TOPOGRAPHIE ET ROUTES
Depuis un temps très-reculé, on savait vaguement que sur une partie du vaste espace qui compose TAfrique australe devait se trouver une large nappe d'eau. Les cartographes y ont longtemps promené à leur fantaisie, en lignes indécises, un lac tantôt incliné vers Touest, et tantôt vers le nord, auquel ils donnaient les noms de Maravi et quelquefois deNyassi. Il y a seize ans, M. Cooley publia dans le Journal de la Société géographique de Londres tous les documents qu'on possédait alors au sujet de ce lac, sans cependant réussir à en préciser rétendue et remplacement. Quelques renseignements vagues dus en 1852 a une troupe d'Arabes ne changèrent point Tétat de la question. Ces hommes étaient partis de Zanzibar et avaient traversé l'Afrique dans toute sa largeur jusqu'au Benguela. Ils racontaient qu'à une assez grande distance de la côte ils avaient atteint un grand lac, qu'ils avaient franchi au moyen d'un radeau, et sur lequel ils étaient restés un jour et une nuit.
De telles notions ne pouvaient qu éveiller la curiosité sans la satisfaire. Enfin, un missionnaire anglais, M. Ehrardt, collègue de MM. Krapf et Rebmann, explorateurs de la région équaloriale, résolut d'éclaircir ce fait important. Il se transporta de Momba, sur un point plus méridional de la côte. Là, ne pouvant tenter de pénétrer en personne dans une région lointaine et d'un accès difficile, il interrogea un grand nombre des naturels et des Maures qui font le commerce entre la côte et Tintérieur.