‹ L'Afrique explorée et civilisée;Chapitre 8 sur 38 · MADAGASCAR · texte numérisé non relu

MADAGASCAR

Nos lecteurs ne s'attendent pas sans doute à trouver, sous ce titre, un exposé des événements politiques dont les journaux quotidiens les entretiennent régulièrement. Supposant qu'ils désirent connaître un peu exactement le pays oîi se déroulent ces événement^s, nous avons pensé bien faire en résumant aujourd'hui en quelques pages, ce que Ton sait actuellement de l'orographie et de l'hydrographie de cette île, la plus

' Cette livraison est accompagnée d'une carte dans laquelle, comme dans l'article, nous avons adopté l'orthographe de la carte de M. A. Grandidier.

grande de notre globe après Bornéo et la Nouvelle-Guinée, et souvent appelée, à cause de son étendue, la Grande Terre, la Reine des côtes africaines. Pour cela, nous nous en tiendrons aux résultats fournis par les explorations les plus récentes, à partir de celles de M. Alfred Grandidier, de 1865 à 1870. Dans un prochain article nous tâcherons de dédommager nos lecteurs de Taridité de celui-ci, en les entretenant des ressources que présente Madagascar et de son ethnographie.

Avant les voyages de M. Grandidier, l'île avait été parcourue dans différentes directions par un grand nombre de voyageurs, mais peu d'entre eux avaient £a.it des observations exactes ou des relevés scientifiques des districts qu'ils avaient traversés. Au XVII"* siècle déjà, Flacourt en avait donné une description intéressante ; au milieu de ce siècle-ci Ellis en publia une plus exacte, mais encore bien incomplète. Les cartes surtout laissaient beaucoup à désirer, et semblaient ne reposer que sur les données fournies par Timagination de tel ou tel écrivain de renom. Aussi, dans une séance de la Société de géographie de Paris, & propos du Voyage à Madagascar de M. Leguevel de Lacombe, qui disait avoir traversé Ttle plusieurs fois du nord au sud et de Test à Touest, et décrivait ses voyages jusque dans les plus petits détails, M. Grandidier amusa-t-il beaucoup l'illustre société, en lui apprenant que M. Lacombe lui avait avoué n'avoir jamais quitté la côte orientale <. « D'après l'examen de son livre, »ajouta le savant explorateur, «jele crois volontiers ; c'est de sa pure imagination qu'il a tiré tous ses récits, auxquels les géographes ont accordé une confiance si absolue, que, jusqu'aujourd'hui, nos cartes de Madagascar ont été dressées d'après les données topographiques de son ouvrage.

U n'en est pas de même de celle de M. Grandidier, d'après laquelle a été dressée celle dont nous accompagnons cet article. Dans ses voyages, il avait traversé l'île dans une partie de la longueur, et, sur plusieurs points, dans toute la largeur. Dominé par l'unique ambition d'acquérir des connaissances nouvelles sur une région qui offrait tous les genres d'intérêt, et préparé par de fortes études à toutes les observations nécessaires, il ne visita pas une localité sans faire les opérations astronomiques et géodésiques propres à en fixer avec certitude la position géographique. Il traça la direction des cours d'eau, détermina la hauteur des montagnes, étudia le relief du sol, décrivit les aspects et la condition du pays. Pendant plus de deux années, il nota trois fois par jour la pression barométrique, et observa le thermomètre de façon à s'assurer des températures extrêmes. Partout dans ses excursions, il

recueillit les plantes et les animaux, et fit des découvertes qui lui permirent d'étudier plusieurs questions relatives à leur histoire. Ne négligeant aucun moyen d'information ou de contrôle, il a apporté à Tétude des races qui peuplent Madagascar un soin scrupuleux, et a répandu de nouvelles clartés sur les problèmes qui se posent à Toccasion des populations de la Beine des lies africaines.

Située àquelques centaines de kilomètres de la côte orientale d'Afrique, Madagascar s'étend dul2%12,au 25'',4ôlat. S., dans une direction N.-E. — S.-O., sur une longueur de 1600 kilom.; sa largeur est de 470kilom., ee qui lui donne une superficie de 590,000 kilom. carrés, qui, d'après M. Grandidier, dépasse de plus de 60,000 kilom. c. celle de la France. Sa ligne de contour est de 3,450 kilom. Les angles rentrants et sortants de sa côte occidentale correspondant à ceux du continent africain dont la sépare la vallée océanique dans laquelle coule le rapide courant dit de Mozambique, il semble qu'elle devrait être rattachée à l'Afrique. Cependant, malgré ces analogies, ni la structure géologique de l'tle, ni les types particuliers de sa flore et de sa faune ne permettent de la considérer comme une terre détachée du continent. Sans doute on n^en connaît pas encore à fond la géologie ni les règnes végétal et animal, mais ce que l'on sait de la richesse de ses espèces spéciales, au XK)int de vue botanique et zoologique, oblige à l'envisager comme un monde à part, reste d'un vaste continent disparu sous les flots, et dont les vestiges émergent encore dans les archipels des Comores, des SeycheUes, des Mascareignes, des Maldives et des Laquedives; d'après Wallace, Célèbes même, par ses espèces de mammifères, doit avoir eu des rapports avec Madagascar.

Si la côte occidentale a de nombreuses sinuosités, il n'en est pas de même de la côte orientale, baignée par le grand courant équatorial de l'océan Indien, qui vient butter avec violence contre l'île et se divise en deux branches dont l'une se porte au N.-N.-E., et l'autre, au S.-S.-O.; cette dernière imprime au cordon littoral formé par les apports des rivières de l'intérieur et des contre-courants, une direction droite, sans découpure aucune, de Foulepointe à Fort-Dauphin, sur une longueur de 600 kilom.

C'est aussi à la lutte constante entre l'eau douce et celle de l'Océan, qu'est due une des formations géographiques les plus caractéristiques de la côte orientale, nous voulons parler de la longue Ole de lagunes, qui s'étend le long du bord de la mer, sur plusieurs centaines de kilomètres. Un grand nombre d'entre elles ressemblent à des rivières cou-

rant parallèlement & la côte ; souvent elles s'étendent en vastes nappes d'eau et forment de grands lacs. La distance qui les sépare les unes des autres est si minime, qu'au moyen de canaux dont la longueur ne dépasserait pas en somme 50 kilom., on pourrait créer une voie navigable ininterrompue de 360 kilom. parallèle à la côte. Il est à présumer qu'un jour les besoins du commerce appelleront la création de cette communication, qui rapprochera des points de la partie orientale de l'Ile très éloignés les uns des autres. On utilise déjà ces lagunes ou ces lacs, de Tamatave à Andovoranto, d'oii le chemin, pour se rendre à Tananarivo, est beaucoup plus court. Les côtes septentrionales sont riches en havres excellents; en revanche les côtes méridionales, beaucoup moins découpées, n'ofirent qu'un petit nombre de baies et de rades ouvertes. Les deux baies les plus spacieuses sont celles d'Ântongil, au N.-E., et de Saint-Augustin, au S.-O.

A une très petite distance de la côte orientale, parfois même, comme dans le voisinage de la baie d'Antongil, dès le bord de la mer, commencent les montagnes. Avant les explorations de M. Grandidier, la plupart des cartes et la plupart des livres se plaisaient à présenter l'orographie de Madagascar sous la forme d'une chaîne de montagnes, qui, se tenant en équilibre à égale distance des deux mers, traversait l'île dans toute sa longueur et en constituait comme l'épine dorsale. L'erreur provenait du fait que, vues du bord de la mer, les montagnes apparaissent conmie une longue chaîne courant du N. au S., et que, comme M. Leguevel de Lacombe, les cartographes quittaient peu le rivage. Quoiqu'il en soit la chaîne, ou plutôt les chaînes qui frappent les yeux du voyageur à son arrivée à la côte orientale, ne sont point à égale distance des deux mers, et les parties orientale et occidentale de l'île n'ont nullement la même configuration de relief. D'après M. Grandidier* et les explorateurs venus après lui, il faut distinguer dans l'île deux parties essentiellement différentes, l'une orientale-septentrionale toute montagneuse, l'autre occid^^ntale-méridionale généralement plate.

Quant à la région montagneuse, le voyageur qui, débarqué sur la côte orientale, veut pénétrer dans l'intérieur, commence, dès le rivage, k gravir péniblement une chaîne de montagnes, qui s'élève graduellement jusqu'à une hauteur de 800" à 900". Il monte et descend tour à tour sans trouver nulle part le moindre espace de terrain plat, çà et là seulement, quelques étroits vallons, ou plutôt quelques ravins abrupts sil-

' Revue scientifique^ mai 1872.

lonnés par de petits torrents. De sa ligne de faite à la côte, cette chaîne peut mesurer une largeur de 100 kilom. ; elle paraît s'étendre de Yohemar à Fort-Dauphin, sur une longueur de plus de 1200 kilom., tantôt baignant son pied dans la mer, tantôt s'en écartant de quelques kilom., mais lui restant toujours parallèle.

En descendant le versant occidental 'de cette première chaîne, le Toyageur ne tarde pas à rencontrer, soit une vallée profonde, mais étroite (entre IS^'SO et 21 ''SO lat. S.), soit, plus au nord, un plateau assez large, dont la formation est due aux détritus et aux éboulis qui se sont accumulés dans une ancienne vallée, où les eaux n'avaient pas d'issue. Au delà, il gravit le versant oriental très abrupt d'une seconde chaîne granitique de la même longueur, qui s'élève à 400"" ou 500" plus haut que la première. C'est là que se trouve la ligne de partage des eaux entre les rivières qui se versent dans l'océan Indien et celles qui vont se jeter dans le canal de Mozambique, toutefois celles-ci ont un parcours trois fois plus long que celles de l'est, à l'exception toutefois du Mangoro et de son affluent l'Ounivé.

Mais de ce que cette arête supérieure forme la ligne de faîte de l'île, il ne faut pas conclure, qu'en poursuivant sa route, le voyageur descende graduellement vers la côte occidentale ; il a au contraire à traverser une région large de 140 à 160 kilom., dont le niveau général se maintient à une altitude moyenne de 800" à 1000", région toute montagneuse et tourmentée ; puis, tout à coup, il arrive, par une pente très rapide, dans une plaine qui n'a plus que 200" au-dessus de la mer.

Cette plaine qui est sablonneuse, peu accidentée, sillonnée en tous sens de petits ravins creusés par les eaux, ne mesure pas moins de 140 à lôO kilom. de largeur ; entre le 16"" et le 25'' lat. S., elle est coupée par l'étroite chaîne de montagnes de Bemaraha, qui n'a que 8 ou \0 kilom. de large. Plus à l'ouest, depuis le 2r, il existe une quatrième chaîne qui, à partir du 22"", forme avec la précédente un vaste plateau. Enfin, à l'est de ce dernier, la plaine susmentionnée est coupée, sous le 43'' de long. E. de Paris, par une cinquième chaîne, commençant aussi au 21'' pour se terminer au 23'' 30. Quant à la masse montagneuse centrale elle ne dépasse pas le 22" ; plus au sud, jusqu'à la mer, s'étendent de vastes plateaux secondaires, légèrement ondulés, et coupés de ravins creusés par les eaux.

Grâce aux pluies qui arrosent la côte orientale, le versant des montagnes qui regarde l'océan Indien est assez fertile. Jusqu'au haut de la première chaîne les pentes sont couvertes de belles plantes herbacées.

auxquelles succède une zone de forêts, qui, au sud de la baie d^Antongil, a jusqu'à 50 et 60 kilom. de large. Elle se développe du nord au sud en forme de ceinture, de manière à entourer rUe tout entière sur une longueur de 3000 kilom., tantôt suivant les contours de la côte, tantôt s'en écartant de plusieurs kilom. Du côté oriental de Ttle, elle se partage en deux bandes, entre lesquelles se trouve une étroite vallée d'environ 400 kilom. de long.

Les points les plus élevés de Ttle sont les pics d'Ankaratra, à i>eu près au centre du massif montagneux ; ils atteignent environ 2500" — TAmbohimirandrana, 2350"; l'Ankavitra, 2530"; le Tsiafakafo, 2540- ; le Tsiafajavona,2590".— De ce dernier sommet la vue s'étend sur tout le centre de l'tle, qui apparaît comme une mer de montagnes, sans arbres, sans arbrisseaux, ob des roches nombreuses se détachent au milieu d'une herbe grossière, qui n'est même pas très bonne pour le bétail , et qui ne sert guère que de combustible aux habitants du pays. Le bois manque dans la province d'Imérina; les gens riches seuls peuvent envoyer chercher des fagots dans la ceinture de forêts qui se trouve à sa limite orientale. L'herbe sèche elle-même atteint des prix élevés à l'époque des pluies.

Sur une très grande étendue de cette partie de Madagascar est déposée une argile rouge, d'ob émergent des roches de granit et de basalte, auxquelles on reconnaît l'action volcanique à laquelle est dû le soulèvement du centre de l'île. Les missionnaires Campbell, Sibree, MuUens en ont signalé les traces dans le massif d'Ankkratra, autour du lac Tasy . Voici en particulier comment Mullens décrit les montagnes situées à l'ouest de ce lac * :

« Lorsque nous les eûmes gravies, nous filmes surpris de voir tout à CQup devant nous quantité de cratères, les uns d'une grandeur énorme, d'autres petits, quelques-uns de forme conique, d'autres en forme de fer à cheval, tous ayant de grandes coulées de lave. Il y en avait au moins 40 ; très vraisemblablement il en existe d'autres plus au nord ; nous en avons rencontré à 80 kilomètres au sud du lac Tasy. Nous fimes l'ascension de l'Ivoko, montagne de forme arrondie, à 300 mètres au-dessus de la plaine ; arrivés au haut, nous découvrîmes un cratère dont l'ouverture avait 250 mètres de large; deux coulées de lave se dirigeaient, l'une au sud, l'autre à l'ouest ; au pied se trouvaient trois petits cratères, et tout autour de nous d'autres cratères d'une grandeur

' Proceedings of the Roy. geog. Society, 1875.

considérable. Tout auprès s'élevait, à Test, un autre volcan éteint, au delà duquel s'étendait une plaine de 1€00 mètres, couverte de débris de lave. En somme, sur un parcours de 144 kilomètres, nous comptâmes une centaine de volcans éteints, sans parler du massif d^Ankaratra. »

U en résulte qu'une grande partie de la région montagneuse de Madagascar est nue et a un aspect triste. Les collines, allongées en forme de vagues, ne sont couvertes que d'une herbe grossière, qui' brunit vers la fin de la saison sèche. Entre la rivière Sakay, limite occidentale de PImérina, et le pays des Sakalavas, les missionnaires Sewell et Pickersgili eurent à traverser une vaste plaine, oti cette herbe atteignait une hauteur qui rappelait celle des prairies de l'Amérique du nord ; elle dépassait la tôte d'un homme et opposait un grand obstacle à la marche des explorateurs. Les rares habitations de ce district ne consistaient guère qu'en postes militaires échelonnés de distance en distance, dans le voisinage desquels se trouvaient d'immenses enclos pour bêtes k cornes, avec de misérables huttes occupées par des gardiens. Dans certaines parties de ce territoire, ils renconttërent de grands troupeaux de bestiaux à l'état sauvage et des quantités de pintades.

En revanche, les dépressions des vallées offrent souvent une végétation tropicale luxuriante et, partout où le pays est habité, la verdure éclatante des champs de ria. Le missionnaire Shaw l'a constaté dans la grande plaine du Bara au sud et au sud-ouest de la province de Betsiléo; et les Bev. Sibree et Street ont trouvé» au sud-est de Madagascar, des arbres d'une grande hauteur et d'une circonférence énorme; les fougères y atteignent de très grandes dimensions et ont un feuillage al)ondant. En général les paysages revêtent un caractère de grandeur, qui provient du fait que la vue dont on jouit d'un grand nombre de points de l'Ile est extrêmement étendue ; l'air parfaitement serein permet de distinguer les objets les phis éloignés. Plusieurs des parties de la région montagneuse sont très pittoresques. MM. Sibree et Street ont trouvé, chez les Antanalas et chez les Antalmoros du sudest de l'île, des vallées entourées de montagnes' boisées jusqu'au sommet, h une hauteur de 1200 mètres; de nombreuses cascades tombaient de rochers à pic; l'une d'elles pouvait avoir de lôOà 200 mètres de hauteur.

Au moyen d'observations barométriques on a pu constater, sous la latitude de Tananarivo, une dépression assez importante de la partie centrale. De tous côtés les bords du plateau sont sensiblement plus éle»

vés que le pays qu'ils entourent ; eu plusieurs endroits ils atteignent de 1200 mètres à 1600 mètres. Un grand nombre de rivières franchissent la barrière rocheuse orientale par des gorges profondes, et descendent à la mer en formant des séries de rapides ou de petites chutes ; d'autres, comme le Matitanana, tombent en cataractes énormes. Plusieurs des tributaires du canal de Mozambique forment aussi de grandes cataractes; c'est le cas de la Mania, dont on entend, dit-on, le bruit d'une distance de 60 à 80 kilomètres (?).

La rivière la plus considérable de la côte orientale est le Mangoro, dont le cours a environ 400 kilomètres; elle prend sa source dans les montagnes qui séparent le plateau d'Ankaye de la vallée d'Antsihianaka. Elle parcourt d'abord avec lenteur le plateau dans toute sa longueur ; là elle pourrait être navigable, mais les cascades qu'elle forme en coupant la chaîne cÔtière,et les rapides de son cours inférieur s'opposent à ce qu'elle serve jamais dévoie de communication pour remonter dans Tintérieur. Du reste aucun des cours d'eau de ce versant n'est navigable, même pour les plus petites pirogues, au delà de 12 à 15 kilomètres de la côte.

En revanche, parmi les affluents du détroit de Mozambique, plusieurs sont navigables jusqu'à 50 ou 70 kilomètres de leur embouchure. Le Betsibokà, le plus grand des cours d'eau de Madagascar, l'est même bien davantage : les boutres des Arabes et les pirogues des indigènes peuvent le remonter jusqu'à son confluent avec l'Ikiopa, navigable lui-même sur un parcours de plusieurs journées. On croit que, de la baie de Bombétok, où il se jette dans la mer, des vapeurs d'un faible tirant d'eau pour<raient remonter jusqu'à 145 kilomètres de l'embouchure. Le Tsijobonina est également navigable pour des pirogues jusqu'au pied du grand massif granitique central; le Mangoka aussi l'est dans une partie de son cours inférieur.

Le système hydrographique de Madagascar est complété par des lacs, les uns salés, comme le Manampétsouté, chez les Mahafalys, et le lac Otry, chez les Antifiherenanas; les autres, d'eau douce, par exemple le lac d'Alaotra, de 42 kilomètres de long sur 6 à 7 kilomètres de large, dans la province d'Antsihianaka, le lac Tasy, de 13 kilomètres de long, dans la province d'Imérina, et le lac Imanda, au nord du Tsijobonina.

(à suivre.)

BIBLIOGRAPHIE '

A l'est kt a l'ouest dans l'Océan Indien, par Charles Courret. Paris (Chevalier Maresq), 1884, 374 p. avec gravures et carte, Fr. 5. — M. Courret a fait, à quelques mois d'intervalle, deux voyages dans rOcéan Indien. Le premier, dont le récit occupe une centaine de pages, a été accompli avec la mission Wallon dans Ttle de Sumatra ; le second Ta conduit sur la côte orientale de l'Afrique.

Lorsqu'en 1881, on lui proposa une expédition au Zambèze, sa santé ébranlée par les fièvres de l'Archipei indien lui défendait de l'entreprendre ; mais le goût des explorations lointaines l'emportant sur tous les raisonnements, il partit avec quelques ingénieurs et chercheurs d'or, à la tête desquels se trouvait M. Palva d'Andrada. Il s'agissait pour eux d'étudier les ressources, et particulièrement les richesses minérales du bassin inférieur du Zambèze.

L'expédition fit escale à Zanzibar, toucha à Nosi-Bé, à Mozambique, et débarqua à Quilimane, d'oii elle pénétra dans l'intérieur. Remontant le Zambèze, elle passa par Mopia et Senna, traversa les gorges profondes de Lupata, et arriva, après des aventures diverses, à Tété, le point extrême qu'elle comptait atteindre. Des détachements qui explorèrent le Macanga, au nord de Tête, et le Manica, au sud, pour en étudier les gisements aurifères, constatèrent que les exploitations étaient à peu près arrêtées partout, et que la teneur des sables en or ne dépassait pas un demi-gramme par mètre cube.

Ce n'était pas ce qu'on attendait, aussi M. Courret ne conseille-t-il pas aux colons de se faire mineurs ; néanmoins il les engage fortement à se porter vers la Zambézie, qui est, dit-il, plus saine et plus riche que la côte occidentale de l'Afrique, et il appuie son dire, non seulement sur une étude approfondie des productions de la contrée, mais sur des statistiques commerciales puisées aux meilleures sources. Il croit que ce pays se relèvera, dès que le Portugal fera cesser des abus criants, pour adopter une politique coloniale juste et sage. Quoi qu'il en soit, tout le monde profitera de la lecture de ce livre, vrai cours sérieux, pratique et attachant de géographie commerciale.

Carte de l'Afrique equatoriale entre le Congo et L'OaÔoui:, dressée d'après l'état des dernières explorations, à l'échelle de Vidoooooi par le D' Joseph Chavanne. Bruxelles (Institut national de géographie), 1884.

* On peut se procurer à la librairie H. Georg, à Genève et à Bàle, tous les ouvrages dont il est rendu compte dans V Afrique explorée et cmlisée.

Fr. 3,50. — Cette carte qui s'étend de ré(iuateur au 7** lat. sud, reproduction développée et complétée du croquis du cours infériei Congo, publié il y a peu de temps par l'Association internationale caine'. Son échelle au Vsoooooo ^ permis d'y faire figurer les itinéraii douze explorateurs et les stations de T Association, ainsi que celles missions catholiques et protestantes.

Les documents que nous fourniront les nombreux voyageurs qui courent actuellement cette région, permettront de dessiner avec d'exactitude le réseau des rivières et des montagnes ; il faut es] entre autres que Stanley communiquera prochainement les résull complets de ses expéditions aux lacs Léopold II et Mahumba, qui explorés, le premier, en avril 1882, le second, en mars 1883, et dont contours sont encore indiqués sur la carte du D'Chavannepar des li| ponctuées. En revanche la vallée du Quilou-Niari, parcourue récemm^ par les. agents de Stanley, commence à se couvrir de villages surtout de stations aux noms tout européens : Rudolphstadt, Baud< ville, Stanley-Niadi, Stéphanieville, etc. A gauche, le Niari, désigné s< le nom de Niadi, est bordé par les monts Strauch.

La nouvelle publication' de M. Chavaune est une excellente d'étude qu'il ne tardera pas à compléter lui-même, puisque c'est Congo qu'il partira, pour entreprendre, dans la direction du nord, voyage à travers la partie la moins connue de l'Afrique équatorialel

Voyage a Madagascar, par J.-L. Macquarie. Paris (E. Dentu), Il in-12, 435 pages, avec illustrations de L. Houssat. 4 fr. ; 2""* édition. Ouvrage d'une lecture facile et attrayante. Narration d'un voyage é^ demment fictif accompli par deux amis, Trottet et Rozan, de Marseii à la Béunion et à la Grande Terre. Séjour à Tamatave, excursions long du littoral, départ pour Tananarivo, qui est décrite en détail, enj voyage à la côte occidentale et retour à Tamatave ; voilà le cadre rédt dans lequel l'auteur a su placer, chemin faisant, une étude Madagascar, au point de vue physique et politique, et un résumé rhistoire des Hovas et de leurs luttes contre l'influence française, qu'i conduit jusqu'aux événements récents.

* D'après le MouvemefU géographique, qui noas arrive à la dernière heur^ l'Institut national de géographie de Bruxelles a chargé le D' Chavanne de leve^ la carte du Congo depuis son embouchure jusqu'à Stanley-Pool, puis de cherchai à résoudre, dans une exploration de découvertes, le problème du lac Liba. Arriv4 à Boma, à l'embouchure du Congo, le 23 avril, il a entrepris sans tarder ses opé^ rations topographiques. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro.

BULLETIIi MENSUEL {4 aoiit 1884)'.

Le journal italien Marina e Cammercio annonce que les adhésions au projet de voyage autour de l'Afrique, élaboré par la Société mUanaise d'exploration commerciale, de concert avec la Société de navigation générale italienne, sont assez nombreuses pour permettre d'espérer que ce projet s'exécutera. Le bateau à vapeur destiné à cette expédition, VAfrica^ est un navire des plus solides et supporte parfaitement les mers les plus grosses. Le départ aura lieu de Gènes et de Naples, les premiers jours de septembre. Si ce voyage réussit à la satisfaction générale, les deux sociétés sus-mentionnées se proposent d'organiser, pour Tannée prochaine, un voyage sur le Congo, partie par eau, partie par terre, d'accord avec l'Association internationale de Bruxelles. Les stations de celle-ci étant ouvertes à tous, Tétude sur place du commerce actuel de cette région ne peut être que très utile aux jeunes gens qui se destinent au négoce.

Les renseignements qui nous sont parvenus ce mois-d, sur le Soudan en général, et sur la situation de Khartoum et de Gardon» sont trop contradictoires, pour que l'on sache au juste si cette ville a eu le sort de Berber, ou si son défenseur tient encore tète aux troupes du Mahdi.

L'Angleterre qui a assumé la responsabilité de la protection de rÉgypte proprement dite et de l'évacuation des garnisons égyptiennes du Soudan, a su se servir du roi d'Abyssinie pour délivrer la garnison égyptienne de Kassala ; il est vrai que c'est au prix de l'autorisation donnée au Négous d'occuper cette ville, de la restitution à l'Abyssinie du pays des Bogos vainement réclamé jusqu'ici depuis que Munzinger l'avait annexé à l'Egypte en 1874, et de l'ouverture du port de Massaoua au libre commerce. L'Abyssinie va rentrer en communication directe avec les pays civilisés, et l'Angleterre qui, par le nouveau gouverneur de Massaoua, M. Mason, tient la clef de ce port, ne perdra rien à avoir ouvert à son commerce ce débouché vers les États du Négous, non plus qu'à avoir renoncé à s'établir elle-même à Massaoua. En efifet, elle a pris pied à Berbera afin d'assurer, dit-elle, la continuation des approvisionnements que la garnison d'Aden tire de cette partie des possessions

* Les matières comprises dans nos Bulletins mensuels et dans les Nowvdles complémentaires y sont classées suivant -un ordre géographique constant^ partant de rAlgérie, puis allant à TEst, longeant ensuite la côte orientale du continent et revenant par la côte occidentale.

L'AFRIQUE. — CINQUIÈME AKXÉE. — N** 8. 8

égyptiennes. Quand les troupes du khédive seront retirées de la province de Harrar, l'autorité sera-t-elle remise purement et simplement aux chefe locaux, ou bien ceux-ci ne passeront-ils pas sous ceUe du gouvernement auquel ils devront leur restauration et la sécurité que r Angleterre leur garantira contre leurs adversaires extérieurs ? ^v' D'après des dépêches du 16 juin parvenues au gouvernement italien,

Bi»nchi, parti à la fin de mars de Mekallé, pour s'ouvrir une voie directe, de l'Abyssinie à la côte, dut bientôt retourner sur ses pas, par pr suite de la défection de ses serviteurs et de son escorte. Arrivé à S'Kel, il

;> y réorganisa une nouvelle caravane de 30 chameaux, et en repartit le

^ . 30 avril, se dirigeant vers le pays des Danakils. Dès lors, sur une dépè-

che d'Aden, du 4 juillet, le bruit s'est répandu que le chef de Texpédition et ses gens seraient morts de soif entre la Plaine du Sel et Zoula, dans la direction de Massaoua. On comprend l'appréhension des amis de l'explorateur, et l'importance que le gouvernement italien met à obtenir des renseignements précis, sur la source de cette nouvelle apportée à Aden par le commandant d'un navire anglais. M. Luccardi, consul italien à Massaoua, envoie des dépèches rassurantes, mais les amis de Blanchi et le gouvernement ne sont point rassurés. Le Castelfidardo a été envoyé à Massaoua, pour recueillir des informations précises.

Des bruits fâcheux ont couru sur les rapports des indigènes danakils avec le personnel de la colonie d'Aasab. D'après VEsploratore, les habi- ^ tants de cette possession italienne ont dû envoyer à Bome une protesta-

tion contre la prise, par les Danakils, de la ville de Margableli \ d'où les gardes italiens auraient été chassés, un puits fermé, des chevaux volés aux salines. Le comte Antonelli a dû arriver à Assab, oti il veillera sans doute à ce que les traités conclus avec Mohamed Anfali, avec le sultan de Rahelta, et avec Abderaman, conducteur de caravanes, soient mis à exécution, pour que les établissements de la colonie ne souffrent aucnn dommage. Mais VEsploratore ne cache pas son impression que la situation d'Assab est devenue mauvaise, par suite de l'excitation qu'ont produite les événements du Soudan parmi les tribus mahométanes qui l'avoisinent. Margableli, à quatre lieues du port d'Assab, est le centre le plus peuplé de la colonie ; les salines n'en sont éloignées que d'une lieue. Pour être encore latent, le péril n'en existe pas moins, et pourrait un jour ou l'autre prendre de sérieuses proportions. Néanmoins le gouvernement italien fait son possible pour améliorer les conditions d'Assab;

* Voir la carte, IV"* année, p. 352.

UD port et un phare vont y être construits, pour lesquels une somme de 625,000 francs a été votée (écemment par la Chambre des députés de Rome; mais peut-être le gouveraement devra-t-il prochainement agir d'une manière énergique, pour garantir la sécurité de ses ressortissants contre les agressions des indigènes du voisinage.

Jusqu'ici le courant commercial que les Italiens ont cherché à établir entre Âssab, TAbyssinie et le Choa, par le pays d'Aoussa, se réduit k fort peu de chose. Les caravanes continuent à suivre la route ordinaire qui aboutit à Tadjoura et à Obock. L'extension des colonies françuses en Orient donne à cette dernière localité une grande importance, puisque'C'est le seul point où les navires français, obligés jusqu'ici de relâcher dans les ports anglais, pourront désormais Ëaire du charbon et des vivres en toute sécurité. Le gouvernement a nommé pour Obock un commandant qui aura avec lui un interprète, un médecin et un poste de garde numériquement restreint. Des travaux seront exécutés pour faciliter aux uavires l'entrée du port et le débarquement. L'eau douce peut être facilement recueUIie, une grande partie du terrain, Uvrée k la culture, et la prospérité commerciale de la petite colonie, assurée par réchange, sur son marché, des produits du Choa avec ceux de l'Europe.

Quoique les détails manquent encore sur l'expédition de H. J. Thomson' au lac Victoria Nyanza, k travers le pays des Masal, on peut déjà dire qu'elle a été accompagnée du même succès qui avait couronné celle aux lacs Nyassa et Tanganyika. En attendant le rapport de l'explorateur lui-même, voici le télégramme que sir John Kirk a envoyé, de Zanzibar, k la Société de géographie de Londres. H Thomson quitta Taveta, au pied S.-E. du Kilimandjaro, en juillet de l'année dernière, en compagnie d'une caravane de Pangani; se dirigeant vers le nord, et passant le Rombo, il atteignit le pays des Masal, et traversa les tributaires du lac Tsavo, dans leur cours supérieur. A partir de là, sa route tourne vers le N.-O., k travers une grande plaine de sable, lit d'un lac desséché dont le lac Ngiri est un reste. Le 19 août il était & Dœnyo Erok, oli il rencontra les Masal ; ils étaient nombreux, mais la caravane étant considérable ils ne l'inquiétèrent point. Là il quitta la plaine sablonneuse pour entrer dans le district de Kaptel, pays beaucoup plus accidenté, s'élevant graduellement jusqu'à former un

' Le temps nous manquant pour faire dreaeer une carte de cette expédition,

nous renvoyons nos lecteurs & celle dont les Proceediitgs de la Société de géographie de Londres ont accooipagiié la publication du lâlégrarame de sir John Kirk.

platean de formation volcanique avec des cônes éteints. Le 5 septembre il arriva à Ngougoabag, près des sources de TAdhi, par I"" 22' lat. S., et 34'' 12 long. E. de Paris, à une altitude de 1800", et à la limite méridionale du district de Kikuyu.De là il gagna l'extrémité septentrionale du lac Naïvasha, par 0'43' 30" lat. S., et 33*44' long. E.; ce lac est situé dans une vallée en forme d'auge, qui s'étend jusqu'à un degré au nord de Téquateur, partage le plateau, et renferme en outre les lacs Nakolo et Bahringo, et beaucoup de sources. II visita, au sud du lac Naïvasha, le Dœnyo Susiva, magnifique volcan de 2600" de hauteur, et le Bouri. Id les Masal, très nombreux, cherchèrent à inquiéter la caravane, cependant il n'y eut pas de combat. Thomson envoya un de ses hommes, un matelot maltais nommé Martin, avec la caravane de Pangani, au lac Bahringo, pendant que lui-même se rendait avec trente hommes sur un plateau du Kénia, h une altitude de 2600", où il traversa la Settima. L'extrémité septentrionale de la chaîne de montagnes a 4000" de haut; le voyageur atteignit la base du mont Kénia par O^'S' lat. S.; la montagne semble être un simple cône, égal en hauteur au Kilimandjaro; c'est un pic aigu, neigeux et volcanique, sous O'^IO' lat. S., et 34*25' long. E. De là il se dirigea vers le lac Bahringo, ob il retrouva Martin; la caravane de Pangani s'était rendue plus au nord. L'extrémité sud du lac est par 0°28' lat. S., et 33°27' long. E., à 1850" d'altitude. Continuant sa marche dans une direction S.-O., il traversa les monts Likamasia, qui ont 2600" de hauteur, puis le plateau de Quasingishou, et arriva, par une pente douce, à travers une plaine sans arbres, à Kavirondo, sur la côte orientale du Victoria Nyanza. De là, avec quelques hommes, il longea cette côte jusqu'à l'endroit où le Bahrel-Abiad sort du lac, puis, revenant sur ses pas jusqu'à Kwasoundou, il poussa une pointe jusqu'au mont Ligonyi (4600"), où il trouva des grottes artificielles magnifiques qui servent d'habitations aux indigènes. Lancé en l'air par un buffle, sur la route qui mène au lac Bahringo, il fut grièvement blessé. Redescendant alors vers le sud, il atteignit de nouveau le lac Naïvasha, au bord duquel il fut retenu deux mois au lit par la dysenterie. Enfin il revint à Mombas par Ngougoabag, l'Oulou et l'Oukamba. » Ainsi le pays si redouté des Masaï a été enfin traversé par un Européen, sans aucun conflit avec les indigènes; la position du sommet neigeux du Kénia a été déterminée, le mystère du lac Bahringo résolu, et la chaîne de montagnes, du Kénia au Kilimandjaro, avec ses volcans éteints, traversée et retraversée dans plusieurs directions. La paix semble actuellement rétablie dans le Zouiouland entre les

partisans d'Ousibepou et ceux d'Oumsoutou, grâce à rintervention des Boers, qui ont proposé aux deux partis :

l"" De reconnaître comme roi DinlsEonloa, fils de Cettiwayo;

2* De permettre aux femmes et aux enfants, pris pendant la guerre, d'aller où bon leur semblera, et de restituer tout le bétail volé;

S"* De demeurer dans les limites posées par le gouvernement anglais;

4'' De garder la paix et d'enterrer leurs assagaies.

Ces conditions acceptées, les Boers ont proclamé roi Dinizoulou qu'ils ont couronné, et auquel ils ont juré de le protéger contre ses ennemis aussi longtemps qu'il observera ces conditions. Le nouveau roi a été reconnu par les principaux chefs des deux partis, présents au couronnement, après lequel Dinizoulou a fait publier une proclamation annonçant, qu'héritier légitime de Cettiwayo, il avait pris possession du trône et des rênes du gouvernement. Il a accordé une amnistie pleine et entière pour toutes les offenses commises envers feu son père et sa famille; en outre il a promis protection à tous et a engagé ses sujets à retourner chez eux pour reprendre leurs occupations pacifiques ordinaires.

Le Rev. l^ardlaixr Thompson, secrétaire itinérant de la Société des missions de Londres, a fait, Tannée dernière et au commencement de celle-ci, un voyage de plus de 6000 kilomètres dans las districts les plus troublés de l'Afrique australe. Du Cap, il s'est rendu au Le-Souto, dans l'État-libre, le Transvaal, les pays des Ma-Tébélé et des Be-Chuana,et aux Mines de Diamants. Il a quitté Cape-Town peu après l'arrivée de M. Mackenzie, le nouveau résident anglais pour le pays des Be-Chuana ; nous extrayons de VAfrican Times une partie de son rapport, c'est l'exposé le plus récent des faits qui viennent de se passer dans le territoire des Be-Chuana, à l'ouest du Transvaal. Sa visite au Stellaland a beaucoup modifié les idées qu'il se faisait de ses habitants. Quels qu'aient pu être les premiers Boers appelés à intervenir entre les deux chefs Montsiva et Mankoroane, aujourd'hui une forte proportion des hommes qui sont en possession du sol sont des fermiers honnêtes, ils ont acheté le terrain à ceux qui s'en étaient emparés d'abord, et ont fait progresser beaucoup le pays qu'ils occupent. Le pays des Be-Chuana est un vaste territoire fertile, s' étendant sur une longueur de 1000 kilomètres, et une largeur de 160 kilomètres. Dans cette contrée immense, il n'y a pas plus de 200,000 Be-Chuana, qui, voués à l'élève du bétail, n'occupent qu'une partie du pays entre le Transvaal et le désert de Kalahara. La plus grande partie du territoire est couverte de broussailles et abandonnée aux chasseurs ; elle sera probablement peuplée en entier par des

Boers ou des colons anglais. Le manque d'eau qu'ils allèguent comme motif pour lequel de vastes étendues de pays demeurent sans habitants, est dû entièrement à leur négligence à capter Teau. H tombe, en moyenne, dans le pays des Be-Chuana, assez d'eau pour pourvoir à tous les besoins des habitants, mais elle n'est pas recueillie dans des réservoirs, et c'est à peine s'il y a quelques puits. Dans le voyage que M. Thompson a fait au sud de ce pays, ses compagnons furent très surpris de trouver abondance d'eau, dans des endroits où autrefois un bœuf en aurait trouvé à peine de quoi apaiser sa soif. A Vr^berg, capitale du Stellaland, les Boers ont construit des maisons, établi des jardins, et, d'une manière générale, ils ont introduit la civilisation et la prospérité dans des districts où, auparavant, il n'y avait que quelques kraals indigènes, n est impossible de résister à leurs progrès ; tout ce que l'on peut faire c'est de les régler, et d'atténuer les frottements inévitables qui résultent de l'empiétement des hommes civilisés sur le domaine de la barbarie. Quoique les Be-Chuana soient peu nombreux, ils progressent dans l'industrie et la civilisation. Ds ont une quantité considérable de wagons et de charrues, et emploient presque exclusivement les charrues américaines et suédoises, plus légères que celles que font les Anglais. Dans le Transvaal et dans l'État-libre, les rapports avec les nati£s reposent sur le régime patriarcal. Dans l'État-libre, par exemple, chaque Boer a cinq natifs, c'est-à-dire cinq familles attachées à sa ferme, qu'il ne leur est pas permis de quitter. Dans quelques parties du Transvaal, la terre est louée à des nati& qui paient au fermier la moitié de la récolte; quelques-uns de ces natifs, chez lesquels ce système prévaut, ont paru à M. Thompson être les plus beaux et les plus prospères du sud de l'Afrique. Il a trouvé partout une grande supériorité, chez les indigènes parmi lesquels les missionnaires ont établi leurs stations ; ils cultivent plus de blé, font plus de commerce, et généralement consomment plus de marchandises des manufactures anglaises, que les Cafres chez lesquels il n'y a pas encore de missions. Les Ma-Tébélé, au nord du pays des Be-Chuana, sont organisés militairement ; ils ont 12,000 combattants, continuellement occupés à faire des exclussions dans les territoires de leurs voisins, tuant sans merci tous les adultes qu'ils rencontrent. Tôt ou tard les Boers en viendront aux mains avec eux.

La substitution progressive des bateaux & vapeur aux navires à voiles a porté un coup fatal à la prospérité commerciale de l'île de Sainte- Hélène. De 1873 à 1882, le nombre des vaisseaux qui y ont touché a diminué de 220. Aussi, d'après un rapport officiel du gouverneur.

M. Morris» les circonstances financières et commerciales de Tîle sontelles tristes; les édifices publics, les routes, les autres établissements s'en ressentent; le peu d'employés est mal payé, Tinstruction populaire est en décadence, bref, tout ce qui fait la force morale d'une administration souffre de ce manque de ressources financières.

Parmi les papiers laissés parle D'Pogge, mort récemment à Londres, se trouvait une lettre adressée au Nura-Futa — l'empereur d'Allemagne — par le roi de Muquen^ué, chez lequel l'explorateur allemand a fondé la station la plus avancée dans l'intérieur des terres. Nous la reproduisons à titre de document curieux :

ff O toi qui es grand sur les eaux ! Souverain de tous les peuples ! Envoie-moi un remède afin que mes gens ne meurent point, avec de belles armes qui ont deux tuyaux et qui se chargent par derrière. Si tu fais cela, je serai prêt à accompagner tes enfants où tu voudras. Je veux aussi une statue grande comme un homme, avec un vêtement, un casque à plumet, une grande boîte à musique, une grande et belle glace, enfin tout ce qui n'est pas encore venu dans mon pays, et cela afin que tous mes Ktiolo viennent dans ma ville pour voir ces belles choses. Envoie-moi aussi un uniforme. Et puis j'accompagnerai tes fils partout où ils voudront, comme je l'ai déjà fait au Kossonge (D' Pogge) et au Kassa Pu Baba (Wissmann), que j'ai accompagnés jusqu'au Loualaba. Je suis ton serviteur et je désire continuer une grande amitié. Envoie-moi aussi de grande fusées. Muquenguë Kalâmba. »

D'après une dépêche de Saint-Paul de Loanda, Stanley s'est embarqué dans cette ville le 8 juin pour l'Angleterre. Il est remplacé sur le €oii||^o par le colonel sir Francis de Winton, nommé administrateur général des tepritoires libres du Cong^o» c'est le nom adopté par l'Association internationale, pour les possessions qu'elle a acquises par concessions ou par traités S avec les chefs indigènes, et pour lesquels, dit le Précurseur d'Anvers^ elle a commencé à élaborer une constitution dite de l'État libre fédératif. C'est, paraît-il, sous la forme d'une confédération que ces territoires seraient constitués en un État, avec lequel les puissances civilisées pourraient entretenir des rapports internationaux. Au reste tout ce qui se rattache à cette question est encore très peu

' An nombre de 79, d'après un rapport de M. le Chief Justice Daily, à la Société de géographie de New-York; ces territoires s'étendraient le long des rives du fleuve et de ses affluents, sur un parcours de plus de 3000 kilomètres.

clair. Le traité anglo -portugais a été dénoncé, il est vrai, parce que, aurait dit M. de Bismarck, il n'a pas rencontré Tassentiment des autres puissances. On a jugé qu'il fallait régler cette question au moyen d'une convention faite entre les puissances maritimes, et des négociations ont été entreprises pour arriver à ce résultat. Le gouvernement allemand serait décidé h appuyer la fondation de nouveaux États sur le Congo, telle qu'elle est proposée par l'Association internationale, pourvu qu'il puisse assurer préalablement, par un traité, au commerce allemand une entière liberté de mouvement dans ces contrées. D'après une dépèche de Berlin, publiée dans le Matin^ le projet de convoquer prochainement une conférence des puissances intéressées à la question du Congo, en vue d'un arrangement international, est favorablement reçu de la plupart des cabinets, et cette conférence suivra probablement de près celle qui siège en ce moment à Londres. Attendons de voir ce qui sortira de ces négociations, avant de nous préoccuper de la valeur des nouveaux traités de l'Association internationale avec tels ou tels chefs du Congo inférieur et du Quillou, et de la protestation qu'y auraient opposée les conunandants de navires portugais dans ces parages.

Mentionnons seulement les prog^rèa de l'ceuvpe civilisatrice da Cong^o. Un sanitarium a été installé à Borna dans de bonnes conditions. La station de Vivi a pris un très grand développement et ses établissements ont dû être déplacés; les constructions ont été démontées et, avec ce qu'elles renferment de marchandises et d'approvisionnements de tout genre, elles ont été transportées à IdOO"" plus au nord, sur un vaste plateau, oïl la future ville aura tout l'espace voulu pour s'étendre dans tous les sens. On construit en Belgique un certain nombre de maisons en bois destinées à la station de Vivi, et que M. de Reyghere, chef charpentier au service de l'Association, sera chargé de conduire au Congo. Ce sont des constructions en forme de chalet, à un étage, destinées à être dressées sur des pilotis en fer de 2" de hauteur. Elles renferment huit chambres à coucher de 5" sur 5"',et une grande salle à manger de 5" sur lO"; une véranda de 2* de largeur règne autour du bâtiment. Le nouveau Vivi sera relié au débarcadère du Congo par un petit chemin de fer à voie étroite, d'environ deux kilomètres, dont la construction est commencée.

— M. Hanssens, chargé, depuis le départ de Stanley, de l'exploration du Haut-Congo et de ses affluents, a quitté Stanley-PooJ avec cinq embarcations; aux dernières nouvelles, il était à Bolobo et remontait vers l'Equateur.

Le capitaine Elliot, au nom de l'Association internationale a encore

pris posseesion d'un territCHre de 370 kilom., 1« boudiure du Quiltou jusqu'au cap Sainte'Cath( s'étant placés spontanâmeiit sous le protectora nouvelles stations y ont été fondées : à Egow dionale de la colonie française du Oabon; à. Set de rembouchura du Sette; à Nyanga, près de 1 du même nom, et h Mayomba, au sud de la bj déjà sur cette côte des factoreries anglaises, hoUi Nous avons d^à signalé (p. 164), l'arrivée &] chargé tout d'abord de dresser la carte du fli rains. Il a immédiatement commencé une trian Lenba et Borna, iîxé la position de ces deux p à Borna. Eu outre il a installé, dans cette dern toire météorologique, établi une règle de mare Il a également commencé ses collections ethn< anthropologiques, et pris un grand nombre de tographiques ; tons ces objets seront envoyés sera fondé. Dans deux excursions qu'il a faites à 20 kilom. N.-N.-O., et à Hélélé, à 15 kilom. 1 une terre végétale excellente, propre à tout ce i lui demander; aussi estime-t-il que c'est sui l'attention devrait se porter avant tout ; le se largement en une année que toute espèce di n'obtient qu'avec peine par le jardinage, aux ei des stations, ce qui est absolument nécessaire dents; le sol n'est pas exploité par l'indigène, il a strictement besoin pour vivre : du mais, Les Européens qui ^'établiraient au Congo dev quérir aux environs des stations que des ter déMchés, et de s'y adonner à la culture du ci h sucre et des céréales. Les résultats seraien que la concurrence faite aux factoreries déjà e grande prospérité de celles-ci le long de la c6b fin depuis la suppression du commerce des ei existe encore en secret, dans des proportion développement du commerce le long du Congi que le choix de LéopoldviUe comme centre co: est bien conçu ; seulement, jusqu'à aujourd'hu tion entre Stanley-Pool et la côte sont enc

empêche un commerce étendu et régulier ; d'autre part, le transport des marchandises se fait encore à dos d'hommes, pour presque la moitié [ de la route, ce qui augmente le prix de la marchandise. Le trafic n'est

pas encore assez développé pour songer à l'établissement d'un chemin y de fer, mais, si le Congo reste libre et neutre, comme on peut l'espérer,

t des négociants intelligents obtiendront rapidement un résultat qui le

rendra nécessaire. L'intention du D' C^ayanne était de remonter par la rive droite du fleuve à Yivi, puis de redescendre par la rive gauche, en continuant sa triangulation jusqu'à Noki. De là, il voulait répondre à *^ une invitation des missionnaires portugais à San-Salvador, en remontant, sur une longueur de 125 à 150 kilom.,la Louada, affluent du Congo, puis, compléter sa triangulation sur la rive gauche jusqu'à Shark- Point, y passer le fleuve et remonter à Boma en achevant son travail- La Société de géographie de Pans a reçu, dans sa dernière séance, d'importants renseignements sur la mission de Brassa, qui a quitté, le 15 février dernier, le port de l'Alima, est arrivé le 27 mars chez Nganchouno, et le 30 mars chez le roi Makoko ; celui-ci est toujours sur le trône, quoi qu'on en ait dit, et il a reçu l'explorateur français avec les témoignages d'une affection des plus sincères. On avait cherché à lui faire croire que de Brazza était mort et n'avait rien, et il le revoyait en chair et en os, apportant de riches marchandises. Aussi fut-il très ému, et après l'avoir regardé bien en face, il le prit à bras le corps, et se livra à des embrassements et à des étreintes, qu'en toute autre circonstance on trouverait singulières. Le 30 avril, de Brazza descendit à la station de Brazzaville, qui s'est développée, compte déjà 17 grandes cases, et dont l'état sanitaire était excellent ; les relations avec les indigènes ne laissaient rien à désirer. Il a dû recevoir des ravitaillements que M. Dufourcq lui a envoyés de la côte de Loango f)ar la voie du Niari. Le D' Bailay va revenir en France, rapportant un levé de l'Alima, et une série de croquis et de dessins exécutés par M. de Chavannes, qui a vaillamment suivi de Brazza depuis l'amvée de la mission en Afrique. M. Dufourcq a transmis aussi des détails sur la station du cap JLopcz, le principal des établissements du Gabon. Elle a pris déjà une certaine extension, et compte une cinquantaine de cases installées le long de la plage, sur une surface d'environ un kilomètre carré. Le cap Lopez eat plus salubre que Libreville sur le bas Ogôoué, et que les autres parties de la côte. Mais l'eau manque; il suffit cependant de faire un trou de 1",50 au plus, pour avoir de l'eau potable. Le sable est chargé d'humus, et partout s'étendent des prairies hautes, grasses, touffues.

dans lesquelles gttent bœufe, cerfs, antilopes, sangliers, éléphants, etc. L'essence forestière la plus répandue est le bois de fer, malheureusement très lourd à transporter, ce qui oblige à aller chercher assez loin les bois de construction. La rade est très belle et pourrait recevoir des flottes nombreuses. Le poisson vient à la plage par bancs, et fournit une alimentation saine. Ce qui fait défaut ce sont les rochers et les pierres ; M. Dufourcq comptait explorer la pointe nord du cap Lopez, où Ton dit qu'il en existe. Sur le rapport de la commission du budget, la Chambre des députés a voté un nouveau subside de 780,000 francs pour la mission de Brazza, afin de permettre au vaillant explorateur de développer les stations qu'il a créées jusqu'ici.

C'est encore à la Société de géographie de Paris, que nous devons les derniers renseignements sur l'expédition de M. Rososinski, qui, dans une lettre du 11 mai dernier, lui annonce avoir fondé sur l'tle Hondoleh, au sud des monts Cameroon et tout près de la côte, une station composée de quatre habitations et possédant deux chaloupes, des instruments d'observation, une bibliothèque et des objets pour la conservation des collections. Quant aux résultats acquis, Us consistent en une série d'itinéraires dans l'ouest du fleuve Moungo et jusqu'aux cataractes de ce fleuve. Ces itinéraires comprennent les lacs Mbou et Balomba-ba-Kotta. M. Rogozinski n'a manqué aucune occasion de prendre auprès des indigènes des informations sur les lacs Riba ou Liba. Quelques hommes du Bayong et quelques Befarenganyas lui ont donné des indications sur ces lacs et sur les habitants du pays qui les entoure. Mais elles sont d'une nature si étrange, qu'il hésite à les rapporter^ avant d'avoir vu par lui-môme ce qu'elles ont de fondé. On lui a parlé d'hommes blancs ou probablement d'un teint très clair, dont la taille ne dépasserait pas trois pieds. Ils sont considérés comme médecins ou comme sorciers, et en cette qualité ils viennent de temps à autre à Bayong. On parle de mandïba mandene, grandes eaux, qu'un cours d'eau semble relier à l'océan. M. Rogozinski avait auprès de lui notre compatriote, M. le D' Passavant, qui se proposait aussi d'aller au lac Liba. Ds attendaient la fin de la saison des pluies pour tâcher de nouveau de pénétrer dans l'intérieur.

Le capitaine Brandon Kirby, est revenu à Accra d'un voyage d'exploration à l'intérieur, dont l'avait chargé le gouverneur de la Côte d*Or, sir Samuel Rowe. Il devait se rendre à Coumassie et s'informer de ce qu'il y avait plus au nord. Quittant Accra, le 1*" janvier de cette ainiée-ci, il visita d'abord les tribus achanties autour de la capitale

uit que l'uned'elles, celle des Cor^axa, directement an nord aie, était la plus puissante.il partit cleCounuiSBie le 15 février iza. Après trois longs jours de voyage, il quitta l'épaisse forêt i sans interruption de Cape Coast Castle h Goumassie, et )DS un pays ouvert, il trouva une plaine sablonneuse, dans atteignit, le 21 février, Coranza, sur la limite N.-E. du paya des Sn sa qualité d'envoyé du gouvernement britannique, il reçut !ueil et, comme les Coranza ont complètement secoué le joug tis, ils ne tirent aucune objection & ce qu'il contiuu&t son iqu'à la ville de Kontampo» dont il avait beaucoup entendu tis qui jusqu'alors avait été empêcbée par la barrière des le communiquer avec les pays plus au sud. Ou la citait comme and centre conmiercial de tout le district ; là convergeaient routes, c'était là que se faisaient toutes les affaires d'échange ! e chemin et y arriva le 29 février. ËUe lui parut un grand rec une population permanente de 15,000 habitants et une Bottante de 25,000 &mes. C'est une ville mahométane,

par le shérif Mahama dont l'autorité est toute-puissante, mes y arrivent de tous les points de l'horizon ; elle est au n réseau de routes rayonnant au nord, à l'est, au sud et à est le principal entrepôt du commerce de cette partie de en communication directe avec Tombouctou. M. Brandon : k Eontampo quand la caravauede Tombouctouy arriva ; elle u moins 1000 personnes, 50cbameaux, 300 ou 400 ânes, mules . Les marchandises sont chargées easentielleraent sur les Anes, m se serve de chameaux, les marchandises étant réparties en nets, l'on préfère l'âne comme bête de somme. L'envoyé trouvé qu'une partie des marchandises européennes arrive k par les établissements français d'Âssinie, parce qu'ainsi elles iter de traverser le territoire des Achantjs. Mais, parmi les ses apportées par la caravane de Tombouctou, il yavaitquanices de soieries et des cotonnades, ainsi que des couteaux, du idre, du hl teint, des aiguilles, des épingles et d'autres objets >n Europe. Le grand obstacle au commerce avec l'intérieur tence de l'Ëtat acbanti, qui s'est étendu comme une muraille i entre les établissements anglais et les pays de l'intérieur, narchandises qui traversaient l'Achanti devient payer lOO'/g i transit, sans compter qu'elles étaient retenues un mois à

A Kontampo la plus grande partie des marchandises por-

taient des marques de fabriques françaises, une- petite ment avaient des marques anglaises. La voie est mûnte commerce peut suivre l'une ou l'autre des routes des ns Eontampo, par le Gaman à l'ouest ou par Salaga à l'es Coumassie ; mais il vaudrait mieux qu'on pût trouver une évitfttla forêt, dans laquelle les chevaux ne peuventpas viv dises d'Europe pourraient être mises rapidement en com lescaravanes qui passent par Kootampo en se rendante' Sokoto. L'objet principal qu'elles viennent acheter & noix de kola qui abonde dans les forêts à l'est et & l'oue Mais si la route de la côte était ouverte, elles y viend marchauds l'ont dit h M. Brandon Kirby, apporter l'ivoi portent maintenant vers TOrient. Les frais et les pertes étaient entraînées quand elles faisaient passer l'ivoire étaient tels qu'ils préféraient le porter partout ait! Kontampo ; cette ville ne pourra pas rivaliser avec les tu du Congo et du Nil, oéaumoins elle deviendra un bon di marcbandises de l'Europe.

C'est aussi vers le nord que le missionnaire Rams jusqu'ici de s'établir à Coumassie. songe à étendre le c don. Les troubles qui continuent à régner dans la capit ont beaucoup relâché les lieus qui unissaient à celle-ci vinces du royaume ; plus d'une d'entre elles a déjà s Coumassie, et les missionnaires d'Abétiâ, dans l'Okwac le jour oii ils pourront parcourir ces districts en toute lil En attendant, M. Ramseyer a entrepris vers le nord compte pousser jusqu'à Salaga. U désire surtout conni d'Atéob&D, à huit ou neuf journées de marche au n dont les habitants ont déjà plus d'une fois invité les venir les voir. De là il n'y a plus que cinq jours de Salaga. Si la mission réussit à s'établir à Atéoban, il '. travailler, de cette station, parmi les tribus qui babiteii et dont la plupart étaient autrefois soumises aux Acl lettre que M. Ramseyer écrivait avant de partir, le 28 ft de Neuch&tel, il rapporte que depuis plusieurs semaines tifi, stimulés par des marchands indigènes de la côte, exploiter le caoutchouc. Les lorèts de l'Okwaou, onl sortes de lianes dont le suc laiteux, soumis àl'ébullJ bonne gutta-percba. Avec la gomme copal, c'est le sol qui soit devenu un article de commerce.

NOUVELIâES COMPLÉMENTAIRES

Une société agricole et industrielle, ayant son siège à Batna, s'est fondée en Yue de donner une impulsion énergique à la colonisation du sud de l'Algérie. Ses propriétés sont situées dans la région de l'Oued-Eir', dont les oasis sont devenues très prospères, grâce à l'irrigation abondante fournie par les puits artésiens creusés sous la direction de M. Jus.

L'occupation de la Tunisie par les troupes françaises, en facilitant les explorations dans cette région, a permis au D'' Rouir e de découvrir un lac de 45 kilomètres de tour aux basses eaux, et de 19 kilomètres de longueur, le lac Eelbiah. C'est le plus grand de la Tunisie, n est formé par une grande rivière qui descend de Tébessa, se réunit dans la plaine de Eaîrouan à l'Oued-Meracuelil, et, au sortir du lac, va se perdre dans le golfe de Hammamet. Le D^'Rouire y voit le fleuve et le lac Triton des anciens.

Une société de géographie et d'archéologie s'est fondée à Kef, en Tunisie. Elle 88 propose de faire connaître les ressources que cette région peut offrir aux Européens qui viennent s'y établir, et de contribuer à la conservation des monuments de l'antiquité qui y abondent.

D'après le Moniteur des (Jonsulats, le sultan des Anfali a écrit. une lettre an Président de la République française, pour lui offrir son amitié, et le passage, sur son territoire^ des caravanes se rendant d'Obock au Choa; en échange il sollicite la protection de la France contre les envahissements des Égyptiens.

M. Last, missionnaire anglais de Mamboya, a fait une excursion dans le pays des Masaî. Malgré la réputation de cruauté de cette peuplade, ce missionnaire est revenu sain et sauf.

D'après un rapport de M. Bloyet de la station française de Condoa, des hostilités ont éclaté entre Mréré, sultan de l'Ou-Rori, et Mahouinga, sultan de l'Ou- Bébé. Le premier a tué cinq ou six cents hommes à son rival. La sécheresse continue à désoler l'Ou-Sagara.

Le Cape Times a annoncé que le D^^ Holub s'est mis en route pour son exploration, avec trois wagons, dont l'un contient des marchandises auxquelles on ne touchera pas avant d'avoir atteint le Zambèze, le second des provisions et des vivres pour le voyage jusqu'au fleuve, le troisième, des appareils scientifiques. A Colesberg, il séjournera quelque temps pour étudier les gisements fossilifères du voisinage. Pendant son séjour au Cap, il a fait des collections d'insectes, de poissons et d'oiseaux, de manière à en remplir dix-huit caisses qui sont en route pour l'Europe.

M. Auguste Eînwald, de Heidelberg (Allemagne), qui a déjà voyagé dans le Namaqualand et la Cafrerie, va se rendre au Limpopo pour le compte d'une compagnie commerciale. De là il poursuivra son exploration à l'intérieur.

D'après une déclaration de lord Granville à la Chambre des Lords, le gouvernement anglais n'estime pas qu'il soit possible de contester à l'empire d'Allemagne

le droit de protéger les svjeta allem&DdB éublis à ADgra-Pequena ; il cette protection dès qu'un a.c(Mrd sera interrenu, qui gaTaBiira toi acquis, préviendra tout établissement pénitentiaire dans le voisimtge < da Cap, et assurera les intérêts des sujets britanniques qui penvei des concessions de la part de chefs indigènes, et ceax des Anglais tra cette région.

Une commission de Boers établis à Humpata se propose d'explorer compris entre le Cunénë et le Coubango. Une sonscription a été onvei pour les aider dajis cette entreprise.

Ans dernières nouvelles reçues à Lisbonne, les explorateurs Cape étaient k Capan-Gombé; ils avaient relevé un itinéraire de 750 kiloi beaucoup d'erreurs des cartes anciennes, et dressant la carte de rég qu'ici n'avait été aucun cartographe.

Une dépêche de Madère a annoncé qne trois officiers portugais le 11 juin, de Saint-Paul de Loanila, avec 200 indigènes, pour se ren Houata-Yamvo, et gagner ensuite la côte de Mozambique. Leur exp caractère commercial.

La Société africaine allemande a organisé une nouvelle expédition rer à fond le bassin méridional du Congo. Elle sera dirigée par M. 1 Schultze, accompagné de deux autres lieutenants et de deux médecins

Le gouvernement portugais a conclu, avec la Compagnie du c&ble se Cadix aux Canaries et des Canaries au Sénégal, un contrat pour l'él d'nn cible allant du Sénégal à Bolama, Saint-Thomas et Loanda. Les portugaises de la cOte ocddentale d'Afrique seront ainsi reliées avec I

Le gonveriieur du Sénégal a institué à Saint-Louis un comité chu lopper dans cette possession l'œuvre de l'Alliance française, qui a ] propager la connaissance du français dans les colonies.

L'Espagne parait vouloir s'opposer à la rectification de la frontiè: l'Algérie que la France demande de reporter jusqu'à la Malouya, par rivière débouche vis-à-vis des lies Zaffarines, qui constituent pour el stratégique et une station commerciale importante. Si la France obtiei demande au Maroc, ta frontière de l'Algérie ne sera plus qu'à 120 kil

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