‹ L'Afrique nouvelleChapitre 8 sur 265 · FUNÉRAILLES AU SENNAAR · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES AU SENNAAR

sent à des marques certaines ces hommes-démons, et qui les désignent à la vengeance publique. Le Sennaarien dont la femme est enceinte doit bien se garder de tuer un animal, car son enfant périrait dans le sein de sa mère. L'une des plus remarquables singularités de ce ^peuple lointain, c'est qu'on retrouve chez lui, dans certaines circonstances, une sorte de jugement de Dieu analogue à celui que les Germains introduisirent autrefois dans la Gaule. Avant l'invasion égyptienne, quand une femme en accusait publiquement une autre de se prostituer, celle-ci p,ouvait demander l'épreuve du feu. Trois fefs de hache étaient jetés dans un brasier ardent, et chacune à son tour les tirait du feu. Celle que la souffrance faisait défaillir était jugée coupable, mise aussitôt à mort et enterrée sans pompe; l'autre au contraire recevait de nombreux présents.

Verser des larmes est au Sennaar et aussi dans toute la Nubie la plus digne manière d'honorer les morts. Bien longtemps après les funérailles, les parents pleurent celui des leurs qui n'est plus, et à des intervalles qui re viennent régulièrement ils font retentir de cris et de gémissements leur demeure, en frappant en même temps avec des bâtons sur des calebasses renversées dans des vases pleins d'eau, conviant par cet appel funèbre leurs amis à venir partager leur douleur. Les circonstances heureuses et surtout les mariages, dont les fêtes durent sept jours, se célèbrent par des festins dans lesquels figurent, avec le merisse et le bilbily liqueurs tirées des

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