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LES BORDS DU NIL BLEU

res une foule de singes. Ces animaux s'apprivoisent facilement, et forment un objet de commerce assez considérable. Pour les prendre \ivants, \oici le procédé sin-. gulier dont les habitants font usage. Sous un arbre fréquenté par les singes, ils disposent une cruche en bois pleine d'une sorte de bière à laquelle est mélangé du miel. Les quadrumanes boivent à longs traits cette liqueur qui les enivre ; alors apparaît le preneur de singes, qui s'empare de tous ceux que Vivresse a couchés à terre. I^es bords du Nil Bleu sont fréquentés par des lions, des éléphants, 'os hyènes, par des serpents et des scorpions; enfin par toutes les bêtes venimeuses que produisent en abondance ces régions tropicales.

A une distance de trois journées au sud de Sennaar s'élève Roseros, ville qui compte trois mille habitants, en partie noirs, et qui est bâtie dans un site pittoresque, près du Nil Bleu, dont un épais fourré de palmiers la sépare. La végétation équatoriale s y développe dans toute sa splendeur. VersThorizon, du côté du sud, s étend une chaîne de montagnes voilées par une brume bleuâtre. Une cataracte interrompt en cet endroit la navigation du Nil Bleu, et, à une distance de quelques journées de marche vers le sud, le Sennaar fait place au Fazogl.

Les habitants du Sennaar ne forment pas un peuple distinct : on retrouve en eux le mélange des Nubiens, des Arabes, des Egyptiens, avec les nègres indigènes; de là une grande diversité de nuances dans le sang et la couleur des habitants de toute cette région, et aussi une

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