‹ L'Afrique nouvelleChapitre 110 sur 265 · ANCIENNES EXPLORATIONS DU SOUDAN · texte numérisé non relu

ANCIENNES EXPLORATIONS DU SOUDAN

naissances relatives à TAfrique intérieure ne s'étaient pas enrichies de notions bien considérables ni surtout bien positives jusqu'au temps de Denham et de Clapperton. L'infatigable voyageur arabe du moyen âge Ebn- Batuta et, après lui, Léon l'Africain ont suivi lé cours du Niger, ils ont même vu Tombouctou ; ils savent que l'intérieur de la Nigritie est occupée par une grande mer, mais rien d'assez certain ne résulte de leurs récits. Les Anglais se décidèrent alors à pénétrer eux-mêmes dans le centre de l'Afrique, et à soulever de leurs mains le voile dont cette région s'enveloppait. L'expédition de Denham, Oudney et Clapperton, de 1822 à 1824, eut pour conséquence de préciser la situation et l'étendue du lac Tchad et de ses affluents, d'étabUr quelques relations avec le Bornu, pays baigné par cette mer intérieure, de faire parvenir à TEurope le nom de plusieurs autres États, la plupart inexplorés, d'apporter des révélations neuves et inattendues sur la population, les habitudes, l'état social des pays africains, enfin de faire espérer que peutêtre il ne serait pas impossible d'ouvrir avec les peuplades de ce monde reculé des relations de commerce. Afin de contrôler les assertions, de compléter les faits recueillis par ces explorateurs, le gouvernement anglais décida en 1849 l'envoi d'une nouvelle expédition, et c'est à cette entreprise exécutée avec un courage et une perse, vérance supérieurs à tous les éloges que MM. Richard- »on, Barth, Overweg et Vogel ont eu, avec des fortunes diverses, la gloire d'attacher leurs noms. Richardiwn

DÉPART DE L'EXPÉDlTiON AiNGLO-ALLEMANDE. 1 79

s était déjà fait connaître par un voyage heureusement accompli en 1846 et 1847.de Mourzouk, capitale du Fezzan, aux oasis de Ghat et de Ghadamès dans le désert. xM. Barth, un de-s jeunes érudits les plus distingués de rAllemagne, s'était aussi familiarisé avec la vie nomade par le long parcours du littoral de la Méditerranée et de la mer Noire; il avait vécu avec les caravanes, parlé l'arabe, étudié la langue berbère : on ne pouvait être mieux préparé pour le voyage qu'il allait entreprendre. 0?erweg, géologue et naturaliste allemand, n'avait pas encore eu l'occasion d'acquérir l'expérience des contrées (leTAfrique, mais il était plein d'ardeur juvénile. Quant àVogel, Allemand comme les deux derniers, c'était un astronome et un physicien de vingt-deux ans. Il ne participa pas tout d'abord à la mission, et ne partit que lorsque la mort de Richardson, en 1851, eut fait un premier vide dans les rangs de la petite expédition.

De ces quatre voyageurs, un seul est revenu : c'est Barth; seul il a eu le bonheur de rentrer en Europe, de revoir sa patrie et sa famille, de dérouler intacts et complets les trésors de science qu'il avait amassés, de présenter aux hommes intelligents et instruits de l'Europe, qui durant cinq années ont eu les yeux tournés avec sollicitude vers les régions qu'il explorait, son ample butin. Lejouriial de Richardson a été publié, mais ce n'est qu'un document incomplet, puisque l'auteur est mort àmi-ehemin. Les notes d'Overweg auraient eu besoin, pour élre coordonnées et mises à profit, d*une

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