‹ L'Afrique nouvelleChapitre 190 sur 265 · INDUSTRIE ET COMMERCE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE ET COMMERCE

rite. Tous les hommes de cette race travaillent assis ou couchés; il n'y pas jusqu'aux scieurs de pierre qui ne fassent leur besogne accroupis, et il semble que les membres longs et flexibles de ces Indiens, si différentsdes membres musculeux des créoles, aient sans cesse besoin d'être repliés. Toutes les fois que lès marchandises d'une boutique ne craignent pas l'air, on est certain de voir le Malabar s'installer à sa porte au milieu de ses paquets. De même beaucoup d'autres s'en vont par les rues exercer des industries nomades : le barbier, muni de son rasoir, de SOS ciseaux et d'un petit miroir, s'établit à Tombre d'un mur ou sous une natte, si le soleil est vertical, et rase ou coupe au milieu du cercle de ses clients.

Sur les quais, dans les gares, aux portes des magasins, on retrouve encore les coolies et les Chinois en concurrence; ils débarquent et rangent les marchandises. Les premiers, qui ne vont guère que par bandes, font entendre en travaillant un chant bas et monotone; les autres, plus robustes, n'interrompent jamais leur travail, même sous le plus ardent soleil; ils vont et viennent sans bruit, n^é* changeant que de loin en loin entre eux un cri rauque et guttural.

Les grandes entreprises, les sucreries, les plantations sont entre les mains des Anglais, de beaucoup d'anciens Français et d'un petit nombre de créoles. Parmi ceux-ci, il en est de fort intelligents, qui, sur cette terre active et libre, sous la protection des lois et sans avoir beaucoup à souffrir des préjugés de race, ont déployé en toute sécurité

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leur intelligence, leur énergie, et amassé quelquefois de grandes fortunes. De ce nombre était Tun des hôtes de M. Ellis, qui n'employait pas moins de trois cent soixante cultivateurs, et cet homme de couleur déployait le plus grand zèle pour répandre au milieu de ses ouvriers et de ses nombreux serviteurs coolies et créoles la moralité et les sentiments religieux. Tous ces riches planteurs et négociants ont aux environs de Port-I^ouis, à Roche-Bois, à NouveHe-Découverte, à Peter-Botte-Mountain, des villas et des cottages délicieux avec des cascades, des jardins, des points de vue de toute beauté, et semés sur le penchant des pitons volcaniques, au milieu delà plus luxuriante végétation.

C*est dans un tel séjour et avec les nombreux amis qu'il s'y était créés que le révérend Ellis attendait le moment de faire une nouvelle tentative pour pénétrer dans Madagascar. Les négociants de Maurice avaient promptement souscrit les 15,000 dollars réclamés par Ranavalo, et Tun d'entre eux était parti avec M. Caméron pour remettre" cette indemnité à la reine. Les envoyés revinrent porteurs d'une lettre de Rainikietaka, treizième honneur , officier du palais, qui faisait savoir que la compensation offerte pour l'offense commise par William Kelly et Romain-Desfossés, avec trois vaisseaux, était acceptée, à la condition que l'administration de Maurice reconnaîtrait que son argent ne lui conférait aucun droit ni sur la terre, ni sur le royaume de Madagascar. Les Européens élaient prévenus qu'il leur était interdit de prendre pos-

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