LES BORDS DU TOUMAT
arrêté, M. Kovalewski rencontra un hameau dont les masures grisâtres sont suspendues au sommet de rochers escarpés : c*est le village d'Akaro, qui jouit du privilège de percevoir une taxe à son profit sur toutes les caravanes marchandes. Les chameaux chargés payent quatre piastres, et les ânes en payent deux. Tout le pays qui entoure les hameaux du Fazogl est montagneux, boisé et pittoresque ; les hyènes, les zèbres, les girafes, les éléphants, se plaisent au milieu de ses bois épineux et sur les bords de ses cours d'eau. Cailliaud a raconte qulsmaïl-Pacha eut un jour la fantaisie d*envoyer ses soldats à la chasse de trois de ces derniers animaux, qui traversaient paisiblement une clairière à portée de carabine. Les Egyptiens, confiants dans la sûreté de leur tir, s'approchèrent et firent feu tous ensemble; les éléphants, seulement blessés et rendus furieux par cette agression, coururent à leurs ennemis; ils en écrasèrent cinq; trois autres, saisis avec les trompes, furent broyés et jetés par-dessus les arbres. Ceux qui eurent le bonheur d'échapper n'eurent rien de mieux à faire que de se cacher, et les éléphants, pour achever de passer leur rage, mirent les arbres en pièces et bouleversèrent toute cette partie de la forêt. '
Sur les deux rives du Toumat s'étendent de vastes ombrages formés par des palmiers, des acacias, des nebkas et d'autres arbres particuliers à cette contrée. Bien que le Toumat ait un cours assez considérable, son lit se trouve presque entièrement à sec avant la saison