‹ L'Afrique occidentale françaiseChapitre 23 sur 34 · L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

L'INDUSTRIE

caoutchouc pour 37 millions, les amandes et l'huile de palmes pour 22 millions.

A côté de cet essor commercial et lié à lui, un mouvement industriel se dessine en Afrique occidentale. Parmi les entreprises privées auxquelles il a donné naissance, les exploitations minières tiennent le premier rang. A la Côte d'Ivoire et en Guinée, on exploite des mines d'or et on pratique des dragages aurifères dans le cours du Tinkisso et de la Falémé. Des gisements de pétrole ont été découverts récemment à Eboïnda (Côte d'Ivoire). La Société des mines de Guinée a réuni près de Siguiri un matériel d'extraction considérable et un nombreux personnel d'ingénieurs, de constructeurs, de chimistes, de mécaniciens, de contremaîtres.

Une agglomération importante s'est formée en cet endroit attirant les indigènes des environs, créant un centre d'activité et de travail. L'aspect journalier des alluvions aurifères est rempli de pittoresque. Toute une foule de Malinkés, des femmes surtout, creusent à l'aide des instruments les plus primitifs des trous circulaires de quelques mètres de profondeur et en extraient soigneusement la terre qu'ils lavent ensuite dans des calebasses au fond desquelles se déposent d'imperceptibles parcelles d'or. Le long de la petite rivière de Kobako, la Société exploite des terrains où manœuvrent ses excavateurs, lourdes et coûteuses machines

arrachant tout le long de la berge denormes morceaux de minerai qu'un système de godets déverse ensuite dans un train de wagonnets. Une foule de Noirs barbotant dans l'eau aident à l'opération. Leur vue communique une impression aussi étrange que neuve, car, couverts des pieds à la tête d'un limon blanchâtre, ils incarnent cette image paradoxale : le nègre blanc.

Dans les villes de la côte et de l'intérieur fonctionnent des usines : usines de gaz et d'électricité, usines de glace, briqueteries, manufactures de tabac, manufactures de papier obtenu avec l'écorce du baobab, etc. Pour finir, rendons visite à l'usine pour la préparation du coton que dirige sur les bords du Niger, à Segou, le représentant de \ Association cotonnière française, M. Louis Level. Brillant sportsman en même temps qu'homme d'initiative et d'énergie, il est venu à ma rencontre sur un de ces petits chevaux du Macina qui sont tout nerfs. Nous allons ensemble visiter le modeste bâtiment très bien outillé qu'il a lui-même aménagé sur le bord du Niger. Il me fait parcourir ses ateliers, son magasin de dépôt, sa forge, me montre des égreneuses américaines actionnées par un moteur à pétrole, une presse hydraulique, des échantillons de coton brut et de coton égrené, me parle des différentes espèces qui sont cultivées dans les régions environnantes, notamment dans la région

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