‹ L'Afrique nouvelleChapitre 94 sur 265 · LES FILLES ADULTES · texte numérisé non relu

LES FILLES ADULTES

protection. Dès que les garçons peuvent marcher, ils s'assemblent en troupes; à Tâge de dix ans ils commencent à garderies troupeaux, et^bienlôl, secouant la dépendance paternelle, ils aspirent à bâtir une hutte, à planter du tabac; il n'y a pas un garçon qui, vers dix ans, ne gagne déjà sa vie.

Les filles demeurent jusqu'à leur puberté dans la maison de leur père; mais ensuite toutes celles d'un même village qui sont à Tétat adulte, généralement au nombre de sept à onze, se réunissent et se bâtissent chacune une hutte où elles puissent recevoir leurs amants hors de la surveillance de leur famille. Quand une d'entre elles est près de devenir mère, le jeune homme qui Ta vue est tenu à l'épouser sous peine d'amende, il en paye une aussi au père si elle meurt dans l'enfantement. Pour épouser, le jeune homme a également un prix à payer, qui varie, suivant les avantages et les qualités de la belle, entre une et dix vaches. La cérémonie du mariage est ensuite célébrée, à grand renfort de tam-tam, par des danses et le pombé. La polygamie est en usage pour les gens riches. L'épouse a la charge des bestiaux, des chèvres, de la volaille ; c'est la femme qui sème et qui travaille la terre; chacun cultive son tabac. Les veuves qnittentleur demeure, leurs biens, et demandent les ressources de leur existence à la prostitution.

Primitivement quand un indigène était mort, ses proches traînaient le cadavre par la tête dans une jungle où les hyènes et les autres bétes fauves ne tardaient jiasà

Page 1