‹ L'Afrique nouvelleChapitre 163 sur 265 · RENCONTRE DE BARTH ET DE VOGEL · texte numérisé non relu

RENCONTRE DE BARTH ET DE VOGEL

nique, et constata que les vastes plaines basses et déprimées que le Shari et ses ailluents arrosent au sud du Tchad sont formées par une couche calcaire de coquillages d*eau douce, et ont dû, à une époque dont le souvenir traditionnel ne s'est pas conservé parmi les indigènes, êlre occupées par une vaste mer intérieure.

A son retour à Koukav^a, Vogel entendit affirmer que Barlh avait péri en revenant de Tombouctou. Soit pour vériBer cette désastreuse nouvelle, qui par bonheur était fausse, soit pour reprendre et continuer Toeuvre de son devancier, Yogel se mit en marche dans la direction du Niger. Barth cependant entrait dans Kano après avoir bravé heureusement tous les genres de périls; les deux vovageurs suivaient, sans le savoir, la même route en sens inverse, et, le!*' décembre 4 854, dans uneimmen.''e forêt qui est située non loin d'une localité appelée Bundi, à mi-chemin entre Kano et la ville de Ngurutuwa, qui avait été la dernière étape de Richardson, les deux compatriotes eurent le bonheur inattendu et inespéré de se voir et de s'embrasser.

Désormais Tun avait accompli sa tâche : chargé d'une ample moisson, deveAu justement célèbre, il allait revenir en Europe pour nous instruire et nous charmer. Les sociétés savantes lui tenaient en réserve tous les honneurs et toutes leurs récompenses; Hambourg, sa ville natale, justement ficrc d'un tel fils, lui décernait une médaille d'or avec celte inscription : A Vintrépide et hmreux explorateur de V Afrique, le docteur Henri

266 PROJETS DE VOGEL. — TRISTE ISSUE DE SA MlSSfôîi.

Barthy né à Hambourg^ le sénat. L'autre était réservé à une triste destinée: animé d'nne noble émulation, plein de confiance et se sentant fort de son courage et de sa jeunesse, il se proposait d'agrandir la sphère des découvertes et des observations faites par ceux qui Tavaient précédé. A l'est du Tchad s'étend celle contrée du Waday, où Bartli n'a pas pu pénétrer, et qui est aujourd'hui dans le Soudan la seule où les Européens n'aient pas encore séjourné; elle ne nous est connue que par la relation intéressante, mais superficielle, d*un Tunisien, le cheikh Mohammed-el-Toursy. C'est par là que Vogel résolut de se diriger, afin de gagner, s'il était possible, les régions du haut Nil et de compléter avec Barth un ensemble de travaux s' étendant sur tout le Soudan , de Tombouctou à Khartoum, au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu. Eflectivement il pénétra dans le Waday, mais il parait que le sultan de ce pays, pour tirer vengeance d'une prétendue injustice que lui aurait fait subir le consul anglais de Tripoli, s'est saisi du voyageur et la fait décapiter.

A plusieurs reprises cette nouvelle a été contredite : on a .faitespérer que le chef du Waday n*avait pas tué Vogel, et qu'il avait l'intention de le mettre à rançon. En voyant AU milieu de nous M. Barth, qu'on avait cru longtemps mort, nous avions senti renaître un peu de confiance ; mais les années se sont succédé sans que rien vînt confirmer ce faible espoir, et, d'après quelques derniers renseignements; il n'est que trop probable que le sabre

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