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CÉRÉMONIES DE L'ENTREVUE

Vainement le missionnaire objecta que c'était en Europe lé costume de cérémonie^ t'autre demanda à voir sa garde-robe, et, y découvrant une belle robe de chambre vert et pourpre, il le força à s'en revêtir. Quelques instants après arriva le billet suivant : « Sir^ veuillez suivre le porteur de ce mot ; vous allez avoir une audience de Sa Majesté. » Le missionnaire, drapé dans sa robe somptueuse, monta en palanquin, mit pied à terre au premier poste des gardes de la reine, d'où un officier se détacha pour l'annoncer ; puis il pénétra par ufle porte cintrée dans une large cour, bordée de trois côtés par une ligne de soldats, et dans laquelle la reine, environnée des membres de sa famille et de ses ofSciers, se tenait assise au premier étage de son palais, sous le balcon de sa verandah. Â la vue de la souveraine, le missionnaire et ses guides, s'arrétant, fléchirent le genou et prononcèrent le salut d'usage : Tsara^ tsara, tompoko ! ce qui veut dire : C'est bien, c'est bijBn, souveraine! Se tournant vers l'orient, ils firent ensuite une génuflexion devant le tombeau de Radama, petit édifice carré, en pierre, construit dans un coin de ta cour, puis ils se dirigèrent vers les places qui leur étaient assignées.

Il y avait alors à Antananarive quatre résidents français : M. Laborde, qui y continue les traditions de M. Las telle; son fils, jeune homme de vingt ans, qui, après avoir été faire ses études en France, est venu retrouver son père à Madagascar; un prêtre catholique, M. Fenez- Hervier, qui a obtenu de la reine l'autorisation de séjour-

336 LA REINE RANATÂLO-MÂiNGlKA.

ner dans la capitale, et le père Jouan, chef de la mission de Madagascar, et supérieur du collège des Jésuites de Bourbon, sous l'influence duquel l'éducation du prince Rakout*Radama a été en partie formée. Le père Jouan était absent au moment de Tentrevue.

M. Laborde et le prêtre avaient été invités à assister à la présentation, et ils se tenaient, le premier couvert d'un riche costume arabe, le second en vêtement de soie brodée, près de la place assignée au missionnaire anglais. Celui-ci était en outre entouré d'interprètes qui, après quelques avis préalables relatifs à l'étiquette, lui dirent qu'il avait la parole et l'engagèrent à parler haut. M. Ellis remercia la reine de lui avoir fait l'honneur de l'admettre en sa présence, et, après l'échange des premiers compliments, demanda la permission de lui transmettre son hasina; en même temps il remit le souverain dont il s'était muni à un olficier. La reine daigna remercier par un léger signe de tête. Ensuite le missionnaire, reprenant son discours, rappela la vieille amitié de George lY et du roi Radama, et affirma que l'Angleterre n'avait jamais changé dans ses sentiments d'affection pour Madagascar, que le ministre de Sa Majesté Victoria, lori*d Clarendon, l'avait chargé de dire à la reine qu'il ne cessait d'entretenir à son égard des intentions amicales et de porter un vif intérêt à la prospérité de son règne.

Un murmure approbateur de l'assemblée accueillit ces paroles, traduites par un interprète. La reine, se tournait vers son fils Rakout et son neveu, le prince Ram-

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