‹ L'Afrique nouvelleChapitre 242 sur 265 · IMPORTANCE DU LIBERIA · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DU LIBERIA

certains d'entre eux entretenaient des esclaves. Le président Roberts nia le fait avec une extrême indignation àms]e Libéria-Herald; mais, fût-il réel et complètement démontre, on ne saurait en rendre responsable le Libéria tout entier et tirer de là un argument contre l'institution de cette république. Est-ce parce qu'entre les quinze mille noirs et mulâtres qui s'agitent et qui vivent sur ce sol, il en est qui ont conservé quelque chose de l'indolence primitive, est-ce même parce qu'il y en aura quelques-uns qui se seront faits complices de la traite, qu'il faudra les condamner tous? S'il est vrai que les hommes de couleur qui forment le noyau de la Société libérienne ont senti en eux se développer des aptitudes nouvelles, des instincts de travail et d'ordre; s'il est vrai qu'ils forment une Société régulière et respectable, que leur établissement ait été l'occasion de l'abolition de la traite sur presque toute la côte de Guinée, de tels faits justifient la création du Libéria et expKquent sa raison d'être. Pour ce qui concerne l'éducation complète, la civilisation absolue de la Société libérienne et des noirs sur lesquels elle peut réagir, ne soyons pas trop impatients; il n'y a pas si longtemps que l'expérience est commencée; elle est en bonne voie, laissons à l'avenir le soin de la compléter.

La république libérienne a déjà son satellite, le Maryland-in-Liberia. La Société de colonisation particulière de Baltimore, après avoir, dans l'origine, envoyé des contingents au Libéria, avait résolu, à la suite de quel-

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qucs dirOcullés administratives, en 1851, de fonder une colonie particulière à côté de celle du cap Mesurada. Elle choisit pour créer cet établissement le cap Palmas, où s'élevèrent par ses soins deux bourgades. Après quel* ques années de vicissitudes et d'épreuves semblables à celles que le Libéria avait dû surmonter dans ses commencements, Maryland atteignit, vers 1857, un degré de prospérité convenable. Cette colonie vit aujourd'hui dans des conditions semblables à celles de sa voisine, si ce n est que, fondée par un État soumis au régime de la tempérance, elle ne peut introduire chez elle ni rhum ni spiritueux. Sa population d'émigrants s'élève actuellement à mille ou douze cents hommes, et se recrute chaque années d'une soixantaine d'hommes de couleur. En 1854, elle a obtenu de vivre indépendante, comme le Libéria depuis 1847. A plus d'une reprise il a été question de l'annexer à ce dernier État; mais on ne s'est pas entendu encore, parce que le Libéria désire se l'adjoindre comme comté, tandis que le Maryland veut s'unir à titre d'État fédéré. Le commerce y porte sûr les mêmes objets que l'Etat voisin. Dans l'année 1854-1855, les exportations se sont élevées au chiffre de 7,725 dollars, les importations à près de 30,000 dollars, et les droits de douane, c'est-à-dire le principal revenu public, à 2,242 dollars. Ces chiffres sufEisent à témoigner de la prospérité et même de l'importance du Maryland-in-Liberia.

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