LE SULTAN D'UVIRA ET SES FILS
relntivement à ceux des environs ; le commerce y a une grande activité et la ville dTvira est un des premiers marchés d'ivoire de cette région. On y vend aussi des esclaves, des grains, des étoffes d'écorce, des ouvrages de fer. L'importation consiste en perles, sel, tabac, coton, étoffes. L'ivoire vaut son poids de cuivre; le travail de ce métal est une des principales industries de ce pays. On y fabrique aussi des nattes , des corbeilles et des paniers. Les marchandises y sont, relativement aux pays voisins, à très-bas prix.
Les trois fils du sultan d'Uvira vinrent voir M. Burton. C'étaient trois hommes de formes athlétiques, les plus beaux types de la race noire de ces contrées. Leurs traits étaient agréables, réguliers et d'un noir de jais éclatant. Ils étaient bien drapés dans de larges vêtements d'écorce rouge, leur prunelle avait des tons d'opale, leurs dents étaient blanches comme l'ivoire et une profusion de colliers et de bracelets massifs chargeaient leurs bras et leurs jambes. Des colliers de dents d'hippopotames entouraient leur cou.
M. Burton subissait en ce moment un cruel désappointement : on n'était plus qu'à une très-faible distance de la pointe septenirionalc du lac; ses bords, en se resserrant, indiquaient qu'il allait finir, et les équipages se refusaient à avancer davantage. Kannena, sommé de remplir ses engagements, répondait que les populations de ces bords sont tellement sauvages^ que tous les hommes refuseraient d'aller y risquer leur vie, et ni les promesses