‹ L'Afrique nouvelleChapitre 231 sur 265 · TRADITIONS NOIRES · texte numérisé non relu

TRADITIONS NOIRES

sont pleines du lointain souvenir d'une malédiction divine. Au Mozambique, il y a une puissante peuplade, celle des A'Makuas, qui a accepté et naturalisé chez elle la légende biblique de Cham, le fils maudit de Noë. On y raconte que dans le principe les Africains étaient aussi blancs et aussi intelligents que les autres hommes; mais un jour Muluku (le boa Dieu), s'étant enivré, tomba dans le chemin les vêtements en désordre : les Africains qui passaient le raillèrent de sa nudité; les Européens, au contraire, eurent honte et pitié de Tétat de Muluku; ils cueillirent des feuilles et Ten couvrirent respectueusement pour que d'autres passants ne le vissent pas. Dieu punit les Africains en leur ôtant leur es* prit et en leur donnant une peau noire. Et partout, au Congo, à la Guinée, dans Tintérieur, des traditions et des récits originaux nous montrent les Africains châtiés pour leur désobéissance ou leur xévolte et condamnés à une condition abjecte. Muluku, maltraité, trahi parles hommes au milieu desquels il s'était présenté en bienfaiteur, se retire, laissant le monde livré à Mahoka, le mauvais principe. Les Holtentots, ces pauvres êtres si profondément déshérités de tous les biens de la nature, qui traînent une vie misérable sans souvenirs et sans espérances, racontent que les premiers parents, ayant offensé GounjaTicquoa, le bon géiiie, ont été condamnés par lui avec leur postérité. Certes il y a quelque chose de profondément touchant dans cette résignation de toute une portion de la famille humaine qui connaît son

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