‹ L'Afrique nouvelleChapitre 209 sur 265 · U CITÉ DES MILLE VILLAGES · texte numérisé non relu

U CITÉ DES MILLE VILLAGES

domesticité qui n'a, dit le missionnaire, rien de compa* rable aux horreurs de Tesclavage dans les Indes occidentales ; toutefois il n*est pas rare de voir un malheureux allant à sa besogne avec un collier de fer au cou ou une espèce de carcan, en punition de quelque faute. Le prix d'un esclave mâle est de 70 à 100 dollars, et celui d'une femme moitié moindre. On a parlé de cruautés excessives exercées à la côte ouest par les Hovas sur les Sakalaves; la relation du révérend père Ellis ne nous met pas à même d'apprécier le degré d'exactitude de ces faits, et d'autres renseignements ne nous donnent pas lieu d'y ajouter foi. Les Hovas sont certainement une race hautaine, orgueilleuse et despotique; entre Hovas et Sakalaves, il y a eu des luttes acharnées et sanglantes. Un fond d'inimitié subsiste encore; mais ce sont de nobles hommes, et il n'est pas prouvé que des cruautés à froid aient survécu aux ardeurs et aux excès de la guerre.

Après vingt jours de marche et un parcours de trois cents milles, les voyageurs parvinrent à un village assis sur le rebord d'une chaîne de granit et appelé de la couleur de cette puissante base, Ambatomangay le Rocher bleu. Ils étaient aux portes d'Anlananarive ^ Trois cavaliers vinrent les prendre pour les introduire dans la capitale, et bientôt la Cité des mille villages se déroula sous leurs yeux. Antananarive s'étend sur un

' Le vérilable nom de la capitale est Antananarive. Les précédentes feuilles étaient tirées quand nous avons eu ce renseignement, que nous devons à l'excellent journal publié par M. J. Duval : \* Économiste.

3'26 ASPECT GÉNÉRAL D*ANTANANARiYË.

plateau ovale, long d'une demi-lieue qui domine Id contrée environnante et s'élève à sept mille pieds audessus du niveau de la mer. Vers le centre, sur une éminence appelée Tampombohitra^ ce qui signiBe la Couronne de la cUéj se dresse le palais, construction la plus importante et la plus vaste de la ville. Il a soixante pieds d'élévation, et son toit aigu, sur lequel s'ouvrent trois étages de fenêtres, est surmonté d'un emblème représentant en bois doré un oiseau de proie, espèce de vautour appelé t;o2(mta/i^rt/, littéralement l'oiseau du pouvoir. Une verandah, coupée en deui par un balcon, enveloppe ses murs. A côté de la résidence royale s'élève une construction analogue, mais de moindres proportions : c'est la demeure du prince royal, et des deux côtés, sur la crête delà hauteur, s'alignent les maisons des autres membres de la famille royale et des principaux officiers du gouvernement. Au sommet se dresse le drapeau de Madagascar. Il ressemble à la grande flamme de la marine anglaise, avec une étroite bordure rouge. A Textrémité se trouve une étoile rouge de huit ou dix pointes. On y a ajouté depuis l'avènement de Radama II celte inscription : Râdâma II Phaniâka k y Madagascar. i86l, R. R. II. En bas s'étendent, sans beaucoup de régularité, les habitations particulières avec leurs toits aigus de chaume et de gazon. L'aspect uniforme de toutes ces maisons, la couleur sombre de leurs murs de bois et la nudité du plateau sur lequel elles sont assises, composent un ensemble sévère qui contraste tristement avec

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