‹ L'Afrique nouvelleChapitre 95 sur 265 · USAGES, CÉRÉMONIKS DES NOIRS · texte numérisé non relu

USAGES, CÉRÉMONIKS DES NOIRS

le faire disparaître. Les Wanyamwezi étaient hostiles à la combustion pratiquée par les Arabes, et la traitaient de profanation. Mais ceux-ci ont réussi à la faire prévaloir légalement, et même à l'imposer à leurs hôtes. Aujourd'hui le défunt, la tête tournée vers le village où est née sa mère, est brûlé avec ses armes. Si c'est un personnage d'importance, on égorge en son honneur un bœuf etunâ brebis qui servent à un festin de funérailles, et on enveloppe ses cendres de leurs peaux. Les chefs de toutes ces peuplades, qui prennent uniformément le titre de sultans, sont également brûlés, et des rites cruels assombrissent leurs funérailles : trois femmes esclaves sont brûlées vives sur leur bûcher, pour leur épargner, dit-on, les ennuis de la solitude. De larges libations de pombé complètent la cérémonie.

On sait combien les sauvages de l'Afrique sont passionnés pour les danses et pour leur grossière musique; ceux de Test et du centre ne le cèdent sur ce point à aucune autre peuplade. Quand la lune commence à se lever, ils sortent de leur torpeur, quittent leurs jeux, el, bondissant comme des chacals, appellent par le bruit de leurs cris et de leurs instruments primitifs les filles qui accourent et dansent, tantôt seules, tantôt mêlées à l'autre sexe. Il est remarquable que les danses dans l'Unyamwezi ont un caractère de gravité qu'on ne leur connaît guère ailleurs. Leur musique se compose des combinaisons de sons les plus monotones ; c'est une sorte de récitatif, coupé par des chœurs en voix de basse ; les

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