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LA CHASSE ET LA PECHE

d'ingéniosité. En Guinée, une compagnie agricole, la Camayenne, s'occupe principalement de l'exportation de la banane et de l'ananas et augmente chaque jour ses moyens d'action.

L'Afrique occidentale est un merveilleux pays de chasse. Presque partout et surtout au Soudan, abonde le gibier gros ou petit. Certaines de ces chasses sont extrêmement productives, notamment celle de l'éléphant qui a donné en 1909 près de 100 000 francs d'ivoire; celle de l'aigrette dont la plume est si recherchée par nos élégantes et qui rapporta à un seul exploitant, M. Mourot, plus de 70 000 francs en une seule année; celle du marabout, de l'autruche, du foliotocol et autres oiseaux à l'étincelant plumage. Mais il importe de sauvegarder l'avenir. Dans ce but, le Gouvernement général, après avoir réglementé la chasse à l'aigrette et l'avoir interdite durant plusieurs années, songe aujourd'hui à protéger un certain nombre d'espèces utiles, telles que l'éléphant et l'autruche, qui sont menacées de disparition. Pour les grandes chasses aux fauves, le Soudan et surtout la Guinée, bien que moins fréquentés que l'Ouganda par des présidents de république en disponibilité, mériteraient de tenter tout autant les hardis winchesters.

La pêche offre également de fécondes ressources. On prend de beaux et succulents poissons dans les grands fleuves et dans les lagunes du Dahomey

et de la Côte d'Ivoire. Le long du Niger, on trouve deux races d'indigènes, les Bosos et les Somonos, qui n'ont pour industrie que la pèche et la conduite des chalands. Mais la réeion par excellence des merveilleux coups de filet, c'est la côte du Sénégal et de Mauritanie.

Dans ces parages du cap Blanc et du banc d'Arguin où erre l'ombre lugubre de la Méduse, j'ai assisté à une pêche véritablement miraculeuse. C'est par des compatriotes que j'y avais été convié, car, bravant le manque d'eau, la difficulté de communications et de ravitaillement, et jusqu'au fusil des Maures, des Français ont eu l'énergie de venir installer, parmi ces sables blêmes et ces falaises crayeuses à l'apparence fantomatique, une entreprise de pêcherie. Son jeune directeur, M. Jean de Vilmorin, ancien officier de cavalerie devenu homme de mer, m'a fait monter à bord du chalutier ÏHékla. Le navire marche tout doucement. Alignés le long du bordage, Bretons, Canariens et Sénégalais employés à bord attendent silencieusement le moment de relever le chalut qui flotte, maintenu par ses deux plateaux, dans les profondeurs de l'océan.

Soudain la voix du capitaine lance le signal :

« Amène ! »

En un vigoureux effort, bras blancs et bras noirs s'unissent pour tirer à eux les solides mailles brunes

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