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LE MIEL, LE SUCRE

grains et les végétaux. Le lait, le beurre, le miel et quelques fruits, tels que les bananes et la datte du palmier de Guinée, sont pour lui des aliments de luxe. Cependant le miel est très-abondant et il n'y a guère de village à la suite duquel on ne voie ces alignements de ruches que les indigènes appellent ma^singa. Les produits des abolies sont de deux sortes; l'un inférieur et très-bon marché est recueilli à Tétat sauvage dans les forêts et dans les jungles. Il ressemble plus au produit des guêpes qu à celui des abeilles. Il contient peu de cire et le miel est maigre et aqueux. L'autre au contraire est une bonne variété qui fournit une bejle cire jaune que les Arabes mélangent au suif pour faire des sortes de bougies. C'est après les pluies que se produisent les meilleures qualités. Les années où le miel est abondant et bon marché, les Arabes en font un sucre qui a une couleur brune comme nos sucres de basse quahlé, et dont on fait usage partout où ne croit pas la canne. Celle-ci d'ailleurs est employée dans son étal naturel, car les noirs éloignes des Européens, n'ont pas encore imaginé d'en extraire les sucs et de les condenser. Cependant le sucre est une des friandises les plus recherchées eu Afrique; on ne saurait imaginer les contorsions que fait un nègre pour mériter un morceau de sucre; il saute, il porte ses mains à sa tête et à son cœur: il le payera, s'il peut, son poids d'ivoire, et si quelques grains tombent à terre, il se jette dessus et les ramasse avec la bouche au risque de prendre de la boue ou du sable avec.

OBJETS D'ALIMENTATION. iil

Le poisson abonde dans les lacs et dans les rivières de cette terre bien arrosée; cependant il est généralement abandonné aux pauvres et aux esclaves. Les végétaux sont réputés, de Taveu des Arabes, sous cette latitude , acides et indigestes. La nourriture la plus prisée, c'est la chair; cependant elle est rarement le partage des gens de la campagne, quand ils ne peuvent pas mettre la main sur quelque débris des repas d'un chef* La chair préférée est celle du bœuf que les Européens trouvent échauffante. Le gibier est mis au-dessous des viandes d'animaux domestiques; après les bœufs on estime le plus la chèvre; quant au mouton il est considéré comme basse viande et vendu à vil prix; de fait ce bétail a dans TArrique infé« Heure un aspect chélif et misérable. Les poules, les pigeons sont aussi en grande faveur, mais les œufs exci« tent une aversion unanime sans qu'on puisse voir pour* quoi. Des animaux sauvages, celui dont la chair est le plus estimée est le zèbre ; on la fume et on la bat sans cependant lui retirer sa saveur. Des antilopes^ quelques espèces sont tendres et succulentes, mais la plupart ont la chair noire, dure et indigeste. Une façon pour un voyageur européen de déterminer des Africains à l'accompagner, c'est de leur promettre une très-abondanle nourriture. Faire des provisions est la seule chose pour laquelle dans les Étals les moins barbares de l'Afrique les noirs aient un peu de prévoyance. Ils sèchent, fument et salentde grandes quantités de viande. La viande battue, coupée en menus morceaux et mise avec du

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beurre dans des pots ou des calebasses forme un mets appelé kawwmeh et qui est en usage surtout pour les voyages. Si dans une étape le voyageur noir manque de viande et d eau il ouvre la jugulaire à un de ses bœufs et se rassasie comme une sangsue. U y a des tribus qui se font un ragoût de lait et de sang battus ensemble.

Le lait très-estimé de toutes les tribus, sert de boisson; il est aussi transformé en beurre et en espèces de fromages; le beurre est d'un grand usage et trcsrecherché, mais il est fort mauvais, à cause de sa préparation défèotueusé; il prend vile une odeur et un goût rances; malgré cet inconvénient il ne paraît pas en moins plaire aux iridigàhes. Dans cet état les Arabes essayent de le purifier avec un mélange de farine ou de riz en poudre bouilli dans un peu d'eau. A Touest de rCnyamwezi le beurre tient lieu d^iuile dans les lampes. L'huile commune est tirée, de diverses plantes appelées karangUj bluiphaii^ et de Yarachis hypogea, A défaut de beurre on l'emploie aussi bien que Thuile de coco, avec les fèves, le manioc, les patates douces et d'autres végétaux. Une qualité d'huile supérieure, est l'îiio, extraite de l'u/afa, arbuste qui croît sur toute la côte et très-avant dans l'intérieur. L'huile de palme n'est en usage que sur les bords du lacTarganyika; on en extrait encore de diverses plantes qui, malgré l'infection de son odeur, reçoit un grand emploi, comme onguent, parmi les populations. Dans quelques endroits privilégiés croît une sorte de concombres dont tes Arabes tirent unç

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