Comme à la Trébie
eî, aux champs carthaeinoîs dévorés par des flammes sans fin. L'âge mùr annuel jo I' che attend de moi des actes virils et de véritables frloiuphcs. It me faut maintenant Annibal, It bramion de la g..c'ne, la source de tous les maux, la f^loire d'une si grande cntrei)rise, Tous les signes lavorablos qui accomiiagiièrenl nos pères quand ils s'emliarquèieut pour les Égales, les dieux propices nous les moutreut, cl beaucoup (''.lutrcs encore. Il m'a toujours déplu de perdi'C mon temps, siulo;.. quand il s"agit d'exécuter de grandes choses. Vous n'avez rien à craindre, la victoire e>t certaine. Suivez-moi, je suis tout prêt, et votre retour s'ed'ec tuera heureusemeat. Pour qui brùlc de revoir sa patrie, ses enfants, le visage d'une épouse aimée, c'est par là qu'est le chemin de I^ome. »
Apres avoir prononcé ces paroles du ton d'un homme non qui va combattre, mais qui est sur de vaincre, il se lut. Les bataillons et les escadrons, pleins de joie, répondirent unanimement à ses l'xhorlalious par des cris d"aliégrcsse, comme si, traînés par des chevaux blancs sur les hauteurs du Capitole, ils le suivaient en poussant les acclamations accoutumées.
Annibal, voyant s'avancer l'heure fatale du moment critique, quitte aussitôt son éléphant et monte sur un coursier rapide. L)"un air terrible cl menaçant, lid que le larouche berger l'olyphème sortant d'un antre dl^^olie, ou comme une comète présageant aux empires du haut des airs de l'uiieslcs événements, il range un bataille son armée immense. 11 place en tèle tous les éléphanls, afin d'épouvanter l'ennemi dé'conciTié à la vue de ce troupeau monstrueux. Ils élaleat autant de to-irs tremblantes sur leurs dos; on dii'ait de? collines qui secouent leurs crêtes ou des ciladelles qui se balancent sur des rochers. Annibal oppose ce bouclier à toutes les forces de l'enneuu. 11 ordonne aix Liguriens et aux Gaulois de se mettre en première ligne et leur adjoint les auxiliaires baleares et maures. Ensuite il place en seconde ligne les Carthaginois et les Africains. La troisi me ligne se compose seulement des troupes du lîrutium', (|ui suivaient l'armée à regret et pour la plupart maigre elles. Annibal étend au loin ses ailes dans la plaine et fait décrire à ses bataillons un cercle immense. Il range à droite les Carthaginois qu'il charge d'attaquer les Italien?; à gauche les .Numides rebelles, inq)alieuis d'en venir aux mains avec leur roi détesté. Ces dispositions prises, comme son armée elait un ramas de diverses nations, parlant des langues ditl'erentes, il cnllamme et stimule ses cohortes taulùl par des inlerprèles, lanlôl de sa propre bouche. iNon moins actif que .=on advei-saire, il l'ait en même temps fol lice diin gênerai etd un soldat ;icct>m|)li. li range le h-ont de son armée et les porte-enseignes, passe en revue les uilcs, couri