LE SULTAN ABD-EL-KADER
Agadès, ni même dansI'Aîr; on conçoit combien la position de ce chef est précaire et difficile au milieu de tribus toujours en guerre. Abd - el - Kader, sultan à rinvestiture duquel M. Barth assista, avait déjà régne, puis il avait été déposé, et il le fut de nouveau trois ans après la visite du voyageur. Les revenus de ce triste souverain consistent dans le kulabu (c'est la contribution d*une peau de bœuf que doit lui offrir chaque famille à son avènement), puis en un tribut plus considérable, mais très-incertain , prélevé sur la tribu dégradée des Imghad, ilotes de l'Aïr, en droits sur les charges de chameaux entrant dans Agadès, les vivres exceptés, en lîn petit impôt sur le sel, grand article de commerce dans toute cette partie de l'Afrique, enfin en amendes imposées aux maraudeurs, aux tribus sans lois, et en général à tous ceux qui sont plus faibles que lui. Voici le personnel de sa cour : le kokoy-gerégeré^ sorte de vizir qui prélève la taxe sur les marchandises importées dans la place : il accompagne la caravane de sel qui va d'Agadès à Sokolo; le kokoy-kalna^ chef des eunuques ; les fadawa-n-serkif aides de camp; un kadi et des chefs de guerre.
Le sultan Abd-el-Kader était un homme bienveillant, de peu d'énergie, mais plein de dignité. Abd-el-Kerim, c est-à-dire Barth, car TEuropéen avait pris ce noraS plus commode à prononcer pour les indigènes, lui fut
présenté en audience. Pour cette entrevue, le voyageur
C« nom signifie le serviteur du Miséricordieui.