‹ L'Afrique nouvelleChapitre 51 sur 265 · LA MOUCHE TSÉ-TSÉ · texte numérisé non relu

LA MOUCHE TSÉ-TSÉ

fermait l'horizon. Une grande rivière semblable au Zoiigha, le Théogê, s'y jetait à Textrémité nord-ouest, et faisait communiquer ce vaste bassin avec une série d'autres petits lacs plus septentrionaux. Tous, ainsi que les rivières, nourrissent des hippopotames et des crocodiles. La napped'eau au bord de laquelle l'exploration du Zougha avait conduit les voyageurs n'était autre que le lac N'gami. Dans cette première e}rcursion, les voyageurs ne pénétrèrent pas sur la rive septentrionale du Zougha ; mais il se trouva l'année suivante un autre explorateur, M, Oswell, qui, de 1850 à 1851, séjourna sur les bords de la rivière, la parcourut dans toute son étendue, de l'ouest à l'est, jusque vers un lac appelé Kummandow^ près duquel elle aboutit après avoir traversé le N'gami, et se perd dans des étangs salés. Au printemps de 1851, M. Livingstone rejoignit M. Oswell, et tous deux continuèrent de s'avancer dans la direction du nord. Ils arrivèrent dans un pays plat, boisé et habité par des tribus errantes de nègres. Ils y eurent particulièrement à souffrir de la piqûre du tsé-tsé, insecte singulier qui se trouve également au Soudan et sous la zone du tropique méridiotial. Sa piqûre, inoffensive pour les bêtes sauvages et pour l'homme, est mortelle aux animaux domestiques, hormis la chèvre. Il suffit de trois ou quatre de ces insectes pour tiier un gros bœuf; l'animal blessé maigrit rapidement et meurt au bout de quelques jours :. le cœur, le foie, les poumons, sont dans un état morbide, et le sang est altéré et diminué! Par bonheur les Isc-tsé

76 LE ZAMBËSE SUPÉRIEUR.

ne quittent pas les localités où ils se sont confinés, et les indigènes éviteiit ces endroits redoutables; s'ils sont forcés, en changeant de pâturages, de traverser les cantons que le tsé-tsè fréquente, ils choisissent le clair de lune desTîuits les plus froides, parce qu'alors cet insecte ne pique pas. Après avoir vu les bœufs et les mulets qui traînaient leur bagage décimés par cette mouche malfaisante, les deux voyageurs atteignirent enfin le Chobé, rivière affluente du Sescheké ou Zambèse supérieur. Des tribus de nègres grands et forts habitent ses rives. Leur chef Cébituané fit aux Européens un accueil bienveillant, et il se préparait à leur faciliter la continuation de leur voyage, quand il mourut subitement. Les blancs, et ce fait est remarquable au milieu de peuplades sauvages, ne furent pas accusés d'avoir provoqué ce malheur par leur présence, et ils séjournèrent près de deux mois parmi les sujets du chef défunt, qui les traitèrent constamment avec bienveillance.

Toute cette partie de TAfriqûe est arrosée par des fleuves qui débordent à là saison des pluies, Dn y compte également nombre de lacs. Aussi le pays est-il fréquemment couvert par les eaux, qui, en se retirant, laissent derrière elles un sol fertile où se déploie une riche végétation. Les nègres qui peuplent la contrée sont divisés comme partout ailleurs en une foule de tribus dont les principales portent les noms de Barotsi, de Banyeti, de Batoko; la plus puissante de toutes est celle des Makololo. Les Barotsi sont habiles à travailler le bois; les Banyeti

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