‹ L'Afrique nouvelle;Chapitre 60 sur 187 · LE CONGO ET LES TRAITANTS ARABES · texte numérisé non relu

LE CONGO ET LES TRAITANTS ARABES

conscience des contemporains par la révélation (le ces scènes monstrueuses que la traite des nègres engendrait incessamment en Afrique et qui coûtaient à ce continent, au bas mot, un millier de créatures humaines par jour. On ne plaide pas les circonstances atténuantes de tels forfaits. Nul ne devrait essayer, même indirectement, de réhabiliter de tels bandits.

Il n*est pas question ici d'englober tous les Arabes dans une même réprobation. Il ne s'agit pas de proscrire une race comme telle ni de discuter le Coran. Il est, nous le savons, et les faits l'attestent, des éléments arabes avec lesquels un gouvernement européen peut jiarfaitement frayer et faire bon ménage dans le respect de Tordre social gardé par eux, dans le respect des diverses croyances observé par l'autorité publique.

Le fanatisme religieux a produit assez de mal en Afrique et ailleurs i)our qu'on ne lui endosse pas tous les crimes. Ce n'est pas lui, du moins dans les régions du Congo, qui a allumé la fureur des traitants. Le désir de se procurer par tous les moyens une fortune en esclaves et en ivoire avec les éléments de jouissance et de imissance qu'elle peut

engendrer, l'appât de gains énormes réalisés en toute licence, ont été les mobiles principaux, sinon exclusifs, de tant d'expéditions dévastatrices et sanguinaires. Les traitants arabes ou arabisés qui, pendant trop longtemps, ont razzié le continent africain, étaient des forbans de terre de la race des écumeurs de mer, de francs scélérats, comme les nomme Livingstone, les fléaux de l'Afrique, pour parler avec Wissmann. Serpa Pinto a dit d'eux : « De tels êtres ne peuvent déshonorer leur patrie parce qu'ils n'en ont plus (i). » Leur extermination était nécessaire et leur effacement du sol africain doit être inscrit en lettres d'or aux annales de l'humanité.

10. — LA CAMPAGNE CONTRE LES ARABES CHAS- SEURS d'hommes et marchands d'esclaves.

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