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MOYENS D'AMÉLIORER LÀ RACE NOIRE

infériorité, et qui Faccepte en châtiment d'une faute dont elle n a qu*un lointain et vague souvenir.

L'éducation et le mélange, tels sont, d'après les démonstrations de Texpérience, les principaux moyens d'améliorer la race noire. Le mélange sera la conséquence naturelle de rétablissement des Européens en Afrique. Quant à l'éducation, il se pourra qu'elle prenne dans beaucoup d'États noirs une forme analogue à la tutelle que les États-Unis exercent sur le Libéria, ou qu'elle soit aidée par le concours des missionnaires; mais, de quelque façon qu'elle procède, il ne faut pas s'attendre à lui voir produire de prompts résultats. En Afrique, il n'y a pas seulement des nègres, il y a de plus les Arabes, en générale nomades et commerçants, les Berbères, dont M. Barth nous a montré dans le désert les turbulentes tribus, et les Fellani, qui ont conquis en partie 4e Soudan. Or tous ces hommes, d'origine sémitique ou malaisienne, sont actifs, belliqueux, avides de domination. C'est sous leur inQuence que se sont formés les sociétés et les États grossièrement ébauchés qui se partagent le Soudan; ils y ont apporté ces rudiments d'industrie que MM. Baikie et Barth signalent dans les villes situées sur les bords du Binué, dans Agadès, dans Katsena/Eano, etc, etc.; à l'idolâtrie ils ont substitué l'islamisme, te qui est un progrès; enfin ils ont remplacé la barbarie complète par une civilisation relative.

Les conquêtes qu'ils ont faites ainsi, il faut s'attendre à les leur voir défendre énergiquement contre les

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empiétements des Européens, et dan*s les luttes qui pourront un jour s'engager entre eux et nous, il faut bien reconnaître que nous aurons plus d*une cause d'infériorité : à savoir le climat, la distance et jiisqu à Télévation de notre morale religieuse, qui choi|ue profondément les habitudes des indigènes en interdisant la polygamie et l'esclavage.

Quelle que soit la période de temps nécessaire à la réalisation de ces lointaines espérances, les découvertes (le nos voyageurs ont d'autres résultats lucratifs et immédiats, qui sont la juste récompense de leurs travaux et comme le payement anticipé de l'assistance que prêtera l'Europe à l'Afrique. L'heure est venue pour les nations commerçantes et industrieuse de planter leur drapeau sur les points qu'elles veulent exploiter dans le vaste marché que l'Afrique va leur offrir. L'Angleterre, qui les a toutes devancées, s'est fait une large part : les voies nouvelles que le Binué, le Niger et le Zambèze ouvrent dans l'intérieur de l'Afrique lui appartiennent; elle a un consulat à Kukawa, elle a noué des relations avec Kano, Sokoto et toutes ces riches contrées du centre du Soudan qui produisent le coton, l'indigo, le sorgho, le sucre et tant d'autres denrées précieuses. Du Cap, elle peut, grâce aux conquêtes deMM. Anderson, Livingstone et autres, étendre son influence sur les meilleures régions de l'Afrique australe.

Dans ce continent, la France doit aussi prendre sa

part : nous possédons la terre fer'ile qui fut un des

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greniers de Rome, et trente-deux ans de lutte et d'efforts ont reculé notre domination jusqu'aux limites du désert; en outre, nos couleurs flottent sur le Sénégal et plus loin, à rembouchure de TAssinie. Déjà le gouvernement a songea relier Tombouctou à ces deux centres coloniaux. L'influence française porlée en Egypte par la conquête s'v est maintenue à travers mille vicissitudes. Méhémel- Ali s'entourait d'ingénieurs et d'officiers français. C'est sous une direction en grande partie française que s'accomplissent les études qui doivent aboutir au percement de l'isthme de Suez, fait immense, dont notre commerce plus que tout autre doit tirer profit.

En effet, TAbyssinie parcourue dans tous les sens par nos voyageurs. Mayotte, colonie récente, Madagascar destinée à redevenir française, Bourbon, dernier vestige de notre puissance dans les mers de l'Inde, ne seront plus qu'à une courte distance de Marseille et de nos ports du Midi. La France, voisine de l'Afrique^ l'enserre à l'est^ à l'ouest, au nord. Nous avons des points de départ heureusement choisis, des foyers d'où la civilisation, l'industrie, le commerce, tout ce qui fait la force et la grandeur des peuples peut rayonner jusque dans l'intérieur du continetit. En un mot, nous sommes à même plus que personne de faire notre profit des découvertes que viennent d'accomplir ces hommes, missionnaires et voyageurs, qui ont confondu dans «une œuvre commune leur nationalité, et dont la plupart ont payé de leur vie leurs pacifiques et glorieuses conquêtes;

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