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PORTRAIT DE LA REINE

boussalam, les entrelint avec beaucoup d'animation, puis elle adressa la parole à un homme de grande taille, à tête grise, qui remplissait auprès d'elle les fonctions d'orateur, car l'étiquette exige qu'elle n'adresse directement la parole qu'à certains personnages. Celui-ci fit savoir que la reine accueillait ces témoignages d'amitié avec bienveillance, ne regardait comme ennemie aucune des nations d'outre-mcr, et désirait rester en paix avec la France et l'Angleterre. Après l'échange de ces protestations amicales, le ministre principal prévint le visiteur qu'il était temps de se retirer. M. Ellis s'inclina devant la reine, puis devant le tombeau de Radama, et repartit au bruit des airs nationaux, accompagné des ofSciers qui l'avaient amené.

Durant cette entrevue, placé dans la cour, vis-à-vis du palais, au premier étage duquel la reine se tenait sur son balcon, M. Ellis eut tout le loisir d'examiner la fameuse Ranavalo-Mangika. C'était alors une femme de soixantehuit ans, vigoureuse, au visage énergique, le front bien fait, les traits réguliers, rien de désagréable dans la physionomie, avec un grand air de commandement. Elle était placée sous un dais écarlate et portait une couronne faite de bandes d'or ornée d'une dent de crocodile, et avait autour du cou une dentelle d'or. Son vêlement, d'une grande simplicité, consistait dans le lamba national en satin blanc. Quatre-vingts ou cent personnes l'environnaient ; mais son fils, les princes et son orateur avaient seuls le privilège de lui adresser la parole.

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