‹ L'Afrique nouvelleChapitre 174 sur 265 · CHASSE A L'ÉLÉPHANT CHEZ LES PAHOUINS · texte numérisé non relu

CHASSE A L'ÉLÉPHANT CHEZ LES PAHOUINS

eux (ravâillent [le fér avec une remarquable habileté. Leurs villages sont propres, leurs cases bien faites; ils consistent en une rue bien alignée à Textrémité de la< quelle se trouvent une ou deux forges. On dit qu'ils sont anthropophages et qu'ils achètent aux Bouloux et aux Akalais des prisonniers en échange de défenses d'élé* phant. Leur race est très-dislincte de celles qui les entourent : ils ont la peau d'un jaune foncé, avec le nez égyptien, les yeux fendus en amandes, les tempes déprimées, les pommettes saillantes. Us sont grands, mais le bassin est étroit. Ils sont très-maladroits sur Teau et ne savent pas nager; mais, sur terre, ils sont la terreur de toutes les tribus qui les entourent. C'est un peuple chasseur, et ils se repaissent de la chair des éléphants, des antilopes et des singes. Leurs fers de flèches sont trempés dans un poison violent. Yoici comment ils chassent l'éléphant : Le ngan^ médecin et sorcier de la tribu^ attire l'éléphant à l'aide d'un appeau appelé dibékadans un lieu où l'on a préparé des bananes dites toto^ dont l'éléphant esttrcs-friand. Quand Tanimal a cédé à la tentation, il est entouré d'un grand cercle de bambous hauts de dix pieds, pendant que le ngan ne cesse de battre sur un tambour qui a la vertu d'empêcher l'éléphant de voir le piège qu'on lui dresse. Quand cette clôture est terminée, le n'gan monte sur un arbre et lance à l'éléphant, sur le cou ou sur l'épine dorsale, une sagaie lourde et pointue; en même temps toute la population, hommes et femmes, se précipite sur l'animal et le frappe.

280 LA HAUTE-CAZAMANCE.

Sans doule réléphant pourrait de son seul poids renverser la barrière qu'on lui oppose, mais il tourne sans y songer. L'aviso à vapeur le Griffon a remonté, en 1859, près deGorée, la rivière Haute-Cazamance, au-dessus de rétablissement de Séd'hiou, principal village du pays. Le district de Packao sépare le Cazamance de la Gambie. C'est un riche pays, bien cultivé et grenier des arachides qui alimentent le commerce de la Cazamance; il présente un riant aspect avec ses rivières, ses beaux villages, ses plaines d'arachides, ses forêts de palmiers et de bois de toute essence. Sur la rive gauche du fleuve s'étend un pays renommé par sa sainteté, la Sonna, dont les marabouts débitent à tous les habitants de la côte leurs grigris préservateurs ; Karantaba, sa ville sainte, est le rendez-vous des apôtres noirs de ce fétichisme. Pendant dix ans ce pays hostile à l'influence française l'a entravée dans son action sur les indigènes. C'est pour en finir que le Griffon a remonté le fleuve; en quatre jours Texpédilion a été accomplie et la soumission, non-seulement du Souna, mais encore du Packao, du Balmadou et du Yaciné, s'en est suivie. Ces pays riches et fertiles sont désormais entrés sous la domination française.

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