LE FAZOGL
graines que le sol produit, des quartiers de mouton, de bœuf et de chameau. Les viscères de ces animaux en sont jugés les parties les plus délicates et les plus nobles. On les mange crus ou assaisonnés de chetetah^ poivre rouge d'une âcreté intolérable pour des palais européens.
On appelle du nom de Fazogl toute la région montagneuse comprise entre le Nil Bleu et le Tournât, Pun de ses affluents de la rive gauche. Ce pays n'est habité que par des nègres aux cheveux crépus, aux grosses lèvres, aux pommettes saillantes. La ville, ou pour mieux dire le village capital du Fazogl, s'appelait anciennement Kery; depuis 1849 il s'appelle Méhémet ou Mohammed- Ali-Polis. Le vice-roi, voulant laisser un souvenir de son passage dans ce Heu qui marquait le terme de son expédition, lui donna son nom.
En 1848, Méhémet-Ali, renouvelant ses tentatives pour découvrir des mines d'or, chargea un officier russe, M. Kovalewski, de remonter non-seulementle fleuve Bleu, mais encore le Tournât, son affluent occidental. L'oilficier russe était accompagné d'un jeune Français, M. Trémaux ^. Jusqu'à Kery, les voyageurs ne s'écartèrent pas de l'itinéraire suivi parla précédente expédition. M. Kovalewski raconte une anecdote qui peut servir à peindre
* Ce voyageur s'est fait connaître par divers travaux sur la géogpraphie du Soudan, et il a pris une part notable à la discussion qui s'est engagée, au sujet des Niams-Niams ou hommes à queue dont il nie l'existence. M. Trémaux publie le résultat de ses observations personnelles sous le titre de Voyage au Soudan oriental.