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ARRIVÉE DE BARTH A TOMBOUCTOD

Niger. Dans la journée du 1®' septembre 1853, il s'embarqua sur un des bras du fleuve, large de deux cent quatre-vingts mètres, le remonta, parvint à un lieu appelé Saraïjano, où le fleuve reprend son étendue moyenne et sa majesté, après avoir été divisé en une multitude de canaux étroits et sinueux tout encombrés de roseaux. Enfin, gagnant Tautre bord, il entra dans une crique située sur la rive septentrionale. C'est là que se trouve Kabara, port de Tombouctou.

11 était temps que M. Barth touchât au terme de son voyage; les fatigues d'un itinéraire déplus de dix mois, des dangers de toute nature, les brusques variations de la température, qui, de midi à trois heures, dépassait souvent 42 degrés centigrades, toutes ces épreuves de chaque jour, auquelles tant d'autres n'eussent pas résisté, menaçaient d'altérer sa constitution robuste; il était dans un état d'épuisement comparable à celui dans lequel il se trouvait à sa sortie d'Adamawa, et il ne fallait rien moins qu'un long repos pour le remettre. Il envoya au cheikh la lettre de recommandation qu'il tenait de Ternir Al-Mouménim. Cette démarche eut une issue favorable, et il ne tarda pas à apprendre que l'autorisation de séjourner à Tombouctou lui était accordée.

Ceiiereine du désert, cette cité africaine si longtemps fameuse en Europe n l'exclusion de toute autre, doit son grand renom aux voyages et aux récits d'Ebn-Batuta, de Léon l'Africain et de notre compatriote Caillié plutôt qu'à sa véritable importance, car, sous le rapport de l'éten-

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