LES IDÉES DU DUC DE BRABANT 60Q
de nos prix nous donnent le droit de revendiquer une large place sur tous les marchés du monde. Une nationalité, jeune comme la iwtre, doit être hardie, toujours en progrès et confiante en ellemême. Nos ressources sont immenses, je ne amns pas de le dire, nous pouvons en tirer un parti incalculable.
» // suffit d'oser pour réussir. C'est là un des secrets de la puissance et de la splendeur dont jouirent pendant plus d'un siècle nos voisins du Nord, les Provinces- Unies. Nous possédons, sans aucun doute, autant d'éléments de succès : pourquoi nos vues se porteraient-elles înoins haut? »
L'idée d'ouvrir à la Belgique des horizons nouveaux où se retrempât Ténerg-ie de notre race et où se déversât le trop-plein de notre activité ijroduetrice est dévelopi)ée i)lus largement encore dans le discours du 17 février 1860. On a souvent cité le passage suivant :
(c Je sens avec une conviction profonde l'étendue
de nos ressources et je souhaite passionnément que
mon beau pays ait la hardiesse nécessaire pour en
tirer tout le parti qu'il est possible, selon moi, d'en
tirer.
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6lO LES IDEES Di: DUC DE BRADANT
» Je crois que le moment est venu de nous étendre au dehors. Je crois qu'il ne faut plus perdre de temps sous peine de voir /es meilleures positions y rares déjà, successivement occuj)ées par des nations plus entreprenantes que la nôtre. »
Mais il faudrait citer bien d'autres passages de ce discours qui n'occupe pas moins de dix colonnes de nos Annales parlement taires et qui se termine par la démonstration historique, appliquée à tous les grands peuples colonisateurs, de cette vérité : « Les colonies n'ont i)as seulement toujours bien servi les intérêts commerciaux des pénibles, mais c'est encore à ces établissements que la plupart d'entre eux ont été redevables de leur grandeur passée ou présente. » Il faut entendre le duc de Brabant rappeler opportunément à la Belgique que la mer baigne ses côtes.
(( Jusqu'ici, Messieurs, permettez cette franchise de langage à un collègue qui ne connaît d'autre passion que celle du bien public et ne voit dans notre prospérité actuelle que le point de départ de notre prospérité future, la Belgique ne s'est pas assez souvenue que la mer baigne une de ses côtes.
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» La possession de côtes, d'un port magnifique, peut-être unique dans le monde, voilà des éléments de richesse que nous ne satunons trop exploiter et dont tous les peuples qui ont fait fortune se sont servis largement,
» Nos 1,000 kilomètres de chemins de fer, les plus anciens du continent... n attendent-ils pas impatiemment que l'État les complète et les prolonge au moyen de lignes régulières de navigation vers les principaux marchés du monde? »
Dans la séance du 21 mars 1861, même insistance dans des termes que nous voulons également signaler.
« Si le pays consultait son meilleur ami, celui dont il a reçu le plus de preuves d* affection et de dévouement, s'il lui demandait : Que devons-nous faire pour élever à son plus haut degré la prospérité matérielle et morale du royaume? cet ami répondrait: Imitez vos voisins; étendez-vous au delà des tners chaque fois que l'occasion s'en présentera, vous y trouverez de précieux débouchés pour vos produits; un aliment pour votre commerce; de l'ocaipation pour toutes les activités dont nous ne pouvons tirer profit en ce moment; un place-
6l2 l'œuvre du roi LKOPOLD II
ment utile pour le surplus de notre population; des revenus nouveaux pour le trésor qui pennettraient peut-être un jour au gouvernement, à l'exemple de celui de la Néerlande, d'abaisser les impôts dans la mère patrie; enfin, tm surcroit certain de puissance et une position encore meilleure au centre de la grande famille eurojyéenne. »
C'est alors que le futur Souverain de la Belgique conseille à la nation de pratiquer ce qu'il ai)i)elle la politique d'observation, en vue de ne pas perdre les moments favorables :
« Si cette politique d'observation intelligente et de préparation insensible à l'action que je recommande au pays pour l'avenir avait prévalu dans le passé, nous aurions déjà de belles possessions d'outre-mer. »