HOSPITALITÉ AFRICAINE
les mœurs de ce pays. En passant à Sennaar (à son retcoir), le voyageur fut invité par le cheikh à faire visite à sa femme la princesse Nasr, souveraine de la contrée avant Toccupation égyptienne. L'ancienne reine du Sennaar avait su se concilier la bienveillance du terrible gouverneur de son pays, le gendre de Mchémet-Ali, que ses cruautés ont rendu fameux. Elle conservait une certaine influence, el la plupart des voyageurs égyptiens avaient coutume de venir lui demander l'hospitalité, certains de trouver à discrétion chez elle des boissons fortes et des femmes. La demeure où Tofficier fut reçue, et qui était décorée du titre de palais, était composée de plusieurs maisonnettes réunies. Après un souper passable, et lorsque l'heure de la retraite fut venue, un officier de la princesse conduisit l'étranger dans un pavillon disposé pour le recevoir. Grande fut la surprise de celuici, en pénétrant dans sa chambre à coucher, d*y voir debout, adossées à la muraille, un essaim de beautés africaines dans la plus complète nudité; à côté, sur un escabeau, se trouvait un vase exhalant l'odeur des parfums. Tous ces apprêts étaient destinés à faire honneur à l'étranger, qui étonna et scandalisa peut-être ses hôtesses en refusant de se laisser parfumer d'huile de rose et en leur signifiant son intention de dormir seul. Les Turcs qui l'accompagnaient n'imitèrent pas sa discrétion, car ils firent toiîte la nuit un tel bruit qu'à peine put-il reposer.
Au delà de Kery , point extrême où Méhémet-Ali s'était