‹ L'Afrique occidentale françaiseChapitre 20 sur 34 · LES TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

LES TRAVAUX PUBLICS

reçoivent provisoirement les marchandises à débarquer ou à embarquer. A la Côte d'Ivoire, les travaux de construction d'un bassin pour les navires à Port Bouët devaient faire d'Abidjean la grande ville commerciale de la colonie. Ils ont été submergés, détruits par l'incessante poussée! des sables et l'entreprise a malheureusement échoué sans aucun espoir de retour. Enfin, ces autres puissants moyens de civilisation que sont les routes parcourent la brousse en tous sens et tracent le chemin aux caravanes. Il reste encore beaucoup à faire en ce sens au Dahomey et surtout à la Côte d'Ivoire où l'on ne trouve guère que des sentiers sauvages pour percer l'immense forêt vierge qui présente une si redoutable barrière à notre pénétration. Le Sénégal et le Soudan ouvrent de belles voies au commerce. En Guinée, la route de Konakry au Niger construite par l'administrateur Leprince a rendu la circulation beaucoup plus facile et active dans le pays, notamment dans la région du Fouta-Djallon où les Foulas, un peu moins farouches, commencent à se rapprocher de nos postes.

Ainsi notre domination ne peut être accusée d'inactivité. Bien loin de gratter le sable, comme on l'a dit dédaigneusement, le coq gaulois donne toute sa vigilance aux intérêts dont il a pris la charge. Il prodigue à sa conquête ses efforts et ses lumières. De ce pays barbare, si longtemps marais et savanes

terre d'esclavage et de mort, il est en train de faire un État solide d'unité, d'ordre et de raison. Quelques années seulement lui ont suffi pour arracher le continent mystérieux à ses ténèbres et à sa léthargie séculaire.

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