‹ L'Afrique nouvelleChapitre 29 sur 265 · DU NIL · texte numérisé non relu

DU NIL

montagne boisée d'où Tœil peut suivre les sinuosités du Nil à travers le pays accidenté et souvent pittoresque qui s'ouvre à T horizon. Tantôt on le voit disparaître derrière une montagne au pied de laquelle il serpente, tantôt il se dessine comme un ruban bleu entre les villages et les forêts échelonnés sur ses rives. M. Brun pense que cette cataracte, située sous le 5* degré de latitude, pourrait être franchie à l'époque des crues ; mais on serait alors obligé, à cause des vents du sud, de remorquer les barques, et Ton aurait à craindre les hostilités des peuplades riveraines et les terribles ouragans de cette saison. A partir de cette cataracte, le Nil coule au sud-est. Sur ses deux rives sont répandus les nombreux villages des Makedo. Du pays des Makedo aux montagnes de Kombirat, situées à quelques lieues du sud de l'équateur, et qui sont le point extrême sur lequel M. Brun ait obtenu des renseignements, il y a douze journées de route, de dix heures chacune, en suivant les contours que fuit le fleuve. De nombreuses tribus, dont quelques-unes semblent appartenir à cette famille guerrière des Gallas, qui erre au sein des vastes régions comprises entre TAbyssinie méridionale et la côte de Zanguebar, sont répandues sur les deux rives du Nil. Chez les Lougoufi et les Modi, à quatre journées des Makedo, le fleuve se resserré au point qu'on le traverse sur un tronc d'arbre jeté d'une rive à l'autre. Les indigènes font mention de hautes montagnes situées à l'est du fleuve, et d'où coulent plusieurs torrents au-dessus du confluent desquels

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