LES IDÉES DU DUC DE BRADANT
pas s'être efforcé de développer la prospérité de sou pays en harmonie avec ce génie. Et nul ne lui contestera le mérite d'avoir, à une époque où l'engourdissement était grand à ce point de vue non seulement en Belgique, mais dans tant d'autres États, proclamé incessamment et partout la nécessité pour la Belgique de s'étendre au loin. Voilà cinquante ans que le roi Léopold a fait, dans cet ordre, sa profession de foi, et dès qu'il a pu i)rendre, comme héritier du trône, la parole dans les conseils de la nation, il s'est lU'ononcé sur ce point avec une franchise, une énergie, une intuition de l'avenir auxquelles il est juste de rendre hommage. A une époque où il y avait quelque mérite à ce faire, le futur Roi des Belges, pressentant les transformations économiques qui devaient résulter de l'avancement prodigieux des connaissances scientifiques et de leur apjjlication à l'asservissement des forces naturelles et à la jjrise de i)ossession du globe, a tenu à remj^lir royalement sa mission de vigie qui scrute l'iiorizon et qui annonce ce qu'elle voit i)oindre.
Voici comment le duc de Brabant caractérisait, plusieurs années avant son avène-
6o8 LES IDÉES DU DUC DE BRÂBÂNT
ment au trône, le 24 décembre i858, la mission du gouvernement en Belgique :
(c La Belgique, absorbée jusqu'ici par l'établissement de son système politique, par l'élaboration de ses lois, n'a guère eu le temps ni l'occasion de s'occuper sérieusement de la conquête toute pacifique de ces débouchés un peu ébigtiés, mais si importants que le développeme^it de notre propre industrie et celle de nos plus proches voisins nous commandent cependant de rechercher avec avidité.
» Mats aujourd'hui que notre organisation intérieure est achevée, que l'édifice de nos libertés est complet et qu'il ne s'agit plus que de veiller à sa conservation, il devient enfin loisible au gouvernement et au pays de reporter toute leur activité sur la solution de ces problèmes dont dépend la ricliesse de notre nation. »
Le besoin d'une orientation économique nouvelle et hardie, la nécessité de viser au développement de nos relations sur tous les marchés du monde, est signalée en ces termes dans le discours du 9 avril i853, le premier qu'ait prononcé au Sénat le duc de Brabant :
« La perfection de nos produits et la modicité