VOYAGES AU GABON
taie, sous l'équ^teur même, aa-dessus du Congo. Son auteur est un Américain, d'origine française, M. A. du Chaillu.'Les savants ont adressé quelques objjeetions à la relation du voyageur; ils lui ont reproché de ne pas fixer avec une assez complète précision ses indications géographiques et o^nt cru voir dans ses récits quelques traces d'exagération. Mais, comme il est incontestable que M. du Chaillu a fait en Afrique un long séjour et qu'il en a rapporté les plus riches collections, propres à nous donner des notions très-neuves sur l'histoire naturelle de ces lointaines régions , nous ne saurions méconnaître les obligations dues à ce voyageur, et ses découvertes méritent de nous arrêter.
M. du Chàillu commença ses explorations par la côte qui fait fac^ à Fernando-Pô. Longeant la sierra de Cristal, il traversa le^ diverses embouchures du Muni, du Munda et les forêts épaisses et pernicieuses de palétuviers qui croissent sur ses bords; puis il fit une halte à TétabUssement français du Gabon. M. du Chaillu fait observer que celte embouchure forme un estuaire profond et bien abrité où peuvent mouiller les plus grands navires. La rive droite du fleuve est couverte d'une admirable végétation ; la rive gauche est basse et couverte de marécages. Les tribus riveraines du Gabon sont belles, les hommes y sont grands et forts; cependant elles dépérissent
journellement sous les funestes influences de la polygaiiiie , des guerres intestines et des superstitions. Eu i 838 un chef de ces tribus mourut, et on égorgea soixante