‹ L'Afrique nouvelleChapitre 162 sur 265 · EMBARRAS DE BARTH A TOMBOUCTOU · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE BARTH A TOMBOUCTOU

jour aux deux foyers de commerce et de civilisation que la France entretient en Afrique.

M. Barth avait reçu un accueil assez favorable à Tombouctou, dont les habitants l'avaient pris pour un envoyé du sultan de Stamboul; cependant il ne tarda pas à se trouver dans une situation difficile et précaire. Ce n'était pas que le principal cheikh de la ville, le chef fellani, qui, dès l'abord l'avait protégé, eût changé de sentiments à son égard : au contraire, ce musulman éclairé avait appris la véritable qualité de TEuropéen et le but scientifique de sa mission sans cesser d'être animé de sentiments bienveillants à son égard ; mais Fanarchie régnait entre les divers chefs, et la présence du chrétien excitait la déGance d'une population fanatique. Pour comble d'ennui, la guerre civile désolait les environs et mettait obstacle au départ. Dans plusieurs lettres datées de 1854, M. Barth faisait savoir à ses amis d'Europe qu'obligé de vivre dans une réclusion continuelle, sans cesse inquiété par une population hostile, accablé des fatigues de son immense voyage, il avait été pris de la fièvre, et que sa santé, un instant rétablie, menaçait de s'altérer profondément. Enfin, après bien des délais et des obstacles, il trouva un moment favorable à son départ, et obtint d'en profiter. Après sept mois de séjour à Tombouclou, il reprit la direction du Bornou, long et pénible, mais unique chemin qui pût lui rouvrir l'accès de l'Europe.

Pendant que Barth redescendait lentement et avec

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mille fatigues le cours du grand fleuve, un de ses compatriotes, une jeune homme de vingt ans, parcourait à son tour les régions qui entourent le Tchad, et, cherchant les traces de son compatriote, s'avançait à sa rencontre du côté du Niger. Vogel, Allemand comme Barth et comme Overweg, s'était proposé à l'amirauté anglaise pour prendre en Afrique la place de Richardson, quand on avait appris que celui-ci était tombé sur le champ de bataille de la science. Il était docteur en médecine, botaniste et astronome. Il fut accepté, et le 2 février 1855 il quitta Soulhampton, se dirigeant sur Tripoli, où il fut rejoint par un personnage de Bornou, qui retournait à Koukawa. De Tripoli à Mourzouk et au Tchad, il suivit l'itinéraire précédemment tracé par le voyageur Denham, rectifiant les positions, relevant les hauteurs, recueillant des observations sur la constitution géologique du sol. Parvenu à Koukav^a, il y fut reçu avec la même bienveillance que ses devanciers. Ne pouvant rejoindre Barlh, qui ignorait qu*on lui envoyât un nouveau compagnon et qui se trouvait déjà engagé dans le. long chemin dé Sokoto à Tombouctou, Vogel résolut de compléter les observations recueillies par ses prédécesseurs sur les régions qui avoisinent le Tchad, et, à peine remis d'une fièvre violente qui l'avait saisi à son arrivée, il se joignit à une expédition que le cheikh du Bornou se préparait à . diriger dans le pays des malheureux Musgus. Dans cette expédition le jeune voyageur recueillit de nombreuses observations astronomiques, forma une collection bota-

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