‹ L'Afrique occidentale françaiseChapitre 28 sur 34 · LA CHASSE ET LA PECHE · texte numérisé non relu

LA CHASSE ET LA PECHE

qui traînent derrière elles, dans un large remous, un énorme poids encore invisible. Enfin la poche apparaît, flotte à la surface, s'élargit, une poche gigantesque, pleine à craquer, gonflée comme un ballon dont l'enveloppe serait de métal brillant. Il y a bien là huit tonnes de poisson grouillant, sautant, frétillant, tout étincelant d'éclairs brusques sous le soleil qui miroite. Un coup de couteau ouvre le chalut. La merveilleuse jonchée vivante! C'est, inondant toute l'étendue du pont, un immense et frémissant scintillement d'argent aux reflets bleus, bruns, gris, rouges : morues d'Afrique, dites courbines, soles, dorades, mulets, loubines, etc. Il y a des poissons qui sont presque de la taille d'un homme. Il arrive parfois que la poche contient un tel poids qu'on est obligé de l'ouvrir avant de la hisser à bord et de laisser retomber une partie du poisson à la mer. Dans la belle saison, le poids brut péché par un chalutier peut varier de 10 à 30 tonnes par jour.

On revient en ce moment de l'idée qui avait d'abord amené sur la plage de Port-Étienne tout un personnel et un matériel de pêcherie et fait surgir à cette morne pointe du Sahara de vastes locaux d'exploitation. On a compris que l'avenir de ces eaux si prodigieusement fécondes résidait dans l'organisation de campagnes temporaires de pêche, ainsi que les marins de Paimpol et de Saint-Malo

vont les pratiquer en Islande. Aujourd'hui, quelques-uns de ces mêmes Bretons, délaissant les froids horizons du Nord, viennent de novembre à avril, sur le littoral mauritanien, avec une flottille de navires aménagés de manière à rapporter toutes fraîches les langoustes dans nos villes maritimes. Les équipages se livrent aussi avec succès à des essais de séchage et de salage de la « morue d'Afrique ». Des subventions sont accordées à ces pêcheurs qui, loin des parages traditionnels de Terre-Neuve et d'Islande, vont chercher dans les eaux africaines tout illuminées de soleil un nouvel et riche aliment pour leurs filets.

Ainsi cette côte célèbre par ses naufrages nous apparaît comme hospitalière et nourricière. Elle ressemble par là aux plaines d'Afrique occidentale, ces terres calomniées où lèvent des moissons de toutes sortes

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