LE CHEF- JUGE DE TAMATAVE, DOUZIÈME UONÎNEUR
large verandah. Les paiois, faites de planches bien jointes, sont tapissées intérieurement par une sorte de tissu tressé avec une plante; dans un coin se trouvait un bois de lit à pieds recouvert de nattes, dans les autres des ustensiles de cuisine, des sacs de riz, des armes indigènes et européennes; au centre, une table assez bien façonnée, sur laquelle étaient disposés des rafraîchissements; enfin, çà et là des sièges faits de nattes en forme de divans carrés. Plusieurs femmes étaient occupées dans diverses parties de cette vaste pièce; elles disparurent à Tentrée des visiteurs. On s'assit, et la conversation venait de s'engager, lorsque entra un nouveau personnage suivi de son cortège. C'était un homme grand et fort de cinquante à soixante ans, dont la physionomie rappelait entièrement le type des insulaires de la mer du Sud. Il était velu d'une belle tunique en forme de chemise à collet et a poignets rabattus, recouverte d'une large lamba àesoie composée débandes écarlate, rouge-œillet et jaune, avec des franges également diversifiées. Il n'avait pas de chaussures, et portait une casquette bleue avec une visière à filet d'argent et à lacet tl'or. Deux de ses gens étaient armés, l'un d'un grand sabre de cavalerie, l'autre d'une lame étroite et courte. Ce personnage était Rainibehevitra, ce qui veut dire le pèr^ des grandes pensées, chef-juge de Tamatave, douzième honneur et le secojid en dignité dans la ville. Il tendit amicalement la main aux étrangers, excusa le gouverneur de n'avoir pu venir en personne, s'assit et prit part à la conversation^ tandis que