‹ L'Afrique nouvelleChapitre 108 sur 265 · DE A. DU CHAILLU · texte numérisé non relu

DE A. DU CHAILLU

nègres sur sa tombe sous prétexte qu'ils lui avaient jeté un sort. L'antique tribu des Ndina n'a plus aujourd'hui que trois représentants.

Au delà de l'équateur le voyageur parcourut un pays accidenté et parsemé de lagunes où abondent les crocodiles et les hippopotames. Au sud de cette région débouchent dans la mer trois branches, le Nazareth, le Mejias et le Yaz, que jusqu'ici on croyait des fleuves distincts et qui ne sont que les bouches distinctes d'un même delta. Ce delta fut exploré par le voyageur qui pénétra, en remontant le cours principal, appelé Rembo, jusqu'à la ville de Goubie , à près de 200 kilomètres de la côte. Sans cette région, sur les bords du haut-Rembo, M. du Chaillu, à la tête d'une petite armée que le chef d'une tribu puissante, mit obligeamment sous -ses ordres, accomplit ces beaux exploits de chasse qui lui ont livré des spécimens de tous les animaux r^res de cette contrée et particulièrement ces gorilles dont il a rapporté les dépouilles et qui sont les plus forts, les plus terribles des quadrumanes connus. Ces dépouilles, glorieux tiophées, rapportés par le voyageur, ont été longtemps exposées au musée de New-York, et nous pouvons aujourd'hui les contempler dans une salle mise par la Société de géographie de Londres à la disposition du voyageur. M. du Chaillu s'avança à une grande profondeur encore dans Test, visitant les tribus des Apingi et celle des Achira. L'épaisseur infranchissable des forêts mit enfin un terme à son voyage ; il y avait quatre ans qu'il parcourait ces

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contrées qui jamais n'avaient vu de blancs avant lui, el il avait pénétré à 800 kilomètres de la côte.

Enfin, une tentative a été faite en 1858, pour remonter le Congo. Un officier de la marine anglaise, M. Hunt, s*est engagé dans ce fleuve sur le petit vapeur Alecto» 11 nous apprend qu*à partir de Punta de Luisa, les cartes deviennent, à raison de leur inexactitude, des guidés dangereux. Le Congo dessine de nombreux contours, et il est embarrassé d'une succession de rapides qui quelquefois le changent en véritable cataracte. A celles de Gallala le fleuve a cent quatre-vingt-deux mètres de large, il est bordé par des rives escarpées qui dominent de grands entassements de rochers, l'eau bouillonne au milieu des obstacles et se précipite avec violence, donnant un grandiose spectacle. Le pays avoisinant est fertile, couvert d'une luxuriante végétation. On voit les antilopes passer en longues bandes; les indigènes étaient craintifs et fuyaient devant la vapeur du petit steamer. Les hippopotames, les crocodiles, une espèce de grande loutre, sont les hôtes de ce fleuve comme dans toute l'Afrique in 1er tropicale.

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