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LES PAYS RIVERAINS DU NIGER

s'élrc emparés de Gober ; mais Bello, qui avait contribué lui-même à sa prospérité, s'en lassa et transporta vers 1831 sa résidence à quelques lieues plus au nord-est, sur une hauteur en pente douce, enveloppée par un pli d'une rivière appelée Reina, où Vourno, cité nouvelle que le caprice d'un souverain peut tuer à son tour, se développe en ce moment.

Sokoto compte cependant encore plus de vingt mille habitants, et son marché n'a pas cessé d'être richement pourvu et très-fréquenté ; quelques maisons en ruines dans les quartiers déserts sont jusqu'ici les seuls indices de décadence dont elle est menacée. Après un séjour de plus d'un mois dans ces deux villes, Barth reprit son voyage dans la direction del'ouest ; mais le chemin direct de Tombouctou lui était interdit de nouveau par les guerres intestines des tribus, et cette circonstance le contraignit de faire vers le sud-ouest un long détour qui lui permit de visiter la ville et l'Etat de Gando, que jusqu'ici aucun voyageur n'avait encore mentionnés.

C'est une des provinces de l'Afrique les plus dévastées . par la guerre civile, à cause des éléments de trouble et de discorde qu'y a développés le contact des conquérants fellani. D'ailleurs toute cette région est fertile, populeuse, bien arrosée. Barth y suivit les sinuosités du Niger, il franchit ensuite la contrée de Dindina, où s'est depuis fort longtemps fixée une tribu égarée de la famille des Touaregs ; puis il arriva à la grande ville de Say, située sur les confins du territoire de Sabernea, entre de vastes et riches

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