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LE FLEUVE AU-DESSUS DE GONDOKORO

Ce voyageur avait déjà accompli, quand la mort l'a frappé, une partie de la grande expédition qui semblait devoir le mener aux sources du fleuve. Il s'était rendu de Khartoum à Gondokoro au commencement de 1861. Cette localité est une des étapes les plus reculées que la civilisation ait établies sur le fleuve Blanc; elle est située sous le 5* degré de latitude nord. De là il pénétra, après trente et une heures de marche, dans un district appelé Mourou, qui est arrosé par la rivière Itiey, afDuent du Nil, large en cet endroit de 80 mètres, avec une profondeur moyenne qui, par les basses eaux, ne dépasse pas 55 centimètres. A quelque distance au sud de Gondokoro, le Nil est coupé par des rapides qui forment une des plus grandes difficultés de sa navigation. Les obstacles, occasionnés par d'innombrables écueils, obstruent le lit du fleuve dans une longueur de 750 mètres. A l'époque des pluies, les canaux que tous ces rochers forment deviennent d'effroyables torrents. Un nombre considérable de petits affluents, dont les sources sont peu distantes, descendent au fleuve et contribuent à entretenir son niveau à une hauteur presque constante; ils peuvent compter à bon droit parmi ses sources. A quelques heues plus bas se trouvent les cataractes de Makedo, qui n'ont pas plus de 1 mètre 50 centimètres, mais qui n'en gênent pas moins le passage. Au-dessus, le fleuve se développe dans un lit paisible et profond, pendant une quarantaine de kilomètres. Il y a là, en moyenne, une largeurde 45 mètres et une profondeur de plus de 5 mètres. Les bar-

6i MORT m DOCTEUR PENEY.

ques, mises hors de service par les obstacles qu'elles avaient, eu à franchir, ne purent mener plus loin les voyageurs. M. Peney essaya de continuer à pied son exploralion, et il remonta le long du Nil jusqu'à une chaîne de montagnes appelée Rego, qui forme la limite méridionale du territoire des Bary. Au pied d'un des pics principaux, le Guiré, le fleuve est de nouveau embarrassé de rochers. Les nègres qui escortaient le voyageur refusèrent de le conduire plus loin, sous prétexte de guerre entre leur tribu et celle du territoire où il fallait entrer. M. le docteur Peney a été obligé de revenir sur ses pas. Mais il se préparait à renouveler ses efforts et à compléter sa reconnaissance en compagnie d'un Maltais, M. Debono, quand il a été pris par les fièvres malignes, causées par les pluies tropicales; il y a succombé. Nous pouvons jus* tement répéter que la perte de ce voyageur instruit, courageux, plein d'expérience et d'un caractère élevé, est un sujet de grande affliction et une des calamités les plus cruelles qui, dans ces derniers temps, aient frappé la science en Afrique.

Un Italien, M. Miani, a fait aussi des efforts pour pénétrer jusqu'aux sources du fleuve, et il est un de ceux qui doivent en avoir le plus approché. Il est allé jusqu'au deuxième degré de latitude nord, à travers le territoire de tribus appelées Avidi et Madi. Déjà celle-ci avait été signalée par Brun-Rollet. M. Miani a rapporté en Europe une carte des régions lointaines qu'il a visitées. Malheureusement elle ne saurait être d'une grande utilité, parce

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