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IMPORTANCE DE CES GRANDES RIVIÈRES

tica, groupe montagneux habile par des tribus païennes, et dont les sommets n'atteignent pas moins de neuf mille pieds. M. Barth les avait presque constamment en vue pendant son itinéraire jusqu'à Yola. Les deux rivières, après leur réunion, arrosent le pied d*une autre grande montagne, le Bagelé, qui n'est plus qu'une île à l'époque des inondations. Le Faro ne rendra jamais de grands services à cause de son impétuosité et de son peu de profondeur; i\pus avons vu qu'il n'en est pas de même du Binué : c'est l'artère destinée à porter le commerce européen dans le cœur du Soudan, le grand chemin futur de l'Afrique centrale, sans que désormais il y ait à redouter ni les fatigues du désert ni les déprédations des Touaregs. Nous savons déjà qu'il conduit jusqu'auprès de Yola ; est*il navigable beaucoup plus loin dans Test? C'est ce que de prochaines recherches renouvelées sur cette rivière, ne tarderont pas à nous apprendre.

Les moyens de navigation employés par les naturels sur ces grands cours d'eau sont tout à fait primitifs : ils consistent en troncs d'arbres creusés, longs de vingt-cinq à trente pieds, hauts de deux pieds seulement, et larges de seize pouces. C'est sur trois de ces barques informes que M. Barth et ses compagnons de voyage durent traverser les quatre cents mètres d'eau qui leur barraient le passage ; quant aux chevaux et aux chameaux, ils passèrent à la nage, non sans courir de grands risques de se noyer, surtout les chameaux. Les rivières franchies,

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il n*y avait plus que trois petites marches pour atteindre Yola.

Dans cette ville, la bienveillance du cheikh de Bornou et la présence d'un officier de ce souverain furent pour M. Barth une très-mauvaise recommandation. Toutefois le gouverneur ne montra pas d'abord de trop mauvaises dispositions : il consentit à recevoir le voyageur, et lui donna audience dans une salle de son palais d'argile, assis entre deux larges piliers carrée sous une lourde charpente, et ayant à ses côtés son frère, un des principaux personnages de TÉlat. M. Barth, après les salutations d'usage, lui remit la lettre d'introduction du cheikh Omar, qui le présentait comme un chrétien pieux et instruit voyageant pour admirer les œuvres du Tout-Puissant, et qui avait entendu raconter des merveilles de l'Adamawa. Le gouverneur lut la lettre, et la tendit sans rien .dire à son frère. Alors l'officier du Bornou présenta ses lettres à son tour. A peine celles-ci furent-elles lues, que le gouverneur entra dans le plus violent accès de colère; il adressa des reproches à l'officier, lui dit que les réclamations de son maître étaient injustes, el que si le cheikh voulait la guerre, il était prêt. Puis sa colère se tourna contre le chrétien, qu'il accusa d'avoir des motifs autres que ceux qu'il avouait pour venir en Adamawa. EnGn, après deux heures de discussion relative aux frontières, l'ambassade fut congédiée.

Le lendemain même, M. Barlh reçut l'ordre de repartir de Yola et de l'Adamawa, sous prétexte qu'il n'avait pas

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