TROISIÈME PARTIE LES INSTITUTIONS
Parmi les grands établissements coloniaux de fondation moderne en Afrique, il en est un qui, au premier coup d'œil jeté sur Tensemble du continent noir, attire vivement Tattention et i)rovoque comme d'instinct la sympathie.
Sa situation est d'une hardiesse extrême : elle correspond au grand blanc des cartes africaines où nous arrêtions à peine le regard dans notre jeunesse, au cœur de ces contrées qui demeuraient pour tous terra ignota.
Son mode de formation est des plus remarquables et pour ainsi dire unique dans l'histoire du droit international, à ce point qu'il
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a paru écliai)per aux catégories dans lesquelles les i)ublicistes ont essayé de renfermer le problème assez ondoyant de la genèse des Etats.
Sa vocation comme organe civilisateur est non moins digne d'attention : après s'être trouvé aux avant-postes de la lutte contre les traitants arabes et avoir assumé la mission de refouler du centre uiricain ces grands carnassiers dévastateurs qui Tinfestaient, il s'est donné pour tâche de grouper dans la paix les populations indigènes sous une autorité tutélaire, de les initier i)rogressivement à une vie supérieure et de les amener à collaborer à Tœuvre de la civilisation universelle.
Pour les Belges, cette jeune Afrique apparaît comme un clianq) de prédilection ouvert à leur activité, où il leur est donné de déployer les plus viriles qualités de leur race.
Nous avons montré comment, après avoir l)ris l'initiative du mouvement ayant i)our but la civilisation intégrale de l'Afrique, S. M. Léopold II a fondé en terre vierge l'État indépendant du Congo et comment les grands traités de Berlin et de Bruxelles ont
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posé, au point de vue humanitaire et commercial, certaines bases de la politique des gouvernements établis dans le bassin conventionnel du grand fleuve.
Sur la tige gouvernementale ainsi préparée à toutes les efflorescences, le pouvoir édictal du Souverain a greffé une organisation politique complète, où le problème de rinstallation d'un organisme civilisateur au sein des peui)les barbares est résolu d'une manière aussi heureuse que sage. Cette organisation, fort ignorée à Tétranger et même en Belgique, présente un vif intérêt. Sans prétendre en épuiser Tétude, nous voudrions essayer de la décrire en ses linéaments principaux.
Nous avons examiné avec quelque déveloi)i)ement, dans une récente Étude sur la neutralité de la Belgique (i), les questions neuves et intéressantes concernant la neutralité congolaise et sa combinaison éventuelle avec la neutralité de la Belgique.
Nous avons, de môme dans plusieurs travaux, j)rincipalement d'ordre imrlemen taire.
(i) La neutralité de la Belgique au point de vue historique, dii)lomaticxue, juridique et politique. Bruxelles, lyoa.
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traité des rapports entre TÉtat indépendant du Congo et la Belgique (i). Notre dessein est d'étudier surtout ici l'État en lui-même en commençant i)ar mettre en lumière le principe de souveraineté qui préside aux diverses manifestations de sa vie.
(i) La part de la Belgique dans le mouoement africain, 1889. — Rapport au Sénat sur le Régime des colonies, (Re vision de la Constitution, 20 juillet 1893.)