‹ L'Afrique nouvelleChapitre 70 sur 265 · PREMIÈRES EXPLORATIONS DU NIGER · texte numérisé non relu

PREMIÈRES EXPLORATIONS DU NIGER

mais ils n*a^aient pu préciser la direction définitive que suit cette énorme masse d'eau, et cette incertitude avait donné naissance à de bizarres conjectures qu'il est inutile de rappeler. La plus étrange était celle qui faisait du Niger et du Nil un même fleuve, lequel aurait traversé à la fois en longueur et en largeur la masse compacte de l'Afrique. La différence de niveau qui existe entre Test et l'ouest du continent ne tarda pas à démontrer l'nvraisemblance de cette conjecture.

C'est à la fin de 1830 seulement (et cette découverte est due aux frères Lander), qu'on reconnut que le Niger se jette dans l'Atlantique, à la côte de Guinée, entre les goHes de Biafra et de Bénin, Une fois ce point établi, on multiplia inutilement les tentatives pour entrer en relations avec les peuplades riveraines • En 1832, MM. Laird, Oldfield et Allen pénétrèrent avec deux petits vapeurs à l'entrée de la Tchadda ; mais leurs équipages, décimés par la fièvre, ne purent les conduire plus loin que la ville de Bagbo. En 1834, Richard Lander fut assassiné dans le delta parles naturels. M. Beecroft, consul d'Angleterre à Fernando-Po, renouvela trois fois, de 1836 à 1845, la tentative d'Oldfield, sans pouvoir dépasser le point atteint par son prédécesseur. Enfin une grande expédition, confiée en 1840, au capitaine Trotter, eut la plus désastreuse issue, et le Niger semblait devoir être abandonné, quand la conjecture ouverte par le docteur Barth réveilla la curiosité et l'ardeur des Anglais.

C'est qu'en effet, si la conjecture de ce voyageur se

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trouvait jusliGée par rcvénement, des résultats de la plus haute importance pouvaient en sortir : jusque-là, on n'avait pénétré dans la partie centrale du Soudan que parla route longue et périlleuse de Tripoli et du désert; désormais le Niger et la Tchadda ouvriraient une large voie fluviale menant au cœur de ces régions lointaines, et permettant d'entretenir des relations constantes avec les peuples riverains. Cependant de grandes craintes se mêlaient à ces espérances, car les désastres des précédentes expéditions étaient présents à toutes les mémoi- )'cs, et beaucoup prétendaient que ce chemin des fleuves, si simple en apparence et si direct, serait toujours trop meurtrier pour être praticable. L'expédition de 1851, devait donc être, en quelque sorte, une grande et suprême expérience. Celte expérience a eu lieu, et nous voyons, avec la joie la plus vive, que les espérances des amis de la science se sont pleinement réalisées. L'Afrique est vaincue. Cette terre qui, semblable au vieux sphinx, dévorait ceux qui cherchaient à résoudre ses énigmes, s'est laissé envahir sans prendre cette fois une seule victime.

Le plus grandi soin présida aux préparatifs de l'expédition. M. Laird, ancien compagnon d'Oldfield, pourvut en personne à l'armement de la Pléiade petit vapeur à hélice, de la force de soixante chevaux, jaugeant deux cent soixante tonnes, long de cent pieds (anglais) et n'ayant qu*un tirant d'eau de six et de sept pieds tout chargé. Le consul de Fernando-Po, M. Beecroft, reçut la

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