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LA VILLE DE L ARACHIDE : RUFISQUE

PORTEURS DR BARRBS DB SEL A TOMHOUI rOU. CES BARRES PLATES il MARQUÉES Dl SIGNES MYSTÉRIEUX PROVIENNENT DES MINES DE rAOUDENIT. — CLK HÉS PORTIER.

Afrique Occidentale Française.

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LE COMMERCE

l'entrée dans la colonie, pour restreindre les progrès d'une immigration par trop menaçante.

Malgré le chiffre minime de leurs affaires et en raison de l'existence chétive qu'ils se résignent à mener, Syriens et Marocains arrivent parfois à se constituer un embryon de capital qui leur permet des opérations un peu plus vastes. On cite un Marocain de Saint-Louis qui fait 250 000 francs d'affaires par an. Pourquoi les Français laissent-ils à ces mercantis étrangers le quasi-monopole des menues combinaisons commerciales? Parce que, trop souvent, ils ne s'astreignent à l'existence coloniale que dans l'espoir de gros bénéfices et d'une rapide aisance. Pour eux les résultats du petit commerce vont d'une marche trop lente. Ses fruits sont trop longs à cueillir. Ils oublient que certains commerçants notables d'Afrique occidentale ont commencé par cette pénible étape, notamment M. Millon qui fut maire de Dakar.

Il arrive aussi, particulièrement dans certaines régions déterminées, que le Noir se fait commerçant. Les Markas sont connus comme marchands d'or et petits banquiers. Les Djennenké se livrent à peu près tous au trafic. Lorsque leurs enfants viennent d'être circoncis, ils leur passent autour de la taille une ceinture de ces petits coquillages blancs qu'on nomme cauris et qui servent de menue monnaie dans la boucle du Niger. Ces eau-

ris constitueront le premier fond commercial de l'adolescent. Ces mêmes Djennenké accordent à leurs captives une certaine liberté moyennant le paiement d'un tribut journalier de 80 cauris. La femme ainsi à demi affranchie prend alors le nom de gabibi. Elle se voue au négoce, prend l'allure masculine, porte un vêtement semblable à celui des hommes, s'approvisionne en produits du pays et va les échanger contre du sel à Tombouctou. Les habitants de cette ville sont tous commerçants et commissionnaires en marchandises, de père en fils. Le Dioula, originaire du Mossi, s'est tellement spécialisé de façon traditionnelle dans le trafic de détail et le colportage que l'on désigne aujourd'hui tous les marchands ambulants sous le nom générique de dioulas. Certains commerçants noirs du Soudan arrivent à gagner beaucoup d'argent. J'ai fait à Sofara la connaissance d'un certain Dianguina Koué qui avait accumulé peu à peu plus de 200 000 francs, ce qui lui avait permis de réaliser ce rêve de tout croyant : le pèlerinage de la Mecque. Signe particulier : il ne tenait pas la moindre comptabilité écrite.

Pour notre commerce, il y a dans tous ces indigènes des concurrents peu dangereux, mais surtout des auxiliaires avec lesquels il serait utile de s'entendre et dont l'exemple peut à l'occasion fournir d'utiles enseignements. Nos habitudes commer-

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ciales ne sont pas, en effet, toujours exemptes de défauts. C'est ainsi que nous avons trop souvent l'habitude de vouloir imposer notre goût et que beaucoup d'industriels français s'obstinent à ne pas se laisser guider par la demande et les préférences des indigènes pour la qualité comme pour les dimensions, les teintes, la façon des articles qu'ils achètent, notamment pour les étoffes de traite. Que n'imitent-ils les Anglais qui envoient, chaque année, à la Chambre de commerce de Saint- Louis des échantillons de cotonnades qui sont soumis aux Noirs et d'après lesquels on fabrique à coup sûr les modèles de la saison suivante?

Nous commettons aussi l'erreur grave de laisser nos colonies manquer de ces capitaux que nous plaçons si facilement à l'étranger. Nous négligeons nos marchés, préférant adresser nos exportations sur Liverpool, Anvers ou Hambourg. De plus, nous avons laissé dépérir notre marine marchande. Enfin, nous avons trop longtemps négligé l'importante question de la diffusion d'un numéraire particulièrement divisible parmi nos clients de détail, les indigènes. Cette diffusion est indispensable à une action commerciale vraiment efficace et civilisatrice. L'indigène se rend un compte vague et incomplet de la pièce d'or et d'argent dont il laisse ses femmes se faire des bijoux et des parures. Il faudrait créer pour lui une monnaie dans le genre

du cauri dont la valeur est égale au millième de notre franc. C'est là le moyen de ne pas augmenter le prix des subsistances et de la maind'œuvre.

Il faut maintenant donner quelques chiffres sur le mouvement du commerce général de l'Afrique occidentale française. Il s'est élevé en 1910 (importation et exportation réunies) à une somme totale de 277 734639 francs. C'est une augmentation de 49319 427 francs sur Tannée précédente. Dans cette augmentation. le Sénégal figure pour 19 210 290 francs, le Haut-Sénégal-Niger pour 10531647 francs; la Guinée française pour 5520013 francs; le Dahomey pour 5158 397 francs; enfin la Côte d'Ivoire pour 8919060 francs. Toutes proportions gardées, c'est dans cette dernière colonie que le progrès est le plus considérable. Il faut y voir une juste conséquence de l'œuvre de pacification et de pénétration méthodiquement accomplie depuis ces dernières années. Dans le chiffre que nous avons donné comme représentant le montant total des échanges, les importations figurent pour 153095 francs, accusant un progrès très marqué des importations de tissus, du riz et de la houille. Quant aux exportations, elles ont atteint, au cours de la même année 1910, la somme de 124639171 francs. Trois produits constituent la presque totalité de ce chiffre : soit, en chiffres ronds, les arachides pour 51 millions, le

AUX MINUS D'OK DK SIGU1RI (HAHTE-GUWKK). LE ÎHOMMEL OU APPAREIL DK TRIAGE. CLICHE MARIE.

AUX MINE- D'OR d'AHINTA (COTB D'IVOIRE). LA LAVERIE.

■ lit III. I "RTIER.

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