‹ L'Afrique nouvelleChapitre 141 sur 265 · RETOUR DE BAUTH AU BORNOU · texte numérisé non relu

RETOUR DE BAUTH AU BORNOU

des surveillants, des chefs, et partent souvent en bandes pour faire des chasses ou gha%zias, et recruter de nouveaux esclaves sur les territoires païens. Parmi les animaux domestiques se remarque une espèce de bœuf gris, et haut de trois pieds. Les éléphants, les rhinocéros, les bœufs sauvages peuplent les forêts de TAdamawa; dans les eaux du Binuéetde ses affluents, on trouve un cétacc appelé ajfte, qui est une espèce de lamentin; enfinM.Barth apprit que dans les montagnes il y a des mines de fer. Le retour du voyageur au Bornou ne «'effectua pas sans péril : Tescorte de Fellani qui l'avait rendu redoutable aux populations inoffensives l'avait par compensation protégé contre l'agression des bandes qui dévastent la frontière des deux États; toutefois sa prudence, et, comme il le dit, sa bonne fortune le préservèrent de tout malheur, et il rentra dans Koukawa, affaibli seulement par la fièvre dont il avait pris le germe au passage du Binué, et qui l'avait durement éprouvé dans son court séjour à Yola. Des marchandises pour la valeur de 100 livres sterling étaient arrivées d* Angleterre sur ces entrefaites : il les vendit de concert avec Overweg, pour acquitter les dettes pressantes contractées depuis plusieurs mois par l'expédition; mais cette vente ne se fit pas sans une grande perle, parce que les voyageurs étaient pressés d'argent. Or les affaires au Bornou se traitent à deux ct-trois mois, et le payement se fait habituellement en esclaves, denrée que des Européens ne pouvaient accepter.

Page 1