LA VALLÉE DU COURS MOYEN DU NIGER
cultures de riz et des forêts sans fin. Say, qui est une des villes importantes de cette région, est bâtie dans uneile du Niger. Sa situation est agréable et pittoresque ; d'ailleurs, avec son mélange de huttes et de maisons à terrasses, elle reproduit la physionomie générale de loules ces villes africaines d^architecture primitive.
Devant le voyageur, dans ce long et monotone itinéraire, les grandes villes se succédaient : après Sokoto étaient venues Say, puis Sebba, Koriâ, Dore et bien d'au* très; des noms de peuplades, inconnues pour la plupart, frappaient son oreille et prenaient place sur ses cartes et dans son journal. A côté de cultures riches et prospères se montraient fréquemment des traces de dévastation laissées par la guerre. Sous ses yeux, le Niger roulait dans un lit immense ses flots tantôt solitaires, tantôt sillonnés par des barques grossières; partout, dans la vallée de ce grand fleuve que pour la première fois un Européen visitait vers la partie moyenne de son cours, il y avaitun mélange étonnant des magnificences de la nature et des œuvres à demi ébauchées d'une société humaine encore dans la période de son enfance. Jusqu'alors Bartb n'avait jamais nié sa qualité d'Européen et de chrétien; mais, pour ne pas être arrêté dans son voyage au moment de toucher au but qu'il s'était proposé,.il dut se faire passer pour Arabe et chérif. Enfin, après avoir traverse une région montagneuse qui porte le nom de Hombori, puis des contrées toutes couvertes de marécages et de lacs permanents ou temporaires, le voyageur rejoignit le