l'ivoire
La législation de TKtat du Congo dans cet ordre concerne principalement trois points.
Le premier est la réglementation de la chasse à l'éléphant en vue d'assurer la conservation de celui-ci. Le décret du 25 juillet 1899 concernant les permis de chasse a été complété par le décret du 29 avril 1901, déterminant les époques et les réserves de chasse et établissant rinterdiction de chasser ou de tuer les éléphants non adultes dans tout le territoire de l'État.
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Le second point est la reconnaissance de la règle en vertu de laquelle sont considérées comme appartenant au proiu'iétaire les dépouilles des animaux sauvages devenues l'accessoire de son fonds.
Le troisième point concerne l'abandon en jouissance ouverte fait par l'État, en vertu du décret du 9 juillet 1890, aux particuliers, de la récolte de l'ivoire des domaines de l'État dans diverses régions, notamment dans tous les territoires situés au delà du Stanley-Pool, directement accessibles aux steamers, en aval des chutes du Congo et en aval de celles de ses affluents, sur une profondeur de rive de 5o kilomètres.
Pour couvrir les dépenses extraordinaires occasionnées par la sui)pression de la révolte des Arabes, l'État a établi dans le district de la Province-Orientale, par décret du 23 novembre 1893, un impôt sur les produits que les particuliers ou les indigènes se procurent par la chasse des éléphants et en a réglé le mode de perception en vue d'éviter les fraudes et en admettant divers temi)éraments favorables au mouvement des échanges.
Ces dispositions ne sortent pas de la coml^étence ordinaire du législateur.
Lorsque Ton jette un coup iVœil sur le régime terrien et sur les divers modes d'aménagement du domaine, il n'est guère i)ossible de méconnaître la parfaite correction des procédés emi)loyés par l'Etat dans cet ordre. On peut les discuter comme question do meilleure i)olitique coloniale, mais on no peut, ce semble, les attaquer en droit.
Dans une œuvre si vaste et si ardue, certains tâtonnements ne peuvent manquer do se produire. Certains mécomptes sont inévitables. Ces mécomptes ne découragent i)oint l'État ; ils l'amènent simplement à faire fruit de l'expérience acquise et à substituer de meilleures méthodes à des méthodes reconnues défectueuses.
Des abus sont i)ossibles : ils éveillent la sollicitude de l'État et ne le laissent point sans moyens de les prévenir et de les réprimer, dans la mesure où l'on peut attendre ces résultats d'institutions humaines toujours imparfaites.
Il est facile de signaler dans une entre-
prise, telle que Tœuvre congolaise, des imperfections inhérentes aux difficultés de la tâche ou aux défauts accidentels des instruments dont un Etat est appelé à se servir. INIais il paraît i)eu équitable de mettre sous le boisseau le bien qui se fait et les progrès réalisés, de mettre sur le pinacle quelques faits exceptionnels regrettables, de conclure ensuite du particulier au général et de condamner en bloc une institution qui force l'admiration de ses adversaires mômes et dont un témoin, à coui) sûr i^eu suspect, a pu dire : « Dans toute Thistoire des colonies, il n'y a pas d'exemi)le d'un résultat aussi avancé obtenu en un temps aussi court (i). »
Nous sommes loin, quant à nous, de méconnaître le rôle important et fécond que peut remi)lir la critique en une matière aussi peu avancée encore que ne Test la science et Tart de la colonisation. Mais, pour remplir ce rôle, la critique doit demeurer objective et imi)artiale.
Au demeurant, si des critiques excessives ont été i)arfois formulées, il existe d'amijles
(i; Edmond Picard, En Congolie, p. iHa.
compensations dans bien des appréciations autorisées, venues de Tétranger. Voici, par exemple, comment s'est exprimé M. de Lanessan, ancien ministre de la marine en France.
« La Belgique a prouvé qu'elle avait, en matière de colonisation, des idées plus pratiques et plus rationnelles que les nôtres et une conception meilleure des procédés dont la colonisation moderne doit faire usage (i). w
Quant au sort des noirs, voici comment l'apprécie sir Hany Jolinston, en parlant de visu de la partie du Congo autrefois la plus arriérée :
« Cette partie de TÉtat est habitée par d'heureux noirs qui, souvent et sans que je les y aie amenés, ont comparé devant moi l'heureux présent avec la misère et la terreur de l'époque où les Arabes et les Manycma s'étaient établis chefs et marchands d'esclaves dans la contrée (2). »
Cette observation locale peut être généralisée.
(i) Politique coloniale y ia-i3 avril i8<)8. (a; The Vgnnda Protectorate, I, p. i<)8.