LES BERRY
qui a fixé son existence dans les régions lointaines de la haute Nubie, a remonté en 1844 et 1851 le Nil. Dans sa seconde excursion, il a de beaucoup dépassé le point atteint par dom Knoblecher. De Bélénia, capitale des Bary, résidence du chef de cette peuplade et séjour d'un missionnaire de la propagande autrichienne sur le Nil Blanc, il parvintjusqu'au troisième degré delatitude nord, et obtint de précieux renseignements sur les tribus qui habitent les deux rives du fleuve jusque sous Téquateur. Entre deux excursions sur le Nil Blanc, M. Brun a voulu soumettre ses travaux à la Société de géographie de Paris, dont il est membre, et à laquelle il avait adressé, dans le cours des années précédentes, plusieurs rapports. Voici un court résumé des résultats de son voyage. A l'est et à Touest du Nil coulent parallèlement, à quelques journées du fleuve, le Saubat et le Modj. Sur le Saubat, affluent de la rive droite, se trouvent dissiminées, vers le 5® degré de latitude nord, les habitations desBerry, qui sont, au dire du voyageur, les nègres les plus intelligents de cette région. Ils voyagent volontiers et montent vers le nord pour échanger eux-mêmes à Fadassy, qui est le principal marché des populations riveraines des deux Nils, leur ivoire contre du fer, des toiles et des verroteries. Ils n'ont pas la coutume de s'arracher les incisives de la mâchoire inférieure, mais ils se percent la lèvre au-dessus ^u menton, et dans cette ouverture ils font entrer un morceau de cristal cylindrique, long d'un potlce et demi à peu près. Leurs femmes se percent aussi les oreilles ^