MADAGASCAR
elle-même. Les Antilles, les îles de TOcéanie, Java, Bornéo, les archipels situés sous Téquateur ont vu leurs rivages occupés, leurs chaînes intérieures pénétrées par la Hollande, T Espagne, la France, l'Angleterre, tandis que Madagascar, exclusive et fermée, défie la conquête européenne; ses habitants, et faut-iHes en blâmer? ont réussi à écarter les envahisseurs. En cela même consiste l'originalité du spectacle que nous présente la grande île : ailleurs nous avons entendu les bruits de la civilisation débordant comme une marée montante, nous avons vu le malheureux sauvage se débattre entre le fusil du squatter et la Bible du missionnaire, presque autant épouvanté des austérités prêchées par celui-ci que des coups portés par celui-là. Ici, au contraire, nous sommes en présence d'une société grossière, peu cultivée, parfois cruelle, mais originale, personnelle, n'ayant presque rien emprunté à l'Europe, pleine de méfiance à son égard. Si le sang coule, c'est entre Hovas et Sakalaves, sans que les blancs aient été mis en tiers dans la querelle, et il est presque aussi difficile de pénétrer dans Atanarive, la capitale de la reine Ranavalo, que d'arriver jusqu'à Yédo ou à Pékin.
Visiter Atanarive était le but que se proposait le révérend William Ellis, et pour l'atteindre il a fallu, de 1855 a 1856, que le persévérant voyageur s'y reprît à trois fois, te missionnaire, qui a longtemps évangélisé la Polyné- ^*^î y a laissé, et particulièrement aux Sandwich, de vifs '^t bons souvenirs. Était-ce seulement le soin d'intérêts