais serait en grande partie formée par des cours d'eau navigables, le Loungo-e-Ungo, le Cafoué et le Zambèze. Il faudra seulement s'assurer par de nouvelles explorations spéciales quelles sont les parties de ces divers cours d'eau qui sont réellement navigables.
D'après la carte publiée par le journal -4.5 Golonias Portugiiezas, le Cottbang^o serait un affluent du Zambèze, tandis que, d'après Serpa Pinto, il serait le cours supérieur du Chobé \ qui forme le lac Ngami, bassin fermé dans une dépression du plateau, dont la Botletlé n'emmène les eaux au Makarikari que dans la saison où les pluies tombent en abondance dans la partie occidentale du bassin, tandis qu'il lui rapporte les eaux du Makarikari lorsque les pluies régnent dans la région orientale. — La carte des explorateui's portugais présente le Baug^ouéolo comme formant deux lacs, l'un, de ce nom au nord, et l'autre au sud, . le Bemba, au bord duquel est mort Livingstone. Les différences de forme données au Bangouéolo parles divers explorateurs, Livingstone, Giraud, Capello et Iveus, ne provienneat-elles point du fait que le fond de ce bassin étant très marécageux, suivant qu'il est visité à la saison des pluies, pendant que les eauî baissent, ou à l'époque où elles sont le plus basses, la nappe d'eau recouvre tout le fond du bassin, ou ne s'étend plus que sur une partie restreinte, ou même forme deux lacs distincts dans les dépressions les plus profondes du bassin *.
Tandis qu'on attendait en Italie le retour de Jacques de Brazza •et d'A. Pecile» la famille de ce dernier a reçu une lettre écrite de Madiville, le 27 juin, annonçant le départ des deux voyageurs pour une nouvelle exploration au nord de l'Ogôoué, à travers des pays inconnus, mais qui, d'après les renseignements des indigènes, seraient habités
' Voy. la carte, III" année, p. 64.
' A la dernière heure nous arrivent de nouveaux documents qui nous fournistaent des détails plus complets sur cette expédition. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro.
par des populations d'humeur douce et pacifique. L'état excellent de leur santé a engagé les voyageui-s à entreprendre ce nouveau voyage pour compléter leur mission scientifique. Dans une lettre précédente, M. Pecile annonçait que leur retour en Italie avait été retardé par l'emballage de soixante caisses destinées à l'Europe. Ils attendaient à Madiville le départ d'un convoi pour le bas Ogôoué, et l'arrivée du comte Pierre de Brazza, qui devait remonter l'Ogôoué avec deux cents hommes du Loango destinés au service des stations de l'intérieur.
La Epoca, de Madrid, annonce que M. José Montea de Dca, commandant de la station navale de Fernando-Po, a fait un voyage aux îles Elobey, d'où il a passé sur le continent et a remonté la rivière Muni, puis il est entré dans le ]%'aya, qu'il a parcouru jusqu'à une distance assez considérable dans de petits canots du pays. Les districts par lesquels il a passé ont tous été annexés, sur les deux bords des rivières, et des traités ont été conclus au nom de l'Espagne avec les chefs des diverses tribus indigènes. M. Montes de Oca se proposait de franchir les monts de Cristal et d'atteindre la rivière Benito ; mais comme les indigènes de la côte ne sont pas en bons rapports avec ceux de l'intérieur, ils n'ont pas osé l'accompagner, de sorte qu'il s'est vu obligé de travei*ser les hautes terres qui séparent le Naya de l'Outombouy pour gagner directement le Benito. M. Montes de Oca est accompagné du docteur Osario, de la Société des Africanistes, et de cinq Cubains, qui sont partis comme volontaires de Fernando-Po ; ils ont une troupe de 80 à 100 indigènes, pour transporter le matériel et les bagages de l'expédition.
Pour prévenir un de ces sacrifices humtins qui accompagnent encore d'ordinaire les grandes fêtes préparées par le roi du Dahomey, les autorités portugaises du golfe de Guinée ont offert à ce souverain de lui acheter 1200 prisonniers de guerre qui devaient être prochainement mis à mort. Le roi ayant accepté l'offre, un navire portugais a embarqué ces malheureux et les a transportés à St-Thomas, « comme hommes libres » dit un correspondant de Lisbonne à V Indépendance belge, a engagés par contrat, pour une période de trois ans, pour travailler dans les plantations de l'île ». La question des travailleurs enf^ag^és pour St-Thomas a déjà, à plusieurs reprises, provoqué les réclamations des philanthropes qui y voient un esclavage déguisé '. Dans le cas actuel, si le rachat de ces 1200 victimes fait honneur au Portugal, il importe
' Voy. IV* année, p. 198 et 229.
qu'il apparaisse exempt de tout intérêt national, et que ment de Lisbonne ne puisse pas être accusé de les ayoii profit de sa colonie, d'autant plus que l'argent payé au mey, pourrait éveiller chez d'autres chefe de cette régit s'enrichir de la même manière. I! se trouverait bien vit vendeurs, empressés de fournir au Portugal, pour tel oi faire dans ses tles, des centaines d'engagés soi-disant libn ves en réalité. Nul doute que le gouvernement portugais donner tous les renseignements désirables sur la situatioi engagés. A l'occasion de ce rachat il a été dit que le I obtenu de pouvoir établir son protectorat sur tout le litti ' mey dont le souverain abolirait la coutume des sacrifices li il faut attendre des renseignements complets avant de se ; la portée de l'acte intervenu entre les royaumes de Pi Dahomey, l'Angleterre, l'Allemagne et la France aya pavillons sur plusieurs points de ce littoral.
Au congrès régional des sociétés de géographie réunie M. Laplène, membre du conseil privé du Sénégal, a expos de la construction du chemin de fer de DakAP A travers le Cayor. Grâce à cette voie feiTée, le Cayor a et l'exploitation commerciale a triplé et même quadruplé ; d qui font le service de France à Saint-Louis, reviennent ei un complet chargement d'arachides. Avant le chemin d( gènes ne cultivaient guère l'arachide ; les frais de trai énormes et ne disposaient guère les natifs au travail agric de transport étaient les Maures avec leurs caravanes moyen fort coûteux. Aujourd'hui, les facilités qu'offre le pour le transport, ont entièrement changé la situation, ( )a production des arachides dans des proportions toujours
NOUVELLES COMPLÉMENTAIRES
Le ministre français de l'instruction publique a chargé le D' Fi sinn scientifique dont le centre sera Obock. D^là l'euplorateur ét< cheg en Abyasinie, au Choa et au pajs des Somalis.
Pour prévenir le retour de catastrophes telles que les naufrai VAvet/ron,dAas les parages du cap Guardafui, oij règne un courao non indiqué sur les cartes anglaises et françaises, qui d'ailleurs i cord, le Congrès des sociétés de géographie réunies à Bergerac a
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le gouTernement français fit fàûre âne étude sérieuse de celte eôtepar une miasioi» hydrographique.
D'après une correspondance d'Aden au Temps, le gouvernement anglais fait préparer à Boulhar, à l'ouest de Berbéra, des logements pour y installer une garnison de soldats indiens. Plus rapproché de Hàrrar que Berbéra, Boulhar sera préféré à ce dernier port, par les caravanes venant du Harrar ; c'est pour cette raison que les Anglais veulent l'ouvrir au commerce européen.
La Société coloniale allemande de l'Afrique orientale a fermé l'entrée de se» possessions au nord et à l'ouest de Zanzibar à toutes les eaux-de-vie qui ne seraient pas destinées à l'usage médical ou à des usages industriels.
M. M'Ewan, qui avait succédé à M. James Stewart dans la construction de la route entre les lacs Nyassa et Tanganyika, est mort de la fièvre.
Le Charles Janson, destiné au service de la mission des Universités le long de la côte orientale du Nyassa, a été remonté. Le pays est troublé par les incursions des belliqueux Angones.
Le D' £. Holub a quitté Shoshong le 30 juillet. On craint que son voyage jusqu'au Zambèze ne soit bien difficile, l'eau étant très rare le long de la route, à cette saison, et les natifs ayant brûlé toute l'herbe des pâturages.
M. Sheppard, ancien juge dans la colonie du Cap, a été nommé administrateur des territoires be-chuana soumis au protectorat anglais.
La maison Lûderitz, qui avait promis aux missionnaires rhénans qu'elle ne débiterait pas d'eau-de-vie aux indigènes du Namaqualand et du Damaraland, a néanmoins fait arriver des barils d'alcool sur le territoire de la station de Barséba. Ses agents ont cherché à se justifier en disant qu'on s'était engagé à ne pas vendre aux indigènes l'eau-de-vie en détail, par bouteilles, mais nullement à ne pas la leur vendre en gros, par tonneaux ! Nous ne pensons pas que le Comité dea missions de Barmen accepte cette réponse de casuistes, qui pourrait faire douter de la sincérité des restrictions mises par la Société coloniale à l'importation de l'eau-de-vie dans les possessions allemandes de l'Afrique orientale.
Après avoir passé quelques mois à la côte, le missionnaire Arnot est reparti pour l'intérieur avec 40 nègres, comme porteurs de ses marchandises d'échange, et un jeune mul&tre, qui sait trois des langues des indigènes et pourra lui rendre de grands services comme interprète. Il ne savait pas encore s'il retournerait chez les Ba-Rotsé, où sa présence est moins nécessaire depuis que MM. Coillard et Jeanmairet sont arrivés sur le haut Zambèze.
Le chef de Baïlounda, Kwikwi, a fait écrire aux missionnaires américains expulsés de son territoire, qu'il avait été induit en erreur à leur égard par des Portugais, et qu'il n'avait rien à leur reprocher ; il les priait de revenir chez lui et de s'établir où il leur plairait. La tromperie dont il a été la victime le rendra prudent, et les missionnaires n'ont plus à craindre le renouvellement des violences passées.
L'expédition allemande du Congo, dirigée par le D'Wolf, a réussi à atteindre le Quango. Partie de San Salvador, elle a fait, pendant trois mois, une reconnaissance
du pays situé entre cette ville et le fleure. Le D' Wolf dut revenir à San Salvador, pour transporter tout son bagage à Kiamvou, avec les porteurs amenés de la côte du Loango par le D' Battner. Les lieutenants Kund et Tappenbeck ont remonté le Quango, avec le Peace mis à leur disposition par les missionnaires baptistes anglais, jusqu'aux premiers rapides, d'où il devaient faire le voyage par terre jusqu'à Kiamvou, pour s'y réunir à MM. Wolf et Bûttner.
A partir du !•' janvier prochain, l'État libre du Congo entrera dans l'Union postale.
Une expédition suédoise s'organise pour le Congo sous lès ordres de M. de Schwerin, professeur de géographie à l'université de Lund ; elle étudiera diverses questions de météorologie, de botanique et de minéralogie, ainsi que celle des débouchés que pourrait offrir, aux produits du Nord, le bassin du Congo.
Le D' Lenz, chef de l'expédition autrichienne envoyée à la recherche d'£min bey, du D' Junker et de Casati, est arrivé au Congo.
Les PP. Augouard et Paris ont atteint la station de l'Equateur, près de laquelle ils se proposent de fonder un établissement missionnaire. - Le Stanley a été remonté, et devait être prêt à partir le 18 septembre, avec sir Francis de Winton qui avait l'intention de continuer sa route en amont du fleuve.
Une commission franco-portugaise a été nommée pour délimiter les colonies portugaise et française près de l'embouchure du Tchiloango. Les délégués français sont MM. Laboulaye, ministre de France à Lisbonne, le capitaine de vaisseau O'^eill et le D' Bayol.
Le David WiUiamsony au service de la mission de l'église presbytérienne unie d'Ecosse, a remonté le vieux Calabar jusqu'au point où le capitaine Beecroft l'avait remonté en 1842. L'ingénieur, M. Ludwig, aurait désiré tenter de franchir les rapides qui empêchèrent VEthiope de remonter plus avant, mais un brouillard vint recouvrir la rivière, et l'obligea à renoncer à l'exécution de son projet.
La Société africaine allemande, qui avait pris l'initiative de l'expédition de Flegel au Niger et au Benoué, a cédé à la Société coloniale allemande toutes les acquisitions faites en son nom sur ces deux fleuves, moyennant remboursement des sommes dépensées pour ces achats. La Société coloniale enverra prochainement un délégué muni de pleins pouvoirs pour prendre possession de ces acquisitions, et la Société africaine allemande mettra gratuitement le Henri Barth à sa disposition.
La petite canonnière transportée à Bamakou a profité de la saison des hautes eaux pour faire la reconnaissance du Niger et en dresser la carte. Elle a poussé une de ses excursions jusqu'à Segou-Sikoro, capitale du sultan Ahmadou.
Le Maroc a cédé à la France l'oasis de Figuig, qui servait de refuge aux derniers partisans d'Abou-Amena et de Si-Sliman, lors des troubles dans le sud Oranais.
Le gouvernement allemand a demandé au sultan du Maroc l'autorisation d'établir des dépôts de charbon dans divers ports marocains ; un traité de commerce entre les deux nations est en préparation.
A l'occasion du conflit hispano-allemand relatif aux lies Carolines, la Deutsche
Koîanial Zeitimg a présenté comme base d'une entente sérieuse entre PAllemagne et PËspagne, l'établissement d'une station navale allemande aux fies Cbaffarines, possession espagnole sur la c6te marocaine ; elles offrent un des meilleurs porte du littoral africain.
EXPLORATION DU KASSAi
Par le lieutenant Wmsmann.
Nous n'avons pas encore le rapport de l'explorateur lui-même, mais nous ne voulons pas l'attendre pour présenter à nos lecteurs, d'après le Mouvement géographique, V Indépendance belge, le Temps, le Missionary Herald et les Oeographische Nachrichten, les faits les plus importants de ce voyage.
Ce fut le 28 mai que, laissant la station de Loualabourg * à la garde du charpentier Buschlag, constructeur des bâtiments et de toute une flottille de pirogues pour l'expédition, le chef de celle-ci commença la navigation qui devait nous révéler le cours du Kassaï. Le bateau en acier, le Patil Pogge, était accompagné d'une vingtaine d'embarcations, grandes et petites, transportant plus de 200 personnes, entre autres 4a nègres de l'Angola, engagés à Malangé, et 150 indigènes du Louba. dont 30 femmes et enfants. Pendant trois jours l'expédition descendit la Louloua, dans la direction du N.-O., sans rencontrer d'obstacles. Le quatrième jour on atteignit des rapides, par 5°, 16' lat. S. et 21°, 50' long. E.; le courant de la rivière étant très violent, et la plupart des indigènes n'ayant aucune pratique de la conduite des grandes pirogues, une de celles-ci chavira, et deux Ba-Louba furent noyés. Dès lors, la navigation jusqu'au Congo ne fut plus entravée par aucun obstacle, ni attristée par aucun nouvel accident de ce genre.
Le 5 juin les embarcations entrèrent dans le Kassaï qui, après sa réunion avec la Louloua, par 5°, 5' lat. S. et 21°, 5' long. E., prend un aspect grandiose ; son cours e5t parsemé d'îles pittoresques, ses rives sont bordées de forêts vierges d'une végétation exubérante. Les indigènes lui donnent, dans cette partie de son cours, le nom de ZaYré. Les Ba-Kouba en occupent la rive droite, et les Ba-Chilélé la rive gauche. Les indigènes de ces deux tribus accueillirent très favorablement les blancs ; chaque matin ils arrivaient en foule au camp pour
» Voy. p. 175-176.
échanger leurs produits, ivoire et caoutchouc, coutre des cauries, des perles ou du cuivre. Le8 forêts qui s'étendent le long du Kassal et de la Louloua, doivent renfermer des richesses considérables ^n caoutchouc, car cette matière est d'une abondance extraordinaire dans cette ' Le pays est également riche en gibier.
Eu descendant le Kassaï, la première découverte importante l'expédition fut celle de l'embouchure du Sankourou, qu'ellt gnit le 16 juin, par 4°, 20' lat. S. et 20°, 25' long. E. Jusqu'ici, c d'eau était indiqué sur les cartes comme formant le cours iiifér Loubilache, traversé en 1881 par Pogge et Wissmann, par 5" environ, et se jftant dans le Congo par V,30' lat. N. La découv Wissmann montre que, du point où il avait traversé le Sankou cours d'eau se dirige à l'ouest, pour se jeter dans le Kassal, ai apporte un tribut considérable, par deux bras mesurant, l'un 250 1 l'autre 300 mètres de largeur. Au dire des indigènes, son coui nulle part entravé par des obstacles ou des rapides, ce qui au| considérablement la longueur des voies navigables de cette pa l'Afrique centrale '.
Au delà du confluent du Sankourou, le Kassaï, au lieu de se vers le nord, comme l'indiquaient toutes les cartes, continue sa droit vers le N.-O. ; sa largeur augmente et atteint par places .SOOO mètres. Le pays est extrêmement peuplé ; il est habité Ba-Dinga. Un de leurs principaux chefs fit à Wissmann et à si pagnons l'accueil le plus empressé ; ses sujets suivirent son exen le camp ne ce^sa d'être entouré d'une foule sympathique, très pi et fort désireuse de trafiquer. Le 20 juin, l'expédition reconnui rive gauche, par 4°, 25' lat. S. et 20^,5 long. E-, l'emboucbu nouvel affluent d'une quarantaine de mètres de large, apport Kassal une eau rougeâtre, vraisemblablement le Louchico ré Loangé, que Schùtt traversa en 1878, par 7",30' environ lat. S, embouchure il porte le nom de Temba.
En aval, les voyageurs rencontrèrent les Ba-Ngodi, qui i firent pas un accueil moins empressé que les Ba-Dinga. Lo: apprirent que l'expédition avait un but pacifique, ils l'escortèrei leurs canots avec des démonstrations de joie ; leur chef, Gina-D arbora même sur son village le drapeau de l'Association internai
' D'après une correspondance du Congo du 14 septembre, il eii$t« rti une ligne de partage des eaux entre le Kassal et le Ronki.
voisioage. Aussi Wissmann s'entoura-t-il de toutes les précautions nécessaires, lorsque le 21 juin, il établit son camp près du premier village ba-koutou, par 3°,45' let. S. et 19°,20' long. E. La journée ne se passa pas trop mal; seules, les femmes se montrèrent a^arnées, gesUculant, jurant, se frappant la poitriue, et maudissant les étrangers avec des expressions de bestialité iuoule. Le lendemain matin, ce fut le tour des hommes qui, encouragés sans doute par le calme et l'indifféraice atTectée du personnel de l'expédition, attaquèrent le camp par t^re et par eau, avec une grande impétuosité et en poussant des cris de victoire, se réjouissant de la proie que leur promettait la chair des blancs. Heureusement l'attaque fut repoussée ; les Ba-Koutou devinrent plus prudents et se tinrent à distance.
Dans cette partie de son cours, le Kassal se rétrécit mais augmente de profondeur. La forêt vierge disparaît, la population devient très deuse; toutetbis il n'y a point de commerce; le seul produit que l'on rencontre' est le cuivre.
Le l'' juillet, la préseace d'un fusil, et quelques lambeaux d'étoffe entre les mains d'un indigène £a-Dima, indiquèrent qu'on approchait du Congo. Continuant sa course, la flottille arrivait le lendemain dans des parages oii le fleuve prend des proportions colossales, s'élargissaut parfois jusqu'à 9000 et 10,000 mètres; en même temps sa profondeur diminue; il est tout parsemé d'Ilots et de bancs de sable. Sur la rive gauche, l'expédition découvrit bientôt, par 3°, 15' lat. S, et 17', 50' long. E., l'embouchure d'un important affluent venant du sud, c'était le Quango. A partir de ce point, les indigènes étaient armés de fusils, mais ils étaient moins sauvages qu'en amout, connaissaient déjà les blancs ainsi que les bateaux à vapeur, et assuraient qu'ils possédaient dans leurs villages le drapeau bleu à étoile d'or.
Le 4 juillet, l'expédition reconnut, par 3° lat. S. et 17°,35' long. E., le confluent d'une rivière venant du nord, apportant au Kassal un important tribut d'eaux de couleur noirâtre; c'était le Mfini, l'émissaire du lac Léopold II, découvert par Stanley. Entre le confluent du Quango et celui du Mfini, le Kassal forme un vrai labyrinthe de lagunes et d'étangs, reliés entre eux par un réseau très compliqué de chenaux étroits, bordés d'une large et épaisse végétation d'ajoucs; le village de Mousyé domine le confluent du Mfini et du Kassal. En aval,
— S48 — ce dernier est désigné par les iudigëuea sou droite en est habitée et cultivée, taudis que. de vastes plaines peuplées de troupeaux d'é t'espace d'un quart d'heure, l'expédition en tout en descendant le fleuve, elle en comi hippopotames sont parfois si nombreux qu'il
Après quarante-trois jours de voyage, 1 moutb, sur le Congo, le 9 juillet. A son en 410 mètres de largeur; mais sa profondeur e blés.
M. Whitley, missionnaire baptiste de la fourni au Missionary Herald des renseig Louba arrivés avec l'expédition de Wissmann dit-il, « des types que nous avons l'habitude hommes sont grands, tatoués par tout le cor trices comme les Ba-Yansi, mais avec de 1 courbes comme les insulaires des Fidji. Ava geaient peu à leur vêtement, ne portant ( étroite, mais maintenant ils sont mieux vêi bonne façon, sont exemptes de tatouage, et < des gens gais, sociables et très curieux; j'en sieurs qui regardent ma plume par-dessus m< mes bottes ; se mirant dans ma glace, ils on' mêmes. Il est impossible de s'en défaire ; leuj ressentiment que pourraient provoquer les libi quoiqu'ils aient touché tous les objets qui i n'ont nen volé; cependant ils sont ici depuis t est près de ma demeure ; ils dansent, tamb( reusement, depuis 2 heures après midi jusq lendemain. Ils resteront ici encore quelque sous la conduite des blancs qui les ont ami chefs, mais le vrai souverain est uue sœur du à fait la tenue d'une reine. D'un geste de h fouie des Ba-Louba au milieu d'une danse e silence comme s'ils étaient instantanément p
Le rapport du lieutenant Wissmann seri en trois feuilles, dressée avec soin par le liei permettra de corriger les erreurs de la carto partie de l'Afrique équatoriale. Indépendai
lous fournit du cours du Kassal, elle révèle, mrg, uae voie navigable de 800 kilom., que
leroiit pas il remonter.