S8S LE PÈRE DES GRANDES PËINSÊES
ses gens se groupaient respeclueusenient à Técart, à Texception cependant de Tun d'entre eux que les devoirs de sa charge retenaient auprès du maître, et qui i-emplissait un assez singulier olfice. On s*é(ait remis à parler chemins de fer, marine à vapeur, télégraphie éleclrique, car l'esprit des insulaires est fort curieux et beaucoup plus ouvert que nous ne sommes portés à le croire, quand, sur un signe presque imperceptible du père des grandes pensées^ le serviteur allongea avec dextérité un petit bambou long d'un pied, large d'un pouce, bien poli et orné d'anneaux, après en avoir préalablement détaché un couvercle retenu à l'une des exirémités par des fils de soie. Le chef-juge prit le cylindre, versa dans la paume de sa main une petite quantité d'une poudre jaunâtre, et, par un geste rapide, la fit passer sur sa langue sans toucher ses lèvres. C'était un mélange de tabac, de sel et de cendres d'herbes, qui est en grande faveur auprès des gens de toutes conditions. On ne fume pas à Madagascar, mais il n'y a pas un dignitaire qui n'ait dans son cortège un serviteur chargé de lui présenter ce mélange, et les pauvres gens, les plus misérablement velus, portent suspendu sur leur poitrine le précieux bambou.
Nos missionnaires furent autorisés à descendre chaque jour à terre, à la condition de retourner le soir à bord, et ils profitèrent de la permission pour visiter en détail Tamatave, dont, outre leurs amis indigènes, deux Français fixés en cet endroit, MM. Provint et de Lastelle, se